Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
Accueil du site > Le P’tit Usania > 2012 > 165 - Mai 2012 > 165.1 - Le gros plouf de Nono, comme un poisson d’avril

165.1 - Le gros plouf de Nono, comme un poisson d’avril

Jean-Michel GUYOT

Le 1er avril Pascal Houlné nous conviait à une petite sortie de décrassage de printemps au Rupt-du-Puits. Avec Pascal et Noëlle Cuxac et Bernard Le Guerc’h, du C.L.R.S., on se retrouvait à partir de chez notre G.O. à 8h30. Au terme d’un trajet à vitesse règlementaire et une marche d’approche de cinq minutes nous étions bouche bée devant le couvercle du puits. Le cadenas ne s’ouvrait pas. Après plusieurs tentatives des experts que nous sommes, il céda. Petite explication du nœud de fusion sous un soleil torride. Équipement de la tête de puits en double. On jette l’excédent et le reste dans le trou. Je descends le premier après la photo qui atteste que l’on était tous longé, même le G.O. à son kit.

À mi-hauteur, sac de nœuds dans les nouilles. Je démêle les cordes. À 10 m du fond, re-sac de nœuds. Je redémêle les cordes. Libre ! Au pied de l’échelle je croise deux grenouilles, une petite pâlichonne et une grosse toute brune. La petite se sauve et se jette à l’eau, la grosse trémousse son gros derrière et va se cacher sous une pierre, mais on voit toujours son cul qui dépasse. Mes camarades arrivent 2 par 2. Nous remontons le courant tranquillement en évitant de nous mouiller. Qui à penser à la déco pour tout barbouiller les murs en noir et le plafond en blanc ? Un peu plus loin, on peut constater très nettement, en partie inférieure, la séparation des strates entre le calcaire et les marnes argileuses. Nono a le temps de faire une prière.

Nous laisserons sur notre droite la galerie des Marmites. Je reviendrai y faire trempette en revenant. Et dans ce méandre interminable, survient la difficulté. La cascade, avec la grosse vasque devant. Pour en arriver là, il a fallu se mouiller un peu, jusqu’à la taille, l’eau n’est pas d’une chaleur extrême. Comme en politique, il y a de l’opposition à envisager pour escalader la cascade qui ne fait qu’un mètre, mais le fond de la marmite doit en faire trois. Tout le monde y parvient et on continue la progression. Avant le siphon, où il faut se baisser fortement, on emprunte la galerie des fistuleuses. On l’emboîte jusqu’au bout pour quelques photos. Retour cool Raoul jusqu’à... La cascade et la grosse vasque derrière. Eh oui, dans ce sens elle se retrouve derrière, qui l’aurait cru. Au soleil tout à l’heure, ils se moquaient de ma néoprène, certes un tantinet excessive en surface. Mais ici, cela prenait tout son sens, et je sautais de joie et à pieds joints dans la marmite. Les suivants ne voulant toujours pas se mouiller, contournaient en opposition et je les réceptionnais de l’autre côté avec une aide pour caler le pied.

Le premier Bernard pour faire les photos. Le second Pascal le G.O. La troisième Nono... la cavité allant en s’évasant, les bras viennent à manquer de longueur... Elle pousse, tire dessus, je soutiens tant bien que mal, mais rien ni fait, le tout bascule. Gros plouf dans la marmite. On aurait pu croire, mais ce n’est pas un poisson d’avril. En tenue de plongeur, je vole à son secours et comme la grenouille je me jette à l’eau récupérer Nono. Plus de temps à perdre, il faut remonter au jour, et pour l’instant descendre le cours d’eau.

J’ai le temps de faire un tour dans la galerie des Marmites et de rattraper mes amis. Une bonne remontée réchauffe et un bon soleil de 15 heures à la sortie termine de nous réconforter. Suivie par une tenue sèche et d’un casse-croûte de cheval et nous voilà totalement prêt à réattaquer. Bernard nous fait visiter les trous aux alentours, deux que l’on a trouvé facilement qui permettraient une sortie initiation pour des jeunes et le troisième que l’on n’a pas trouvé avec une heure de marche et des tas de dolines fouillées. Cette fois on en a assez, on rentre.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0