Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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138.5 - Une visite éclair au JB

Philippe Lach

Officiellement, une sortie était prévue dans le Vercors pour ce week-end des 20-22 novembre. Finalement annulée, et ne sachant pas quoi faire, en tous cas hors de question de rester en surface ! Lundi après midi, David PARROT, me lance au milieu d’un tas d’autres idées, le JB ….en autonomie…. Wouaou ! ! ! 4 jours pour préparer une expé sur le Jean Bernard et en autonomie  ! A savoir qu’il faut absolument tout prévoir et monter, y compris l’eau ! Au début j’étais très réticent, j’ai déjà fait le JB et 4 jours là -haut, ça fait très mal surtout quand on doit être au bureau le lundi suivant. Mais bon, la curiosité et le désir de revoir cette montagne prend le pas sur l’anxiété. On The Road Again ! ! !

Sylvain CHAPAY, David PARROT, Pierrot ORTOLI et moi (Philippe LACH) arrivons, sur le parking le plus haut (il n’y a pas de neige donc ce chemin est envisageable) vendredi vers 00h30 environ, Matthieu THOMAS, Laurence de HAUTEFEUILLE et Olivier GENTE nous y attendaient déjà. Une petite collation, répartition du matériel commun (bidon, nourriture, casserole, réchaud…) équilibrage des sacs et clé de portage. Avec près de 35 Kg sur le dos chacun, c’est à 7 que nous entamons l’expédition. La montée se passe très bien, chacun son rythme, nous nous attendons aux endroits stratégiques (là où tout le monde a soif en général ! ! ! lol). Sylvain très à l’aise en marche, se permet même de faire quelques clichés de notre progression. Finalement tous le monde arrive au refuge des vulcains sans grandes difficulté (normal y avait pas de neige ! lol). Comme prévu chacun est autonome, les toiles de tente se déplient, la fatigue pèse, et pour ne pas changer, c’est à la belle étoile que Morphée vient nous chercher… David et moi itou.

Le lendemain, je vous laisse imaginer l’état d’esprit lorsque les yeux s’ouvrent ! Le ciel complètement dégagé de tous nuage ! Ca il faut le vivre ! Hier au travail et aujourd’hui… ici ! Enfin bref, après avoir déjeuné, rechargé les sacs, rempli les bidons d’eau (ça pèse dans le sac, moi je vous le dis  ! ), l’expédition repart pour le V4bis. Forcément, nous avons pris le mauvais chemin. Le même que cet été avec David ! Nous gravissons les mêmes pentes raides et rocailleuses, et nous arrivons même à retrouver l’endroit ou nous avons bivouaqué cet été ! Quelles bandes de bras cassés ! … 2 fois la même erreur tu te rends compte ? J’te l’avais dit David, c’est au gîte qu’il faut monter direct, faut pas suivre le chemin … Eh bien passes devant si t’es si malin, files, passes devant ! ! ! Passes devant quoi maintenant qu’on est dans le décor ? … Mais non, t’inquiètes pas, le trou il est là pile juste derrière cette bute je le sens c’est la ! ! ! Enfin bref, que d’émotions ! Finalement après quelques centaines de mètres off-road, et un nombre incalculable de butes, nous retrouvons le chemin qui passe au pied du V4. Il nous a fallut plus de 2 heures à partir du gîte pour retrouver le V4bis ! ! ! Quelle bande de branquignols ! ndlr.

