Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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162.4 - Le mystère de la Haute Borne

Jean-Michel Guyot et Bertrand Maujean

Appuyées par les archives, les hypothèses et discussions allaient bon train concernant le puits de la Haute-Borne au spéléodrome de Nancy : une dalle ou deux ? Dix mètres de remblais ou pas ? Autant de questions sans réponses...

La décision de percer ce mystère est relancée le vendredi soir (27 janvier 2012) à la sortie de réunion du club. Bertrand me demande si je peux lui donner un coup de main pour l’accompagner au puits en surface et tenter de percer la dalle par le dessus. En lui répondant oui aussitôt, on emprunte les deux perfos du C.D.S. à portée de main et on se fixe rendez-vous pour le lendemain à 14 heures au parking sur la route de Marron.

Nous sommes à pied d’œuvre pile à l’heure convenue, Bertrand a même apporté un petit chariot et deux grosses batteries par mesure d’autonomie. C’est un fait que pour les batteries du perfo que j’avais en charge, une était totalement inopérante, l’autre n’était pas très violente. Pour le sien cela ressemblait fort à la même chose. Avec ce chargement étonnant pour aller aux champignons aux regards des quelques personnes que nous croisons nous filons dans la forêt. Bertrand part en avant hâtivement et retrouve très rapidement la dalle radiolocalisée quelques mois plus tôt lors d’une précédente opération (cf. Le P’tit Usania n°157 de septembre 2011). Pour ma part, je suivais le chemin caillouteux en traînant les pieds et le lourd chariot derrière moi... Je rejoignais mon camarade d’expédition qui m’attendait à un endroit un peu en retrait du parcours forestier. La dalle ensevelie sous un tapis de feuilles mortes et de branchages pourris se trouve à fleur du niveau du sol. Après un petit nettoyage et quelques mesures au mètre, nous étudions l’orientation et le repérage supposé des trappes en dessous. Nous mettons le matériel en action. Bon, pas facile. Nous commençons par un trou, sans succès. Un autre à côté, pas mieux. On est probablement sur de la ferraille. Au troisième trou, dans une amorce déjà faite en cratère, nous avons plus de chance et le foret débouche dans le vide ! Ouf, car la mèche n’est guère plus grande. Première grande satisfaction. On enfile une ficelle sur une longueur de 10 mètres sans difficulté, et on entend le bruissement du ruisseau par l’orifice du trou (de 10 mm !). Pour le retour, on veut gagner du temps et porter le frêle chariot qui, sous le poids des lourdes batteries, se casse. Du coup, on porte les perfos, le chariot et les batteries...

On reprend les voitures pour se rendre au puits de Clairlieu et remonter la galerie. Le niveau de l’eau est au maxi et les prises d’eau coulent à flot. Mais ce n’est rien comparé au rideau d’eau et à la douche que l’on a pris dans le puits de la Haute-Borne en montant les échelles ! Arrivés en haut, on retrouve notre cordelette qui fait irruption par le trou d’homme au sommet de la dernière échelle pourrie. Deuxième haute satisfaction, le mystère est percé : 30 cm de dalle, et une seule dalle !

On redescend jusqu’à la galerie supérieure pour y faire un petit tour. Ceux qui connaissent mon équipement au spéléodrome, vous voyez la hauteur de mes cuissardes. Et bien ça n’est pas suffisant, et ça mouille. Bertrand ne se pose pas la question, avec ses bottes normales, il est mouillé depuis le début. On reprend une douche à la descente pour le retour. À l’aller on a fait vite pour voir le résultat, au retour on fait encore plus vite. Faut dire que dans un sens, j’essayais de ne pas mouiller, dans l’autre c’était fait. À 17 heures on avait fini, mais j’ai préféré la douche à la maison.

À étudier avec la CUGN, le propriétaire du spéléodrome, on envisage un percement de cette dalle pour créer un accès sécurisé, qui permettrait la dépollution du fond.

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