Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
Accueil du site > Le P’tit Usania > 2010 > 142 - Juin 2010 > 142.1 - Insectes moisis

142.1 - Insectes moisis

Christophe Prévot

Entre 2007 et 2008 ceux qui ont parcouru les grottes de Pierre-la-Treiche, et en particulier la grotte des 7 Salles, ont pu constater qu’un grand nombre de petites moisissures blanches étaient apparues sur les parois. En y regardant de plus près chacun s’est rendu compte qu’il s’agissait en fait de nombreux petits insectes qui étaient là, morts et moisis. Le phénomène est exceptionnel puisque pour ma part, arpentant ces cavernes depuis plus de 25 ans, je ne l’avais jamais observé ! Ce sujet a d’ailleurs fait le « buzz » sur la liste francophone belge de discussion spéléologique car de nombreux spéléos français comme belges ont fait le même constat : primo une augmentation des quantités d’insectes dans les grottes, secundo une augmentation de l’éloignement par rapport aux entrées connues et tertio une abondance d’individus moisis pendant l’hiver. Depuis, le phénomène semble avoir cessé...

De nombreuses espèces d’insectes (moustiques, papillons, tipules
- dont raffolent les Petits et Grands Rhinolophes,
volucelles, etc.) hibernent (ou vivent avec un métabolisme très ralenti) chaque année dans des grottes : ils fuient le froid à l’approche de l’hiver en pénétrant dans les grottes afin de se protéger des intempéries. La plus grande partie ne survit pas et des champignons se développent sur leur corps. Bien que cela soit un phénomène normal, ce qui surprend ici c’est l’abondance des cas...

Il pourrait être intéressant de chercher une corrélation avec les aléas climatiques de ces dernières années (année 2001 plutôt humide, 2003 année de la canicule estivale, août 2006 et 2007 avec des absences d’ensoleillement record, hiver 2007/2008 avec un ensoleillement important), mais il faudrait identifier clairement ces animaux et préciser leur cycle de vie.

Dans une émission télévisée sur la faune et flore d’Amazonie, il a été dit que plusieurs insectes étaient contaminés par « respiration » de spores et attaqués vivants par la moisissure ou microchampignons concernés, un peu comme l’histoplasmose chez les humains.

Michel Dethier, spéléologue et biologiste ayant enseigné l’entomologie en Suisse et en Belgique, notamment à la faculté de Gembloux, et souvent présent aux Journées de spéléologie scientifique à Han-sur-Lesse, indique, à la vue de certains photographies, que « la plupart des insectes parasités ne sont pas des moustiques au sens strict, mais des Limonia nubeculosa, très fréquents dans l’association pariétale des entrées (ne piquent pas).  »

Il semble que la seule chose à faire pour l’instant soit de prendre des mesures du phénomène, c’est-à-dire évaluer les effectifs présents, prélever des échantillons et les conserver dans un muséum afin de pouvoir les identifier.

N’hésitez donc pas à relever s’il y a présence ou non d’insectes sur les parois, dans des secteurs particuliers, vivants ou moisis, en notant la date et expédiez-moi l’information que je la relaye aux biospéologues compétents.

Pour s’abonner à la liste francophone belge de discussion, envoyer un courriel à :

speleo-abonnement@yahoogroupes.fr

Sites de référence sur le sujet :

http://www.associationmycologiquetoulouse.ups-tlse.fr/spip.php?article24

http://www.insecte.org/forum/viewtopic.php?f=6&t=42427

http://botany.natur.cuni.cz/pdf/Kubatova_CM5734_Kub.pdf

http://pagesperso-orange.fr/dodelin/_private/DODELIN%20&%20DODELIN_faune%20cavernicole%20du%20PNR%20des%20Bauges%202003.pdf

http://hrcak.srce.hr/file/45260

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0