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333.2 - On a frôlé le secours, retour d’expérience à vif
Jean-Michel Guyot
vendredi 1er mai 2026, par
On a frôlé le secours, retour d’expérience à vif
Jean-Michel Guyot
Neuf heures, tout le monde a le sourire. On fait un aller-retour dans le Spéléodrome par le puits de Clairlieu avec un groupe de quatre dames et deux messieurs d’un club de marche. On remonte le courant, admiratif par la découverte et la beauté des lieux, arrosé par les commentaires de Bernard.
En haut de la première cascade, je propose le retour. Revenus en bas de cette même cascade, une petite dame présente quelques signes de faiblesse. Plus rien dans les bottes, si ce n’est de la flotte. Il faut dire que tous les clients et guides dépassent les soixante-dix ans. On n’est pas sur une route nationale, mais on roule sur les perles. Elle titube et me dit, « j’ai présumé de mes forces », et ne tient plus debout. On a tous connu des coups de mou passager, mais là les symptômes sont plus marqués. Je la tiens par le bras, un coup à gauche, un coup à droite pour la faire marcher sur le rebord le plus large. Je la décharge de son sac à dos et de son écharpe. « J’aurais dû m’arrêter bien avant », me déclare-t-elle. « Trop tard, on est là, et en aucun cas ce n’est de ta faute, il y a eu un manque d’information au préalable ». On continue d’un pas régulier, pas trop vite pour ne pas fatiguer, pas trop doucement pour ne pas s’effondrer. Chaque avancée nous rapproche de la sortie.
Mais avant cela, on parvient au pied du puits de Clairlieu. Je lâche le Bernard avec le reste des marcheurs qui finira la visite, et j’entame une remontée avec elle. « Combien il y a d’échelles ? », « onze, mais on fera une pause à chaque palier », dis-je pour la rassurer. Premier palier, pause, un coup à boire. Énième palier, « encore combien », « six », un coup à boire, les autres nous ont rejoints et nous doublent régulièrement. Le temps d’un arrêt, je vais ouvrir la trappe pour faire sortir les premiers. On extirpe à trois notre excursionniste épuisée, qui retrouve le soleil, peu à peu le sourire, avant de reprendre confiance, et de retourner au parking.
Pour ma part, tout se passait bien, à midi et quart, je partageais le casse-croûte avec mon coéquipier, et le dessert au bistrot autour d’un café avec Martine et sa copine.
Conclusion, c’est pourquoi je privilégie l’après-midi, car on peut présumer que les gens ont mangé, et donc sont plus en forme. Le matin, ils n’ont rien dans le ventre. Personnellement, je pars avec un petit déj. dont une demi-baguette, beurre, confiture, et avant départ encore un café et croissant. C’est somme toute abusif, mais je vais dépenser les calories.
Pourquoi, je vends mes sorties avec de belles photos attrayantes, mais avec un discours exagérément alarmiste ? Si le client signe, il sait à quoi s’en tenir.
Union spéléologique de l’agglomération nancéienne