Nous décidons alors de manger un peu avant de descendre. A 16h tout le monde est équipé, la descente commence. L’objectif étant la visite des réseaux amonts jusque le plus loin possible. Qu’à cela ne tienne, le chemin reste assez simple à trouver (à part quelques endroits où nous avons cherché 5 min. tout au plus). Au début, nous parcourons un petit méandre qui nous amène au pied d’un P15. Une fois franchi, c’est la galerie du maïs qui commence, ou nous nous arrêtons pour prendre quelques photos. D’ici, c’est une succession de conduites forcées colossales qui s’enfoncent progressivement dans la roche. Un passage très bas (parfois siphonnant) permet d’entrer dans la salle de l’Echo qui porte très bien sont nom ! ). Puis une étroiture nous permet d’arriver dans la galerie des branlots. C’est ici que nous décidons de manger. Après quelques mètres dans une boue atroce, la galerie se rafraîchit, et des bouquets d’excentriques toutes plus belles les unes que les autres apparaissent sur les murs ! La galerie se rétrécit, et la progression se ralentit jusqu’à ce que l’on prenne pied dans la rivière aux excentriques. Nous décidons de continuer dans le méandre. Pour cela il faut descendre un petit ressaut qui s’ouvre sur une faille. Rien de méchant mais suffisant pour coincer un pied ! David décide d’équiper cette partie par sécurité. Un superbe amarrage naturel se trouve juste à sa droite. Il équipe et descend. C’est alors que je vois tout le pan rocheux descendre avec lui … Oh le con ! Ni une ni deux je chope dans mes bras toute la roche qui se dilapide. Si ça tombe, non seulement David tombe aussi mais en plus il prend au moins 60 kg de roches sur la gueule. Finalement il se décroche de la corde et se décale, d’en haut du ressaut je fais tout tomber d’un bras ! (ah ouais … Me dit David avec un sourire). L’équipement se fait un peu plus loin. Tous le monde descend dans le méandre. La progression est difficile, les appuis pour les pieds manquent un peu et les bras travaillent beaucoup. Après quelques mètres, Matthieu déclare forfait et décide de nous attendre ici. Plus loin, un ressaut doit être monté pour continuer. Seules 2 prises difficiles et à bout de bras permettent de le gravir, le reste de la paroi est lisse. David passe d’abord et s’arrache vers le haut … Mon dieu, quel homme ! Olivier se fait aider, moi je passe seul (obligé, tout comme Dav et lol) et Sylvain aussi. Pierrot glisse et cogne son genoux sur la roche. Il décide de s’arrêter aussi, Laurence reste avec lui. Nous ne sommes plus que 4. Plus loin, la configuration permet de reprendre pied dans la rivière active. La progression est plus facile mais une petite cascade nous arrête. Olivier décide de s’arrêter. Voyant les membres tomber les un après les autres et ce méandre qui n’en finissait plus, David, Sylvain et moi décidons de faire demi tour. Le retour se fait très vite, il n’y a pas de grand puits a remonter et les passages sont assez bien balisés et très faciles à retrouver. Nous sortons donc du trou vers minuit. Une petite sortie mais extrêmement appréciable, passage variés, grands volumes, excentriques comme j’en ai encore jamais vues, et la salle de l’Echo … Ca faut l’entendre pour le croire ! Après un bon repas bien arrosé, l’équipe s’endort vers 2h… sous les étoiles.

Le lendemain, levé 10h, le ciel se gonfle et les nuages s’emparent de la montagne lorsque nous quittons le camp. Inutile de préciser que plus on descend et plus il pleut. C’est normal, c’est le JB ! Fidèle à lui-même ! C’est pour ça qu’on l’aime ! Nous arrivons aux voitures vers 14h et comme par tradition nous allons manger un morceau en ville avant de repartir chacun vers sa vie.

Cette expédition a été montée en vitesse pour plusieurs raisons. D’abord et avant tout, parce qu’on l’aime cette montagne (et c’est la seule vraie raison qui nous pousse à nous donner tant de mal). Aussi parce qu’on voulait faire découvrir ce karst a nos amis les plus combatifs et les plus proches, dans le but des les revoir lors de l’expédition prévue pour cet hiver. Mais attention je tiens à ce que les choses soit bien claires, ce week-end, ce n’était pas l’hiver... et ce n’était pas une explo non plus. Le Jean Bernard n’est pas un « Trou Classique » et il vaut mieux pas le considérer comme tel ! Qui s’y frotte, s’y pique !

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