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334.2 - Stage PTH 70
Théo Prévot
samedi 6 juin 2026, par
En 2025, je découvrais l’émergence du Gouron dans le département du Doubs. Le premier siphon (‑55 m ; 510 m) me laissait rêveur tandis que je m’arrachais des abysses, du fait d’être à l’air. Ne perdant pas de vue cet objectif d’un jour franchir le S1 et aller voir plus loin, je débutais mon intérêt pour le trimix. Au cours d’un échange en Bretagne, je suis mis en relation pour une formation début 2026, ça y est le pied est mis à l’étrier. Tous les bouquins et les forums sont écumés afin de maîtriser le sujet.
27-28 mars : après 7 h de voiture me voici arrivé à destination à Fougères, une courte nuit et c’est parti. Je fais connaissance avec les différents personnes cadres et stagiaires. Je mets des noms sur les visages vus lors des cours en visio-conférence mais nous sommes une trentaine il faudra plusieurs jours pour tout retenir. Le stage s’annonce assez dense en informations, nous débutons la matinée par un passage en revue du matériel, nous sommes trois pour le cursus circuit ouvert. Bi-bouteille, décompression, détendeur, parachute, tout est passé au crible afin d’être efficace le restant de la semaine. L’après-midi est consacrée à une plongée « d’essai ». Nous débutons par une descente avec stabilisation à 20 m puis une remontée assistée et enfin le second exercice. Une ligne est tendue en pleine eau aux alentours des 20 m de profondeur, nous devons la parcourir en binôme et effectuer les différents exercices proposés :
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Donner un certain nombre de choses au binôme qui les range puis nous les redonne afin qu’on les replace correctement le tout équilibré.
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Donner ses bouteilles de décompression au binôme puis les récupérer.
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Panne de gaz.
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Changement de masque.
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Réalisation d’un nœud et coupage de fil.
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Prise de deux blocs de décompression supplémentaires.
Nous ressortons de l’eau après une petite heure, échange sur notre plongée, points à corriger, gonflage et rangement, la fin de journée se fait bientôt savoir.
29 mars : deux plongées à l’air sont prévues pour aujourd’hui, le but est de mettre en application le déroulement d’une plongée trimix tout en ayant la marge de sécurité due à l’absence d’hélium. Pour la première plongée, à 40 m, je me vois attribuer le rôle du parachute avec son lancement depuis le fond en étant stabilisé (pour cette étape on repassera ahah). Mon binôme aura quant à lui la gestion du runtime et des vitesses de remontée. Un peu de perte de temps lors des changements de gaz qu’il faudra améliorer pour la suite. La seconde plongée nous inversons les rôles et faisons les mêmes exercices en pleine eau. Ayant plutôt l’habitude d’être coincé par les parois qui m’entourent, ma stabilisation pleine eau tout en effectuant des exercices est clairement à peaufiner. La carrière du Rocher Coupé (Fougères), où nous plongeons, ne présente guère d’intérêt aux profondeurs où nous sommes, il fait noir et nous n’avons pas tellement le temps de voir grand-chose. Une belle journée riche en enseignement tant sous l’eau que sur terre où je participe au gonflage et prend note des différents échanges.
30 mars : analyse, étiquetage, cette fois nous plongeons avec un peu de trimix (30 % d’hélium). Ça laisse des marges de sécurité et ça nous permettra surtout d’être clair comme de l’eau de roche à 48 m de profondeur. Plongée assez courte pour se prémunir de débordement de runtime et poursuivre le travail sur nous-même. Je m’occupe de la gestion du temps, vitesse et profondeur tandis que mon binôme s’occupe du parachute ce qui m’arrange bien. 48 m… le temps de rattraper le camarade et nous voici passé sur le runtime plus 3 mètres plus 3 minutes. Pas de panique nous avons ce qu’il faut avec nous, la sortie de l’eau sera juste un peu plus tardive. Ayant retiré deux kilos du fait d’un bi-bouteille plus important que la veille je n’arrive pas à me stabiliser correctement à 6 m, il faudra régler cela !
La routine commence à s’installer, sortie de l’eau gonflage, étiquetage, coups de main divers, les journées passent assez vite.
31 mars : dernière plongée « encadrée » même planification que la veille, je pense bien à remettre les deux kilos retirés la veille de mon lestage. Gaz, volumes, instruments (GVI), dernier point et immersion. Bubble check à 6 m tout est ok on peut filer au fond. C’est toujours aussi sombre, nous trouvons le tombant et le longeons, étant avec Pierre (un moniteur) en binôme, j’effectuerai le lâché de parachute du fond pour l’exercice puis lui redonnerai comme je suis à la gestion du temps. Changement de gaz un peu lent à 28 m, passage sur le runtime plus 3 minutes pour finir la plongée. Nous ressortons relativement tôt, les gonflages effectués nous traînons un peu dehors. Yann, stagiaire en circuit ouvert, doit effectuer une découverte du circuit fermé l’après-midi. N’ayant pas grand-chose à faire je me greffe sur les explications de la machine et le changement de chaux. Dans l’après-midi on me propose d’effectuer un baptême, c’est une belle occasion pour me lancer. Guy revient de sa plongée, une machine est rapidement reconstituée pour moi. Je m’équipe et pars à l’eau. Avant de poursuivre plus loin il y a quelques fondamentaux à voir, ajustement du lestage, exercice pour sortir et entrer dans la boucle du recycleur sans le noyer. Nous effectuons quelques exercices à 3 m, tout est OK. Guy me prend par la main pour garder un contact physique en cas de problème. Guy faisant beaucoup de plongée souterraine son approche se fait plus en adéquation avec mon potentiel usage futur, il décide donc de me laisser l’injection d’oxygène en manuel pour le début puis ouvrira plus tard l’ADV (valve d’ajout automatique de diluant). Nous descendons tranquillement, la stabilisation du circuit fermé est bluffante, je suis couché, en apesanteur parfaite dans l’eau, avec seul le bruit de ma respiration dans le tuyau. Guy jugeant mon aisance ok nous conduit au-dessus du tombant de 28 m, nous le longeons en pleine eau puis remontons tranquillement en gérant notre stabilité en expirant par le nez pour sortir du gaz de la boucle. Nous ressortons après 20 minutes de balade. Une très belle découverte.
Un examen écrit le soir viendra achever notre formation PTH 70.
1er avril : dernier jour de stage, nous devons prévoir une plongée en autonomie à 48 m de profondeur et quitter le fond à 12 minutes. Réglages des GF à 50/90, planification sur le logiciel Vplanner et comparaison avec nos ordinateurs, contrôle habituel nous voici sous l’eau avec Yann. Nous passons la plateforme des 40 mètres effectuons un tour à 48 m et regagnons le tombant menant à 28 m. Lâché de parachute et remontée, tout est ok, première plongée trimix en autonomie validée ! Rangement du matériel gonflage de mon bi 10 L pour l’émergence du Gouron et clôture de stage. J’arriverai à Nancy pour 22 h.
Une très belle formation tant sur l’aspect technique que l’aspect humain, des cadres attentifs, de riches échanges avec tout le monde ce fut une très belle expérience.
Union spéléologique de l’agglomération nancéienne