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333.5 - Désobstruction à la Rochotte (épisode 8)

Vivien Romuald & Théo Prévot

vendredi 1er mai 2026, par Bertrand Maujean

Participants : Théo et Vivien

Vivien : Théo me donne rendez-vous au local à 8 h le 4 avril pour préparer le matos. N’ayant pas trop envie de me réveiller tôt, je décide de le retrouver pour 8 h 30. On termine le gonflage des bouteilles et nous voilà prêts pour aller à Pierre-la-Treiche. Arrivée à 9 h 55 pour un rdv à 10 h 00, une grande première ! En 26 ans d’existence le voilà en avance…

Petit café avec le propriétaire. Ça va être pour moi le moment d’inaugurer mon nouveau harnais de la marque Xdeep, celui-ci sera particulièrement adapté pour aujourd’hui, peu encombrant et sans bouée. Théo me propose de prendre un bi 9 L avec protection de robinetterie. Je suis moyennement convaincu par l’idée de me retrouver avec des bouteilles aussi encombrantes et commence donc la plongée avec un bi 7,5 L. L’idée est pour moi de faire un aller-retour afin de voir le fond et de savoir si je me sens d’aller creuser tout seul. J’arrive au fond et suis bien, je commence à creuser, 5 minutes… 10 minutes… 15 minutes… bon stop j’avais dit un simple aller-retour. Je décide de ressortir pour voir avec Théo la suite du programme. Sur le retour je le croise, il a commencé le rééquipement du fil avec des ancres plantées dans la glaise. Cette méthode donne meilleure satisfaction que l’utilisation de plombs largables, il en profite également pour placer le fil du même côté de sorte à ne pas avoir de traversée de galerie (source de confusion dans la touille et d’emmêlage).

Théo est là, je suis bien malgré la dégradation de la visibilité, je décide donc de retourner creuser au fond. Il me retrouve plus tard, la visibilité est vraiment merdique il n’avait pas remarqué que finalement j’étais parti devant pour creuser. Il commence à me toucher mais je ne comprends pas ce qu’il veut dire ! Garder le fil d’Ariane en main ? Impossible, il est trop loin et nous avons échangé sur le fait qu’il valait mieux ne pas avoir le fil dans les pattes lorsque nous creusons ici pour ne pas finir dans un joyeux bordel. Notons que la fin du fil se trouve à quelques mètres sur l’unique bloc présent au pied du talus de glaise. Ainsi aucun risque n’est pris durant la phase de désobstruction et lors du retour, un simple demi-tour nous permet de mettre rapidement les mains sur le bloc et le fil d’Ariane. Je l’entends crier dans le détendeur et je distingue la pelle dans sa main. OK, j’ai compris, je récupère la pelle et continue à me dandiner dans le tas de glaise. Dix minutes passent, nous échangeons les rôles, je laisse Théo continuer à creuser et reste derrière lui pour évacuer la glaise dans le courant. Le temps passe je n’arrive plus à distinguer mes manomètres, impossible de voir mon ordinateur pour avoir une idée du temps passé sous l’eau… Théo évacue tellement de glaise que la visibilité n’a pas le temps de se rétablir. Je retrouve le caillou avec le fil, c’est bon je peux regagner à la sortie. Retour avec une visibilité nulle.

Je ressors après une plongée de 45 minutes. Théo me retrouve quelques minutes plus tard. Dehors j’aperçois Théo se débattre, palmes en l’air, dans la corde installée pour pouvoir nous tracter à l’intérieur du siphon. Il a remonté trois blocs du pied de la première faille et lutte contre le courant pour ne pas les faire retomber.

Une petite pause d’environ 20 minutes histoire de laisser le courant nettoyer le siphon. Je regarde mes manomètres, il me reste encore 150 bars. Je décide de retourner encore 30 minutes au fond. C’est relativement simple et agréable de creuser là-bas, la pelle n’est pas forcément très utile. La glaise étant tellement présente, je garde un détendeur avec l’embout vers le haut pour éviter de le boucher sans m’en rendre compte. Le temps passe vite, 30 minutes, il est temps d’arrêter et de rentrer. Je recule pour retrouver le fil d’Ariane et décide d’attendre 3 minutes pour que la visibilité s’améliore mais cela ne semble pas vraiment fonctionner. Bientôt 35 minutes que je suis sous l’eau, je ne vais pas m’éterniser là à ne rien faire, visibilité chaotique. Le retour m’a paru tellement long, j’étais là avec le fil d’Ariane dans la main à tâtonner pour essayer de ne pas me prendre un mur ou pire, m’emmêler.

Je retrouve Théo dehors, il est temps pour lui de retourner plonger et de continuer à creuser. Il ressortira après une quarantaine de minutes. Il a atteint les blocs précédemment vus, c’est une trémie remontante ce n’est pas bon signe pour la suite. Il me demande si je veux aller voir mais réchauffer, je n’ai clairement pas envie.

Nous retournons au local pour laver tout le matos directement au jet d’eau, encore une bonne journée de plongée / jardinage ecclésiastique avec mon père Théo.

Théo : Je m’immerge avec pour but de rééquiper proprement les 30 m de fil d’Ariane. Ayant réalisé des ancres à base de tube iro PVC je replacerai le fil main droite afin que celui-ci ne coupe plus la galerie. Les ancres sont plantées à même la glaise et assurent un maintien correct du fil, je les espace de 3 à 4 m afin de ne pas trop avoir à chercher en cas de rupture de fil. Arrivé vers 20 m je croise Vivien ; n’ayant pas prêté attention à ce qu’il faisait je suis surpris de mettre la main dessus en arrivant au terminus dans une touille totale. La tête dans le courant la visibilité s’améliore, ne pouvant pas travailler derrière lui je décide de revenir sur la faille située un peu avant et d’essayer de la remonter. Mon ordi m’indique 1 m 50, ça se rétrécit, le courant ne vient pas de là, mais je reviendrai voir en bi 4 L un autre jour. Je reprends Vivien plus tard et ne tarde pas à ressortir. Je profite du passage pour évacuer trois gros blocs dans la diaclase d’entrée, le courant et les blocs glissant de mes bras je me retrouve à l’envers et fais plusieurs roulades avant de retrouver la surface. Nous échangeons sur nos impressions, la suite est bien là, le courant chasse la touille au fur et à mesure qu’on remue la glaise. Vivien part en premier, je le reprendrai plus tard ça permet d’optimiser les temps de travail au fond. Retour au talus, le tunnel creusé dans l’argile commence à avoir un peu de gueule, je m’enquille au bout, évacue de grosses pelletées pour atteindre ce qui s’apparente à une trémie. Je me méfie en bougeant un gros bloc, ce n’est pas tellement l’endroit pour prendre une trémie sur la gueule. Sa sortie jusqu’au fil d’Ariane permet de faire charrue et évacuer un peu de glaise au passage. J’y retourne, les blocs suivants sont gros et semblent bien bloqués, malgré le levier de la pelle ils ne bougent pas d’un iota. Je remue deux trois cailloux plus petits et me demande comment nous allons bien pouvoir aborder cet obstacle sans risquer la correctionnelle. La suite s’élargit mais difficile d’identifier s’il s’agit d’un bouchon ponctuel, d’un bas de talus au sommet duquel nous trouverons un post-siphon ou que sais-je… J’ai déjà ma petite idée sur la procédure, à voir ce que l’avenir nous dira.

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