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328.1 - Retour sur le propulseur Lefeet modèle P1 XR
Théo Prévot
jeudi 4 décembre 2025, par
Théo Prévot
Cherchant un propulseur léger, compact et à un prix abordable j’ai commencé à suivre un peu les occasions qui pouvaient se présenter à moi.
Mes principaux critères étaient surtout :
- l’encombrement pour permettre de progresser dans nos réseaux du Grand Est où les étroitures ne sont pas rares ;
- un poids réduit pour potentiellement l’emporter en fond de trou sur des cavités telles que le Fond de la souche, ou d’autres similaires ;
- une autonomie de l’ordre d’une à deux heures et une utilisation compatible au moins dans la zone des 60-80 m pour avoir un peu de marge.
La vitesse des gros propulseurs peut certes présenter des atouts dans certaines régions où la navigation à vue est aisée, mais la visibilité des siphons dans l’est de la France étant somme toute relative, la vitesse de progression sera somme toute limitée.
Les collègues de la région étant pas mal conquis par l’Aquaprop de Bonex et pour avoir essayé celui de Julien à plusieurs reprises, les caractéristiques me semblaient bonnes. Bonex n’étant plus, il est aujourd’hui difficile de trouver un suivi du modèle. De plus, le marché de l’occasion est un peu maigre et il devient dur d’en trouver.
Difficile de trouver quelque chose de compact pour un prix raisonnable, il y a bien le Seacraft Go !, mais la bête tourne autour des 5 000 € et là encore il est bien difficile d’en trouver d’occasion. Je passerai le listing des marques et modèles répandus, les modèles Divertug n’ont pas forcément très bonne réputation et sont encombrants pour leurs performances, les BlackTips semblent bien, mais la partie hélice reste encombrante. Rapidement je regarde du côté des propulseurs dits de loisir (les jouets si vous préférez), le modèle proposé par Scubajet se démarque, mais l’entreprise ayant fait faillite cela ne semble pas forcément prometteur sauf tomber sur une très bonne affaire. La contrainte souvent constatée sur les propulseurs de loisir est aussi celle de la tenue, souvent mobilisant les deux mains, donc peu adapté à notre pratique (quelques modèles pourraient se bricoler, le coût-efficacité vaut-il le bricolage…). Je tombe rapidement sur la marque Lefeet et sur différents forums, dont ScubaBoard qui m’apporte quelques informations dans mes réflexions.
Été 2025, je me lance et commande le modèle P1 XR de la marque ainsi que le kit monopoignée et les mousses de flottaison conçues pour le modèle. La mousse servira en même temps de protection contre les chocs.
Comparaison du P1 XR avec une bouteille de 1 L
Sur le papier, le propulseur (propulseur P1 XR de base, hors mousse et montage monopoignée) fait un poids de 3,2 kg, 130 mm de diamètre pour 401 mm de longueur (hors poignée), est étanche jusqu’à 60 m et offre une poussée de l’ordre de 130 N (pour comparaison, l’Aquaprop est donnée à 140 N). Un peu léger si l’on compare cela à des propulseurs dits techniques, mais potentiellement suffisants pour ma pratique. En promotion on trouve l’ensemble cité aux alentours de 1 300 € ce qui reste abordable pour ce type de matériel. Le pas est franchi. Quelques essais en Bretagne me donnent satisfaction pour une utilisation masque-tuba. Une immersion au Spéléodrome me permettra de voir la flottaison en eau douce, le propulseur est un peu trop lourd sur l’avant (côté batterie) et pique du nez (remarque faite après coup, mais j’avais une lampe sur l’avant qui n’a pas non plus joué en faveur de la flottaison).
Vendu initialement avec une dragonne de main ou une longe en sangle fixée par une plaque en aluminium directement sur le support de la poignée, j’ai préféré ne pas monter le kit et j’ai passé directement une cordelette sur la fixation de la poignée et autour du propulseur. La mousse est maintenue autour du propulseur à l’aide de plusieurs « caouèches ». L’ensemble est pesé à 4,05 kg.
