Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
Accueil du site > Le P’tit Usania > 2009 > 131 - Juillet 2009 > 131.2 - Camp Jeunes dans le Vaucluse 4 au 11 Avril 2009 (Suite)

131.2 - Camp Jeunes dans le Vaucluse 4 au 11 Avril 2009 (Suite)

David Parrot

Pour mon équipe, composée de Pierrot, Sophie et Cécile P, entrera à 10h30 avec une descente éclair, puisque nous les rattrapons à la base du puits Ayme. Martial continue l’équipement qui n’est visiblement pas évident, mais il aura su faire preuve de patience, car l’équipement hors crue n’est pas aveuglant et par endroit ne donne aucune solution que de se mouiller ! La descente continue donc en espaçant les pauses par des pauses bouffes, parlottes, etc. Nous voilà dans le puits de l’Astrolabe, gigantesque de 76m, une roche calcaire très blanche, faisant ressortir par contraste les immenses rognons de silex aussi énormes que 3 ballons de foot. Nous atteignons la cote -430m où Martial me redonne le kit pour que j’aille m’aventurer dans l’énorme puits de 114m, nommé Puits André-Gendre. L’entrée dans ce puits se fait par la rivière (à 2-3 m3/s) qui dégueule dans ce vide de 114m, 2 spits et me voilà basculé dans le côté obscur qui ne cesse de m’enlacer avec pour unique sensation, la pluie brumeuse qui m’accompagne dans ma descente. Après quelques fractionnements, je suis dans la partie la plus large du puits, soit un diamètre d’environ 50m, je termine finalement par trouver l’équipement hors-crue. A ce moment-là, j’entrevois au-dessus de moi un point jaune ne représentant que 1-2mm, c’est Pierrot qui me rejoint pour me tenir compagnie dans cet immense vide. C’est à cet instant que je pris connaissance de l’ampleur du puits. “Waahouu ! Grandiose !” Quelle joie de retrouver une lumière chaude et de pouvoir papoter pendant l’équipement, je pose entre 10 et 15 frac. pour prendre pied à 15m du fond du puits. D’où je suis, je domine l’enfilade de lumière qui surplombe au-dessus de ma tête, c’est gigantesque, j’obtiens même un petit frisson pour avoir vaincu cette bête, mais sans rien comprendre, ma flamme est violemment soufflée par le souffle de la cascade de 114m. Mon envie grandit, mais la décision que Pierrot et moi prenons, sera celle de la sûreté ! La cascade est trop grosse pour descendre au coeur de ce dernier puits, qui n’hésitera pas à nous remettre à notre place, en larguant quelques cailloux que l’on entendra ricocher. -550m sera donc la cote finale de cette exploration. Finalement, aucun sentiment d’échec en soi, mais bien une belle victoire collective qui nous pousse à remonter. On reviendra, pour vaincre ce monstre ! (après sortie, on m’a finalement dit qu’il y avait un autre passage pour shunter cette chute d’eau...). Je regagne le haut du puits en laissant Pierrot dans l’extase du dés-équipement de cette verticale.

Lors de la remontée, l’équipe déséquipement est constituée de BiB, Pierrot, Moi, Sophie et Cécile P. Puis malgré la petite déception, avec BiB, on se trouve un p’tit challenge, remonter le trou avec ses 2 kits chacun blindés de matos, autant dire que pour les puits ça va, mais les méandres, ce n’est pas la même chose. Pierrot, derrière, qui déséquipe, BiB devant et moi au milieu, nous traînons nos deux copains jusqu’à la sortie. Challenge réussi ! 7 kits à 5 ! Il est 3h40 du matin, soit mercredi. Un joli TPST de 17h. Maintenant direction la bière, mais elle devra se faire attendre, car nous sommes sans clés pour ouvrir le gîte tout comme la 1ère équipe qui, elle, est ressortie à 1h30. Ils sont là, échoués sous leur survie au lavoir du village ... Mais l’envie d’une bonne bière est trop intense depuis le fond du gouffre, cette envie nous oblige donc à dégonder la porte ... Couché 6h, après avoir validé la sortie comme il se doit dans le sud !

