Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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146.2 - Une belle première

Stéphane Noll

Après avoir pris contact avec plusieurs personnes, je prépare mes affaires pour aller en week-end dans le Tessin : je dois retrouver Georgi Perren et son fils dans un camping proche du lac Majeur. Le trajet est laborieux en raison des départs en vacances, beaucoup de monde sur la route… Je rejoins mes 2 compères le soir après 22 heures. Nous faisons connaissance et parlons rapidement du programme du lendemain. Une première ou un ré-équipement sont prévus durant le week-end, mais la météo annoncée est incertaine.

Nous nous réveillons le samedi matin vers 7 heures avec un ciel très chargé. Des orages pointent le bout de leur nez. Après une vérification sur le site de la météo suisse, nous envisageons de changer de vallée pour aller dans la vallée de la Magia pour faire Val Giumaglio. Cette descente d’initiation mêle toboggans, sauts et rappels. Certains encaissements sont superbes et nous terminons par une cascade de 40 mètres sous les yeux de baigneurs. Ayant un peu de temps devant nous, et ne voyant pas trop le ciel bourgeonner bien au contraire, nous nous dirigeons vers son voisin Val Grande. Le débit est correct. Cette descente très ludique composée de beaucoup de sauts dans de très belles vasques, et se terminant par un grand toboggan qui ne peut laisser un canyoniste de marbre, même le plus averti ! La journée se termine tranquillement. Nous retournons à notre camp de base pour mettre au point le programme du lendemain. Luca, l’auteur du dernier topo sur le Tessin, vient de téléphoner. Il envisage depuis un certain temps d’aller explorer un canyon. Descente vierge ou pas, impossible de savoir sans y aller. Nous allons nous coucher après un bon repas sous un orage conséquent.

Le lendemain, 6 heures, debout. Il faut ranger le matériel car nous avons rendez-vous avec Luca au niveau d’un barrage. Nous sommes 4. Nous répartissons les 40 amarrages, le perforateur, les mèches de secours, la corde et le reste du matériel dans les différents kits. La marche d’accès est présentée comme un dénivelé positif de 800 mètres. Chacun est impatient de voir à quoi va ressembler Val Molino. Après 2 heures de marche, nous arrivons au point côté 1 460 m ; il est 10h20. Le soleil est généreux, la luminosité est superbe et on ne peut qu’admirer la vue sur le lac majeur.

Tout le monde s’équipe et nous entamons notre périple. Aucun amarrage n’est trouvé. Il semble que ce soit une première. Le canyon fait penser aux canyons alpins que l’on peut rencontrer dans les Hautes–Alpes. Le cours d’eau est large est fait penser par moment au ruisseau de Purccaraccia par ces vasques et sa couleur d’eau, et à Bares pour sa couleur de roche lors de certains passages. Le débit est faible et le lit est large. On se mouille de bon cœur, la température extérieure est de plus de 30°. Georgi et Benjamin percent, Luca pose les points et j’installe. Toujours aucune trace de la main de l’homme. Nous sommes bien dans une ouverture. Le canyon se resserre par 3 fois nous offrant des cascades de plus de 60 mètres. Heureusement que le débit est modeste pour cette journée de découverte car certains passages peuvent devenir litigieux à négocier par fort débit. Au final, nous avons mis en place environ 30 amarrages. La descente a été réalisée en 9 heures et est cotée V4.A4.III. Nous nous félicitons chaleureusement à la fin tout en insistant sur le caractère long de cette descente.

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