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333.4 - Désobstruction à la Rochotte (épisode 7)

Théo Prévot

vendredi 1er mai 2026, par Bertrand Maujean

Participant : Théo

Olivier devant déposer un collègue sur son retour de formation, ne pourra finalement pas venir. Ce n’est que partie remise pour lui, de mon côté je retrouve monsieur Thomas le 25 mars aux alentours de 18 h 10. Explication de la découverte réalisée il y a maintenant deux semaines, le petit schéma d’exploration (LPU 332) permet de mieux imaginer la tournure que prend la galerie depuis la surface. Il faudra par la suite, une vraie topographie.

Monsieur Thomas me laisse ici tandis que je rapporte une partie du matériel au bord de la vasque. Le but de la plongée du jour est de réaliser une vidéo afin de documenter notre découverte. Je compte pour cela procéder à un aller-retour rapide au propulseur. Une seconde immersion dans la foulée me permettra d’aller travailler au fond et de débuter la désobstruction du talus de glaise.

18 h 40, je me change rapidement, m’équipe d’un bi 7,5 L gonflé à 260 bars puis m’immerge. Malgré un niveau (5 cm d’eau au-dessus de la seconde marche) relativement bas par rapport aux fois précédentes, le courant pousse toujours. Je passe la voûte et arrive à la restriction au pied de la diaclase, le courant est puissant, il me faut me tracter et faire de l’opposition pour passer. Je replace la caméra et c’est parti, n’étant pas obligé de poser le fil et moins lourd que la dernière fois, je profite pleinement de la visibilité. De nombreux Cæcosphæromas sont présents sur les parois. Les taches blanches contrastent bien sur la roche sombre, c’est assez esthétique. Je scrute le moindre détail pour voir si je n’ai pas raté quelque chose lors de la première plongée. Arrivé vers 20 m un miroir au plafond m’interpelle. Vu sa taille il ne constituera pas un passage mais dans le doute pas de doute ! Le propulseur bute, ça doit être une poche d’air des bulles expirées. Une diaclase quasiment perpendiculaire au sens de progression me rappelle le Fond de la Souche, et si la suite était un laminoir en bas comme dans le Siphon 79… Je descends mais ne vois rien qui pourrait s’apparenter à un départ, les cailloux au sol paraissent pourtant propres à cet endroit, j’avais déjà constaté cela la première fois. Retour au talus d’argile, ça monte avant de ne laisser plus qu’un maigre passage. Je jette un œil à droite pour m’assurer qu’un départ n’a pas été raté, puis procède au demi-tour. La sortie des deux restrictions est toujours « ambiance »… courant, cailloux en suspension, étroitesse et visi zéro, on s’amuse de pas grand-chose !

Dehors, je troque la caméra qui, une fois de plus, a pris l’eau (il faut vraiment que je regarde ce caisson) contre une pelle américaine et regagne rapidement le fond de la galerie. Il faut bien admettre quelque chose : plonger dans un amont en légère crue est nettement plus agréable que plonger dans un aval. La visibilité certes laiteuse est vite redevenue acceptable. Je retrouve le talus, commence à brasser un peu de glaise, le courant chasse tout de suite les particules. Même si beaucoup ne trouveraient pas le passage glamour l’eau semble bien en provenir, alors c’est là que je devrais passer pour découvrir la suite, si suite il y a… Le temps passe, la glaise molle en surface devient compacte en profondeur, mon petit tunnel avance tout doucement. Je frotte mes manos de temps en temps pour apercevoir l’aiguille. Détartrage garanti lors du changement d’embout, ce n’est pas que la glaise à mauvais goût mais tout de même. J’imagine une personne lambda voir la scène de l’extérieur et me marre tout seul, je ne pense même pas qu’elle puisse concevoir ce qu’il est en train de se passer. Je suis allongé dans la boue bataillant pour me frayer un chemin, la suite ne semble pas s’améliorer pour l’instant. Cela fait bientôt plus d’une heure que je gratte, j’ai donné pour info à Delphine et Olivier une plongée de max 1 h 30, il ne faudrait pas les inquiéter en surface, dernier coup d’œil, devant moi à quelques dizaines de centimètres, un amas de blocs visiblement propres semble être au pied d’une queue de diaclase. Si mes sentiments sont bons il devrait y avoir encore quelques mètres pour les contourner et arriver dans cette faille, la suite ? Tout ce que je sais c’est que je suis maintenant à 4,6 m de profondeur contre 6 m au pied du talus et environ 7 m plus loin que la fois précédente. La Rochotte n’a pas encore terminé de nous livrer ses secrets. Sortie de l’eau après 1 h 20 d’immersion, un texto pour dire « dehors », il neige, je me caille, qu’elle idée d’être ici me direz-vous !

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