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323.2 - Plongée dans le Doubs, 23-25 mai 2025
Théo Prévot
samedi 28 juin 2025, par
Cela fait plusieurs semaines que nous envisageons un week-end plongée dans le Doubs avec Vivien. La date est fixée, ce sera du 23 au 25 mai. Nous nous retrouvons vendredi au McDonald de Vesoul, faisons une halte et poursuivons notre chemin en direction de Montrond-le-Château.
Samedi 24 :
Ici, le soleil brille, nous profitons de la terrasse pour prendre un café. Nous croisons 3 membres du GCPM avec qui nous discutons pendant un petit moment ; c’est toujours intéressant d’échanger et de suivre les dernières actualités locales. L’heure tourne, nous les quittons pour terminer de préparer notre matériel. L’objectif du jour : plonger la source du Lison, les limites sont fixées à ‑29 m de profondeur soit environ 300 m de l’entrée. Les conditions n’étant pas forcément optimales, la remise en question de ce point de retour n’est absolument pas mise de côté pour nous deux. Si nous arrivons au Creux Billard cela sera déjà très bien ! Vivien plonge avec 2 x 12 L acier gonflés à 240 bars, pour ma part ce sera 2 x 10 L acier gonflés à 240 bars plus un relais 4 L acier gonflé à 240 bars.
Nous arrivons sur site en début d’après-midi et montons voir la source : l’eau n’est, sans grande surprise, pas translucide, mais relativement claire pour le coin. Nous devrions avoir une visibilité de l’ordre de 2 m ce qui ne devrait pas poser de soucis. L’ensemble du matériel est acheminé au bord de la vasque puis vient le moment de s’équiper…
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Tu me crois si je te dis que je n’ai pas de chaussons néo ?
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Ah merde, tu es sûr d’avoir bien regardé ? me répond Vivien. En plus je n’ai pas de deuxième paire…
Les engrenages tournent, bon je ne vais pas trop avoir le choix que de trouver une solution si je ne veux pas rater cette plongée…. Après plusieurs minutes de réflexion l’idée est là ! Une première chaussette basse, un sac poubelle, une seconde chaussette haute, un sac poubelle et enfin une dernière chaussette basse. Je verrai bien si cela suffit, de toute façon je serai vite fixé et si le froid se fait trop sentir je rebrousserai chemin.
La mise à l’eau se passe sans encombre, il n’y a pas de fil pour accéder à l’entrée. Je m’empare donc d’un dévidoir principal et me lance en direction de la galerie immergée. 10 m… 20 m… ah nous y voici, d’imposantes branches sont présentes, je m’engage d’abord d’un côté mais revient rapidement pour partir de l’autre. La visibilité est de l’ordre d’un mètre cinquante, et la galerie et juste énorme (de l’ordre de 6-7 m de large pour 4-5 m de haut). La progression est aisée, je distingue derrière moi le halo lumineux des lampes de Vivien, la galerie se poursuit, les formes d’érosion sont assez jolies à voir (lorsqu’on est proche).
Un reliquat de fil, pris dans un amas de branches me fait comprendre que la probabilité de trouver un fil en place est proche du néant. Notre objectif ne sera pas atteint ce jour, cela fait bien 20 minutes que nous avons sombré dans les entrailles de la terre, le froid ne se fait étonnamment pas sentir pour moi.
Je bute sur une sorte d’éboulis remontant, à sa base le sol est une épaisse couche de sédiments qu’il ne vaudrait mieux pas remuer. Nous avons parcouru à peine plus de 100 m pour une profondeur maximale de 14 m. Le Creux Billard ne doit plus être très loin mais, engagés du mauvais côté (il faudrait rembobiner et repartir plus à droite pour atteindre un carrefour) nous préférons stopper ici pour aujourd’hui.
La survie du fil dans cette source relevant du miracle je décide de tout déséquiper, Vivien me relaiera vers 40 m. Nous ressortons après environ 40 minutes d’immersion. La plongée était sympathique malgré les apparences. Nous regagnons le parking avec l’ensemble du matériel sur le dos.
Une ginguette en place nous permettra de débriefer de la plongée autour d’une bière. Il est clair que pour aller plus loin il nous faut prévoir plusieurs plongées consécutives en équipant au fur et à mesure. La violence des crues ne permettant pas de laisser un fil en place ce dernier devrait alors être déséquipé à la fin du séjour. Un projet intéressant si nous souhaitons poursuivre les explorations, relativement chronophage si nous souhaitons juste nous balader.
