Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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170.1 - Spéléo et sanglier : attention quand vous entrez

Jean-Michel GUYOT

Les vacances, c’est fait pour se reposer. En août 2012 j’étais à Irazein en Ariège chez ma fille dans le fin fond d’une vallée perdue, et une maison isolée au milieu des montagnes. Le temps est au beau fixe avec un grand soleil, on pourrait même en profiter pour se faire bronzer. Sur le versant opposé, on voit une coulée de cailloux ressortant du feuillage des arbres. Ce tas blanc minéral contraste dans la verdure. Ma fille m’informe que c’est une ancienne mine de cuivre avec plusieurs entrées et qui traverse la montagne. Bien évidemment, je n’ai pas pris de matériel adéquat pour de la spéléo : je vous rappelle que je suis en vacances ! Mes sœurs et ma femme me connaissant me poussent à y aller faire un tour. Le jules de ma fille décide de m’y accompagner. J’ai bien une petite lampe torche, et le jules s’empare d’une lampe de chevet rechargeable par panneaux solaires.

Nous voilà partis à travers la brousse, car il n’y a pas de chemin. La recherche s’effectue par sillonnement du terrain avec une orientation rendue difficile par le manque de visibilité.

Nous parvenons à une première entrée, le jules m’emboîte le pas et nous nous enfonçons dans la galerie. Plusieurs bras partent dans différentes directions. Nous les explorons un à un : soit ils sont obturés à un moment, soit le plus intéressant descend très fort et finit vertical ; sans corde pas possible... Nous rebroussons chemin, moi avec ma lampe qui projette son faisceau à pas plus de 3 m, et le jules avec la lampe de chevet qui restitue les rayons solaires au compte-gouttes. Nous partons à la recherche de la deuxième entrée que nous situons plus à droite et plus bas. On y parvient enfin en suivant les courbes de niveau. C’est une petite entrée donnant à flan de montagne sur un méplat de pierres extraites de l’intérieur. Je rentre le premier à quatre pattes. Je fais quelques enjambées et j’entends un galopement de pas sourds résonné. Réaction immédiate, la fuite ! Je sors à plat ventre en courant. Le jules, resté dehors, a entendu le bruit. Qu’est-ce que ça peut être ? Par élimination, on présume un sanglier. Pensant qu’on lui a fait peur et qu’il sortirait, on se met à l’affut et attendons. Pas bête l’animal, il est bien mieux au frais que nous sous les 35°C. Je décide d’y retourner : je rentre à nouveau dans le petit orifice, sentant effectivement une odeur animalière dans cette grotte transformée en tanière. Rebelote, le galop se fait entendre, et j’ai même vu passer une ombre. De la même manière et avec la même rapidité, je suis ressorti, et ce coup-ci on est parti.

Vous comprendrez que je n’ai pas fait de photos pour agrémenter cet article, certes un manque de courage m’en aura empêché…

Topo et photo sur le site Aramond.

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