Mercredi, après une bonne journée passée au lit, on ne perdra pas de temps pour se diriger vers la baignoire pour le lavage complet du matos. Après ça, un petit goûter et direction le coin de la rue ! "Non, pas le bar, mais l’aven du château !". Cécile P, Pierrot et moi, s’enfilons dans l’aven qui s’ouvre au pied d’une ancienne boucherie. L’entrée laisse penser à la jungle, mais derrière cette végétation dense, 90m de puits se dévoilent jusqu’à la cote -90m, c’est un super gouffre d’initiation.

TPST  : 1h50.

Jeudi, nous consacrons une explo à l’aven Autrans. C’est une des courses d’envergure du plateau, nous profitons donc de l’équipement en place des dernières explos pour s’épanouir dans ce trou. La première partie de l’aven est composée par une enfilade de puits jusqu’à -110m, entrecoupée de passages méandreux plus ou moins étroits sans difficulté, pour arriver à l’entrée d’un premier méandre de 40m, après quoi nous arrivons dans une galerie aux dimensions 5 x 5m qui nous amènera après un ¼ d’heure de ballade à l’entrée d’un deuxième méandre qui lui, est long de 750m !!! Il nous conduit à la cote -239m. La suite est bien évidente, la gueule béante du P103m s’impose en laissant fracasser sa cascade jusqu’à
- 342m. Lors de la descente on retrouve un volume similaire à celui du Souffleur, avec des rognons de Silex de taille comparable etc. Mais la suite de la visite, elle se caractérise par quoi à votre avis ? Et bien reuhhh ! méandre de 200m, plus confortable que le précédent et il offre un agréable concrétionnement. On terminera par un P40 pour arriver au-dessus de la grande galerie de 400m qui mène l’équipe au dit siphon blanc.

Une envie, un même regard, un claquement de main et me voilà avec BiB derrière le Siphon Blanc. Les autres choisirons le chemin de la sortie. A présent, nous sommes mouillés, mais nous oublions très vite, car l’ambiance est géniale, la progression nous oblige à franchir des gours de taille humaine, recouvert par 1cm de calcite blanche. Sous nos pieds ça "crunch, crunch", puisque c’est sec, après quelques puits descendus, on regagne la rivière qui prend de l’ampleur. "Ce n’est pas possible on n’est pas dans Autrans ?", une eau limpide et turbulente, tombe par 20m de haut, c’est là, on remonte donc ’Walking on the moon’ ainsi nommée, on est obligé de se mouiller, on regagne des méandres larges de 1m et haut de 7-8m avec une rivière qui débite, la progression continue en remontant cascade et courant. Notre objectif approche, ça se sent, ça s’élargit, nous sommes à la cote
- 342m (soit au même niveau que le P103 que nous avons descendu tout à l’heure). Sous notre tête s’ouvre donc par conséquent un P100. Pour y accéder, on remontera une cascade de 30m pour finalement penduler dans ’Vol de nuit’, notre objectif est atteint, on en remonte une petite partie, pour finalement rebrousser chemin.

Avec BiB, comme depuis le début du camp, on maintient un esprit de challenge et là, perdu à +/- 4km de la sortie par -400m et +200m, on se lance un dernier challenge : récupérer l’équipe avant sa sortie dehors. Notre rythme de marche est vraiment bon, on en profitera d’ailleurs pour manger une carotte et un bout de Saint-Marcellin, le moral est au top. Après avoir vaincu le méandre, on regagne très vite l’équipe dans les puits. On ressortira tous ensemble, sous une nuit étoilée à 1h30 le vendredi.

TPST  : 14h.

On reprend la direction du refuge pour profiter de notre dernière soirée tous ensemble, mais pour terminer, ce gouffre nous aura mangé un kit tout neuf en une seule sortie ! couché 6h.

Vendredi, pour Sophie, BiB, Cécile P et Pierrot c’est le départ. Quelle déception de voir se terminer le camp quand toutes les voitures partent une à une. Pour nous la journée se terminera par un nettoyage de matos, par un dodo pour Sabine, une ballade pour Martial et Cécile,par un apéro pour moi, qui m’est agréablement offert par 2 jeunes spéléos du coin qui sont là, ce soir au gîte ! Couché à 2h.


Les photos sont à visionner ici : http://sunmx.free.fr/galerie/?alb=167

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0