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Petit (ou non) CR 11 novembre

Emmanuel Belut

dimanche 23 novembre 2025, par Christophe Prévot

En ces jours de novembre où blanchissaient les rives glacées des bords du Doubs, l’appel de la couette semblait l’emporter facilement sur l’ardeur conquérante des fiers aventuriers des abysses.

Tous semblaient avoir succombé, sauf évidemment une poignée d’irréductibles, auteurs de ce compte-rendu et probablement en manque de temps libre.

Vu les bonnes conditions annoncées pour ce long week-end du 11 novembre, trois compères parviennent ainsi à se motiver pour sortir, après un bref sondage : « il va faire beau ce week-end : - s’il y a des motivés pour sortir en canyon faites un 👍, s’il y a des motivés pour de la spel faites un ✌️. »

Résultat des votes : ce sera spéléo en petit comité, Philippe, Sylvain et moi. Et ça tombe bien, nous avons quelques coins à explorer dont on nous a dit du bien. D’abord il y a le Jura Vaudois, un coin mignon et criblé de jolis trous : je récupère les infos auprès du sympathique Spéléo-club de la vallée de Joux qui m’informe sur l’équipement en fixe dans certaines cavités. Ensuite, il y a le Haut-Doubs, doté de sympathiques rivières souterraines comme la grotte du Château de la Roche.

Il n’en faut pas plus pour faire un bon week-end : le samedi nous partons d’abord pour grimper au soleil au rocher de Saint-Amé (phase préalable d’accumulation thermique), puis nous continuons la route pour dormir à Pontarlier.

Dimanche matin, après une grosse heure de route nous optons pour le gouffre de la pleine Lune. Grâce à l’excellence de nos informations, la lucarne d’entrée est vite trouvée, et nous remplissons le carnet de visite : objectif : la salle des Seins. Tout est en fixe donc ça déroule, d’abord un P75 fractionné d’entrée, interrompu peu avant le fond par un pendule permettant de rejoindre le puits de l’Horloge. Un cheminement divertissant et quelque peu alambiqué nous permet alors de rejoindre le « crux », la peu angoissante vire de l’angoisse, d’où nous rejoignons la colossale « Kolos salle », après un P38 (point bas, -140). Pique-nique et on remonte le P38 pour choper en cours de route la « corde en V », passage un peu technique qui permet d’enjamber les bons 15 m de diamètre du P38. L’équipement original de ce franchissement n’a pas dû être facile… Nous rejoignons alors par un acrobranche souterrain et dans de forts beaux volumes le « mexico palace » puis la fameuse salle des Seins, la seule joliment concrétionnée sur notre parcours. Nous faisons alors demi-tour avec alacrité et persévérance pour les multiples puits, fractios, pendules et mains courantes de la remontée. Superbe ambiance dans le bas du P75 d’entrée, « le puits du Météore », avec d’ailleurs passage d’un météore devant mon nez. La sortie de la lucarne d’entrée nous fait grommeler, mais nous conduit au soleil de novembre : il ne fait même pas nuit ! TPST : 6 h.

Nous reprenons la route pour Morteau où nous dormirons chez Thomas et rejoindrons Laurence pour la sortie de lundi.

En ce lundi de pont où nous pouvons avantageusement ranger les enfants à l’école, nous prenons alors la direction de Chamesol et de la grotte du Château de la Roche. Une petite promenade sylvestre nous conduits à un colossal porche d’entrée, tellement carré qu’il semble taillé de main humaine ; en contrebas glougloute la rivière qui a opportunément choisi de ressortir par un autre endroit. Nous enfilons les néoprènes et un minimum d’équipement, et nous rejoignons la rivière après une centaine de mètres de marche souterraine. À droite, nous remontons le cours d’eau : l’aval sera pour plus tard. Tout de suite, la galerie est joliment concrétionnée et entrecoupée de sympathiques voûtes mouillantes. Seuls obstacles particuliers : un bouchon concrétionné qu’il faut escalader puis franchir par une étroiture, puis plus loin une petite cascade de 3 m facilement gravie. La galerie se fait ensuite moins concrétionnée, mais plus sculptée par les flots, façon canyon. Le parcours s’interrompt par un siphon dans lequel il vaut mieux ne pas s’avancer, le fond étant rempli d’une vase à l’odeur douteuse, attribuée à la station d’épuration toute proche. Heureusement nous sommes en hautes eaux avec un bon rinçage préalable de la cavité, pré-requis pour parcourir cette galerie dans la joie et l’harmonie des récepteurs olfactifs. C’est ainsi enchantés que nous faisons demi-tour. Nous essayons d’explorer l’aval de la rivière au retour, mais nous en sommes rapidement dissuadés par l’action combinée de la sournoise proximité du plafond et de la pression vicieuse des flots. Voici l’heure de rentrer et peut-être d’arriver à temps pour la sortie de l’école ? TPST non mesuré mais court (3 h ?)

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