Propulseur P1 XR, liaison accus-groupe de propulsion et pesée de l’ensemble
La batterie est un ensemble malheureusement peu modulable, le renouvellement des accus doit être possible en bricolant mais en l’état je pense l’augmentation d’autonomie peu évidente. L’accu est fixé au bloc de propulsion par un pas de vis solide, usiné dans l’aluminium. L’étanchéité entre les deux éléments se fait grâce à un joint torique de bonne épaisseur.
Le démarrage du propulseur est aisé est paraît durable, il suffit de tourner un interrupteur sur le nez du propulseur et d’appuyer plusieurs secondes sur la poignée de commande. Un écran permet de visualiser l’autonomie et le mode choisi. 5 modes de vitesse sont disponibles sur la version XR (modèle avec batterie plus grosse). Le changement de mode s’effectue en appuyant sur la gâchette de la poignée, lors du redémarrage le propulseur garde en mémoire la dernière vitesse utilisée.
De passage en Ardèche et plus précisément aux gouls de Tourne à Bourg-Saint-Andéol j’ai pu tester plus sérieusement la machine en conditions réelles.
J1, plongée en étanche trilaminée et bi 7 L en latéral avec juste un harnais (plongeur : 80 kg pour 1,86 m) : courant faible dans la Tannerie, le propulseur apporte satisfaction. Je ressors avec une autonomie de 4 barres sur 5 en effectuant un aller-retour jusqu’à 200 m : utilisation quasi-continue et en variant les modes de vitesse. Les modes 4 et 5 sont donnés respectivement pour 2 et 2,3 m/s, je n’ai pas fait de mesure réelle de vitesse, mais ça avance mieux qu’à la palme à ces vitesses (autonomie à confirmer).
J2, plongée en étanche trilaminée, bi 10 L en latéral avec gilet stabilisateur et relais 12 L : le mode 2 (donné pour 1,5 m/s) me permet d’avancer à même allure que mon collègue devant moi avec une configuration similaire (étanche néoprène, deux S80 en latéral plus un relais 12 L) qui progresse à la palme et se tracte parfois au sol. Deux barres consommées sur cinq au point de demi-tour (730 m de l’entrée ; ‑40 m). Retour jusqu’à 200 m en vitesse 2, autonomie restante à 2 barres sur 5. Je ressortirai à la palme avec le propulseur attaché derrière moi pour voir son comportement. Sans lampe avec juste une GoPro devant il semble quasiment équilibré et reste bien entre les jambes. Aucun souci de fonctionnement observé à 40 m de profondeur.
De retour dehors, le propulseur est donné à un second plongeur en combinaison humique, bi 7,5 L en latéral avec gilet stabilisateur. Il effectuera un aller-retour à 100 m en vitesse 2 suivi d’un second aller-retour à 100 m en vitesse 5. Le propulseur indique toujours une autonomie de 2 barres sur 5. Un dernier aller-retour à 50 m en vitesse 5 a permis d’atteindre une autonomie de 1 barre sur 5 sur le trajet retour (à 25 m). Lors du passage à une barre d’autonomie le propulseur passe automatiquement en mode « éco » la vitesse est alors verrouillé pour un fonctionnement en vitesse 1. Le plongeur a pu effectuer les 25 derniers mètres, le propulseur fonctionnait encore une fois dehors.
Au regard de ce premier retour le propulseur apporte satisfaction pour un usage jusqu’à trois blocs et combinaison étanche. L’autonomie annoncée par le constructeur apparaît juste, de l’ordre de 1 h 30 ou environ 1 700 m en conditions réelles. Les prochaines plongées permettront d’affiner ces données.
Bien que celui-ci ne permet pas de révolutionner la vitesse de progression, le mode 2 permet une progression équivalente à la palme. L’utilisation du propulseur permet une diminution de la consommation et, sur la zone 40‑60 m, le risque d’essoufflement. Couplé à un léger palmage ou à vitesse supérieure, il permet la diminution du temps de progression, néanmoins, comme tout propulseur, il va de soi de ne pas compter sur lui avec une fiabilité de 100 % et d’envisager un retour à la palme.
Union spéléologique de l’agglomération nancéienne



Messages
1. 328.1 - Retour sur le propulseur Lefeet modèle P1 XR, 13 décembre 2025, 19:35, par camus
Un jouet, pas plus