Sur le retour, nous faisons une halte à la source du Verneau où nous constatons un nombre important de Niphargus. Nous remontons par Montmahoux puis descendons par Déservillers afin de montrer différents phénomènes sur le tracé du Verneau à Vivien.
De retour au gîte, nous allumons le barbecue et profitons de la soirée pour organiser la journée du lendemain.
Figure 1 : Source du Lison, 24/5/2025, profil issu de l’ordinateur Shearwater Peregrine
Dimanche 25 :
Pour cette seconde plongée nous décidons de changer de secteur en allant voir l’émergence du Gouron à Lods. L’arrêté de protection du biotope ayant pris fin la semaine dernière il n’y aura aucun problème réglementaire.
Sur site un véhicule immatriculé en Allemagne nous indique que nous ne serons pas seuls, enfin quoique, ça a l’air d’être des plongeurs en recycleur au vu du matériel visible dans ledit véhicule. Il n’est donc pas exclu qu’ils soient partis pour plusieurs heures.
Nous refaisons un point sur l’objectif maximal du jour à savoir le départ horizontal situé à ‑42 m de profondeur ou une durée maximale de 1 h.
Le siphon plongeant en pente raide nous ne devrions pas être trop embêtés par la durée au fond et par conséquent la durée totale de remontée (DTR).
Vivien plongera avec 2 x 12 L acier gonflés à 165 bars (du fait de la plongée de la veille) plus un relais 9 L carbone à 250 bars. Pour ma part ce sera 2 x 10 L acier gonflés à 200 bars plus un relais 9 L carbone à 250 bars.
Le matériel est déposé, nous nous équipons (n’ayant toujours pas de chaussons néo, place au bricolage qui a étonnamment montré ses preuves hier).
Nous nous équipons dans l’eau, Vivien me signale une fuite sur un de ses détendeurs. Bon ben, pas trop le choix… il faut que tu te déséquipes et retournes à la voiture le changer…
Le nouveau détendeur en place nous voilà partis. La galerie s’ouvre à une dizaine de mètres de profondeur. Cette fois, le fil est en place, un dernier check du matos pour s’assurer que tout fonctionne avant de nous lancer dans les lieux. La visibilité n’est pas tellement au rendez-vous, du même ordre que la veille (±2 m).
Comme convenu je laisse Vivien passer devant pour avoir un œil dessus. La galerie plonge rapidement, la roche est blanche. Vers 20 m de profondeur une belle pente de galets s’offre à nous. Nous poursuivons jusque ‑25 m, Vivien s’arrête et me montre que de l’air s’échappe de son détendeur.
Ben oui, c’est logique c’est celui sur lequel tu respires…
Vu la profondeur il n’y a pas de risque d’être narcosé. Je lui fais signe, il change d’embout et je comprends alors qu’un filet d’air s’échappe du détendeur. Je bricole un peu, ça semble résolu, il a de toute façon le bi-bouteille donc aucun risque si nous poursuivons un peu et que le problème persiste.
‑35 m, le détendeur se remet à buller, la loi de Murphy (NDLR : parmi les nombreuses versions de l’expression en français de la loi de Murphy on trouve : « Tout ce qui est susceptible d’aller mal ira mal. » ou « Si cela peut mal se passer, cela arrivera. ») étant, nous opérons un demi-tour pour ressortir.
Nous faisons un palier de sécurité, le détendeur bulle davantage, la bouteille relais sera fermée pour ne pas perdre inutilement de l’air.
Figure 2 : Émergence du Gouron (Lods, 25) – topographie S1
Figure 3 : Émergence du Gouron 25/5/2025, profil issu de l’ordinateur Shearwater Peregrine
Dehors nous débriefons de la plongée, Vivien a moins apprécié (logique me direz-vous). Cela fait également partie de l’expérience, il faut parfois savoir renoncer. De mon côté j’ai trouvé le site très accessible, confort (c’est large) et idéal pour initier une descente un peu plus en profondeur. Le site se prête bien à des exercices puisque la sortie est très proche et la morphologie du conduit est très simple. Je reviendrai volontiers faire un tour dans la partie horizontale. Je fais part à Vivien que son palmage est un peu brutale, cela fera partie des points à travailler prochainement.
Nous mangeons, puis prenons la direction de Bouclans où nous retrouvons Sarah et Christophe pour la troisième plongée du week-end.
Devant être à Nancy pour 18 h je laisse les trois compères sur site et décolle tardivement en direction du local.
La suite par Vivien...
Union spéléologique de l’agglomération nancéienne

