Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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167.2 - Retour d’expérience après une crue...

Léa Varnerot

Le récit qui va suivre est un retour d’expérience à but informatif suite à ce que nous avons eu fin mai. J’espère qu’il vous rendra service !

Le week-end des 26-27 mai, avec Gilles et 7 autres spéléos, nous étions dans le Vercors pour faire entre autres la glacière d’Autrans. Nous nous sommes divisés en 2 équipes pour faire la traversée croisée des 2 réseaux, glacière d’Autrans-Tapinoir. L’équipement a commencé en début d’après-midi. Quelques orages non violents étaient annoncés dans la région. Et vers 18 heures, alors que les 2 groupes étaient vers -100, nous avons pris la crue. Le groupe du Tapinoir a pu remonter, après s’être fait rincé dans le P41. Notre groupe est resté coincé en bas du P25 (Gilles, qui n’a pas eu le temps de descendre, est remonté en haut du P24 précédent). Ce P25, auparavant à peine mouillé, s’est transformé en moins de 2 minutes en une cascade d’eau gelée, impossible à remonter puisqu’aucun équipement hors crue n’était prévu (avant, l’idée même d’une crue nous semblait improbable vu les descriptifs qu’on en avait, le danger étant beaucoup plus bas). Sans stress, il nous a paru évident de monter notre point chaud et d’attendre que le débit diminue pour nous permettre de remonter. Nous avions chacun une couverture de survie renforcée, un éclairage mixte électrique/acétylène, plusieurs barres énergisantes chacun et une bouteille d’eau de 2 L pour 3. Deux heures après le début de l’attente, Yoann Girardot nous a rejoint, (trempé, forcément !), avec de quoi manger et boire en plus de nos réserves, des bougies, et une autre couverture de survie. Bien isolé du froid de l’air et du sol, on peut dire qu’on attendait « confortablement » la décrue.

Avec surprise nous avons ensuite entendu arriver le S.S.F. Isère, après 6 heures d’attente. Nous sommes donc remontés, après un thé chaud, un à un, presque encadrés par un spéléo chacun, vers la surface. L’eau était encore très présente, et il a fallu se doucher complètement pour remonter le P24. Le S.S.F. avait été prévenu par l’autre équipe, qui, ne sachant pas où nous étions arrivés (attente ou mauvaise posture ?) et alarmés par l’orage d’une heure de grêle qui passait sur nous, a préféré anticiper un secours. Toute l’équipe tient encore à souligner leur rapidité d’action, leur professionnalisme, et leur bonne humeur.

Pour conclure ce petit récit, nous pensions qu’il était important de faire un rappel sur certains points. Une expérience peut servir à tout le monde, c’est bien aussi !

Une fois à l’abri d’une crue il est préférable, voire le plus souvent obligatoire de ne pas en bouger, le mieux est toujours d’attendre.

La couverture de survie renforcée est primordiale sur soi sous terre.

·  Si on ne supporte plus l’acétylène, toujours avoir près de soi plusieurs bougies (et bien sûr le briquet compatible qui va bien, logique, ou allumettes adaptées) et/ou une dudule chargée avec 10 cm de tuyaux et un bec au bout (vu et testé, ça vaut le coup et c’est très pratique pour un point chaud).

·  Une bobine de ficelle, ça prend pas de place et ça transforme une vieille tortue en un truc bien plus confortable (merci Yoann).

·  Des barres énergisantes sur soi, pas forcément pour la petite faim, mais qu’on ne touche qu’en cas de réel besoin, en plus de celles du bidon bouffe.

·  De l’eau forcément, de quoi tenir pour tout le monde et plus que prévu.

·  La météo, bien sûr toujours s’en méfier, encore plus en montagne... prise par tout le monde et souvent (partir tôt pour les éviter quand même, c’est bien aussi...), notamment sur le site de vigilance de Météo France.

·  Se renseigner au maximum sur la cavité (crue, eau, saison idéale, équipement manquant, trop light,...).

·  Il y avait de la neige dans le névé d’entrée de la glacière (suite aux averses de neige tardives cette année). Ça a son importance en cas de pluie.

·  C’est ce qui je pense nous a le plus pénalisé, puisque pour nous le risque d’eau était quasi nul pour le trajet que nous faisions, et l’équipement ne nous permettait pas d’être hors crue. Spéléo dans le Vercors tome 1 ne faisait pas mention de ce risque.

·  Pourtant inséparable de Gilles, un petit réchaud ou P3RS ça peut aider ; mais pour une traversée annoncée de 4 à 6 heures, nous ne comptions pas nous arrêter pour la soupe...

Pour l’anecdote, il manque seulement 2 mousquetons et plaquettes à l’équipement utilisé. C’est le S.S.F. qui a déséquipé et remonté tout notre matos et cordes, en plus de celui qu’ils ont installés. Donc voilà ce n’est pas perdu, c’est même impressionnant qu’il ne manque rien de plus, mais ce n’est pas la porte à côté pour les récupérer, avis aux prochains...

Et nos condoléances à la seule victime de cette sortie : le kit qui a explosé à cause d’une dudule mal fermée pendant la remontée... (éventré sur toute la longueur, on préfère pas vous montrer le corps).

N’hésitez pas à soutenir le S.S.F. par un don : http://ssf.ffspeleo.fr/index.php?option=com_ckforms&view=ckforms&id=9&Itemid=203

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