Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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19.3 - Que d’eau, que d’eau...

Sylvie GOBERT

Le vendredi 17 au soir nous partions de Nancy dans deux voitures ; l’équipe était composée d’Alain Masson, Pascal Cuxac, Gérôme Contal, Martial et moi-même pour les confirmés et de Anne, Samuel et Jérémy pour les débutants, Gaëlle étant avec nous pour la promenade.

Le samedi matin nous nous rendons aux Biefs Boussets. La pluie était fine et aucune trace de neige alentour, le ruisseau quant à lui était inexistant, tout allait bien pour une séance d’initiation en milieu naturel. Tout le monde descend sauf Gaëlle restée au refuge. L’équipement se fait hors crue comme d’habitude et nous arrivons à la profondeur de -50 en bas d’un P10. Là nous décidons de remonter, la température est basse et nos débutants ne sont pas encore habitués à ces conditions. Martial remonte le premier suivi de Samuel que je suis, suivie de Jérémie et Alain. Anne, Pascal et Gérôme déséquipent. Lorsque j’arrive à la Charnière (Petite escalade sous douche), je trouve l’eau particulièrement froide, quelques mètres plus loin je croise Martial qui m’annonce qu’il y a un début de crue et qu’il ne faut pas traîner à sortir. En effet, arrivée au dernier puits à l’extérieur, je constate qu’il y a comme un petit « plus » d’eau. Je me tiens donc en haut du puits et je m’assure que Jérémie et Anne sortent sans encombre. Je les aide à grimper une petite escalade dans le ruisseau qui est devenu glissant et difficile du fait de la cascade qui s’y jette dorénavant. À ce moment je me sens soulagée puisque les jeunes sont sortis.

J’attends en haut du puits de sortie et au bout d’un quart d’heure les minutes me semblent très longues... Je me demande ce que font Alain, Gérôme, Martial et Pascal... Deux personnes étaient suffisantes pour terminer le déséquipement et personne n’arrive. J’appelle... Personne ne répond !

Pendant ce temps je me retourne régulièrement et la cascade à escalader grossit régulièrement, quant au puits de sortie si l’équipe n’arrive pas bientôt ils ne pourront plus le remonter. J’hésite entre redescendre pour aller les chercher, ils sont peut être bloqués à cause d’un manque de lumière, je ne vous raconte pas tous les scénarios catastrophes qui me sont passés par la tête, si ! si ! Finalement je décide de remonter la cascade avant d’être bloquée entre elle et le puits de sortie qu’ils ne pourront plus remonter maintenant. Je me dirige vers les voitures pour voir si il ne reste pas de matériel quand je rencontre deux gendarmes ; surprise ! Ils me demandent ce que nous faisons là (Un golf pardi !), je me fais « engueuler », irresponsable qu’ils disaient ! et là dessus je leur explique gentiment qu’on s’expliquera plus tard et que mon souci est de faire sortir les quatre personnes coincées en bas. Je cours jusqu’à la voiture où je trouve, oh miracle, de la corde. Pendant ce temps mes amis les gendarmes déclenchent un Spéléo Secours du fait du manque de renseignement sur la situation de l’équipe coincée. Lorsque j’arrive sur le côté du trou j’entends des voix en bas du puits, je me dépêche d’équiper sur le coté et je descends jusqu’à un surplomb d’où je peux constater que tout le monde va bien et que ma corde est assez longue. Et là les gars en dessous ils criaient « lance la corde », ça m’a fait rire « après », des fois que je les laisse au fond !

Conclusion : à la sortie nous avons rencontré les pompiers (super sympa), les gendarmes (plus aimables) et nous avons fait suspendre le Spéléo Secours. Nous n’avons pas échappé à la visite de santé et au rapport de gendarmerie. En bref plus de peur que de mal et merci à nos débutants qui avaient arrêtés une voiture pour qu’on vienne à notre secours, une fausse alerte valait mieux qu’une alerte déclenchée trop tard...

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