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332.1 - Plongée à la source du Planey
Théo Prévot
dimanche 29 mars 2026, par
Date : dimanche 18 janvier 2026
Participants : Charles et Théo
Il est 10 h 45 lorsque j’arrive au local pour regonfler les bouteilles dont nous aurons besoin. L’objectif du jour est de revoir la galerie à ‑36 m dans la source du Planey. Je m’y étais déjà rendu en 2020, mais la caméra n’ayant pas fonctionné nous ne disposons pas d’image de cette zone. Charles me rejoint, nous chargeons le matériel et décollons vers 12 h. Ayant en vain tenté de joindre la mairie aux heures d’ouvertures marquées sur le site internet de la commune, nous ne pourrons bénéficier de l’ouverture du portail. La brouette nous sera bien utile pour acheminer nos huit bouteilles au pied de la vasque. De retour à la voiture, nous entamons le changement de tenue lorsque soudain je m’aperçois que je n’ai pas de cagoule… Eh m**de !
- Charles tu n’as pas une cagoule en trop ?
- Ah non je n’ai pas…
- Sinon je plonge avec ton humide ?
- Oui mais la cagoule n’est pas attenante, ça ne réglera pas le souci.
- Bon je te propose que tu plonges en premier puis à ton retour tu me donnes ta cagoule et j’y vais. De toute façon j’ai le nez qui coule je ne suis même pas certain de passer la première diaclase.
Ni une ni deux nous voici revenus au pied de la vasque, Charles s’équipe et bientôt je ne vois plus qu’un nuage de bulles disparaître petit à petit. Après 40 minutes d’attente de nouvelles bulles apparaissent, ça y est le revoilà ! Je m’équipe sans traîner, Charles me donne sa cagoule et je pars.
Le temps de gonfler gilet et combi, je me retrouve collé dans l’épaisse vase, je m’équilibre, tout est ok. Je longe le tombant pour arriver sur l’entrée, un superbe brochet d’au moins 50 cm garde celle-ci. Je me pose au sol et procède à une vérification complète avant d’entrée sous terre (test des détendeurs, vérification des pressions, etc.). Je saisis la corde d’entrée (qui deviendra rapidement un fil d’Ariane) d’une main et le propulseur de l’autre. Vvvvvvvrrrrrrrrr… me voilà parti avec mon fidèle destrier en vitesse 3. Le fil n’étant pas très bien posé (il recoupe la galerie changeant régulièrement de paroi) je suis contraint de passer au-dessus, parfois en dessous, J’arrive bientôt au tiers de mon relais 4 L, le sommet du puits ne devrait plus être loin. La morphologie ici étant propice au dépôt de mon relais je décide de le laisser là, plus loin dans le puits cela ne sera pas des plus adapté. La touille arrive et rapidement je n’y vois plus rien, je poursuis et retrouve une visibilité moyenne, la corde annonce le départ du puits ‑25 m, ‑30 m, ‑32 m bizarre la corde poursuit tout droit dans l’éboulis ? Il faut remonter un peu, j’ai raté le départ à droite découvert en 2010 par une équipe de plongeurs belges. Le passage dans cette zone n’est pas large, il faut un peu se contorsionner et lever toute la glaise qui tapisse les parois. Bien que je ne reconnaisse pas la morphologie, je reconnais bien là le Planey et son ambiance assez glauque. La galerie s’élargit, ‑36 m, me voici dans ce que j’avais identifié comme une « grosse » galerie lors de ma première venue. La visibilité n’est pas terrible aujourd’hui, de l’ordre de 2 m, mais je devine que la galerie est large car je ne vois pas la paroi de gauche (le fil étant sur la droite). Je progresse au propulseur en m’équilibrant avec les palmes, le fil n’est pas métré mais je sais qu’il y a au moins 100 m horizontaux avant d’arriver sur une étroiture permettant de déboucher dans le dernier puits connu à ce jour. La suite reste à revoir, arrêt des explorations en 2010 sur touille et limite nitrox (‑44 m ; dév. ±300 m).
L’ambiance est toujours la même, sinistre, avec une forte présence de glaise, la galerie est de bonne dimension et ne présente aucune difficulté (si ce n’est la dégradation de la visibilité mais bon… nous sommes dans l’Est de la France, il n’y a guère de surprise, il ne faut pas s’attendre à des miracles non plus.).
Les parois se rapprochent formant une sorte de méandre, je remonte très légèrement entre des blocs, est-ce la trémie ? Christophe Dépin m’avait également parlé d’un chaos de blocs. Je sais que le retour se fera dans la touille je préfère m’arrêter ici pour aujourd’hui. Je profite de la remontée pour passer sur une bouteille de nitrox qui me fera le trajet retour. Un palier de sécurité à 3 m et me voici dehors après 55 minutes d’immersion. Le caisson de la GoPro de la Ligue a pris l’eau, décidément nous devons être maudits.
Dehors, Charles est changé, nous plions bagage et reprenons la route en direction du local où nous arrivons sur les coups de 19 h 30, déchargement et rapide regonflage des blocs de Charles et nous voici de retour chez nous.
Encore une belle plongée malgré une visibilité moyenne. Après ouverture et séchage, la caméra, elle-même étanche, ne semble rien avoir subi, au démarrage, une restauration des vidéos me permet de retrouver une partie des fichiers. Les conditions de 2020 étaient meilleures, la vidéo d’aujourd’hui n’a pas rendu grand-chose d’autant que l’eau dans le caisson crée un reflet dans ce dernier. Il faudra revenir… cet été ?
Remarque : la zone du puits devra être rééquipée proprement pour visiter la suite en toute sécurité, les fils actuels sont vétustes et sujets à confusion.
Union spéléologique de l’agglomération nancéienne
Messages
1. 332.1 - Plongée à la source du Planey, 30 mars, 13:09, par Fournier Claude
Bravo à vous deux, surtout gardez votre sang froid, à te lire, on sent bien que ce n’est pas une balade dans une piscine.
Se mouiller OUI ! mais pouvoir en rire.
Claude