Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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178.3 - Exercice secours en Alsace

Sabine VEJUX

C’est en partant en Côte d’Or, plus précisément à Francheville, que René-Paul Jouvance, du Spéléo-club de Metz, me rappelle qu’est organisé par le S.S.F. 68 un exercice de spéléo-secours. Étant intéressée par celui-ci, je demande à Bruno Schroetter s’il peut m’y inscrire. L’exercice aura lieu les 20 et 21 avril au col de Silberloch en Alsace, plus précisément au HWK, le HartmannsWillerKopf, la montagne de la Mort. Pas très gai comme nom mais il y a une raison : il fait référence à la Première Guerre mondiale. C’est dans cette montagne que les Allemands firent leur observatoire. Et c’est à la fin de celle-ci que l’on déplora des milliers de soldats tués aussi bien du côté français que du côté allemand. Tout ceci n’est pas très joyeux mais il ne faut pas oublier notre histoire...

Pour cet exercice, je pars avec le S.C.M. dont la délégation se compose de 5 spéléos (Pierre Buzzi, Benoît Igier, René-Paul Jouvance, Bruno et Dominique Schroetter).

Samedi 20 avril, il est 6 heures du matin lorsque Pierrot arrive chez moi. Le reste de l’équipe se donne rendez-vous chez René-Paul à Metz. Le voyage se passe bien hormis une météo loin d’être avantageuse. Plus nous nous approchons de l’Alsace et plus c’est couvert. Avant d’arriver au col, petit arrêt à une boulangerie pour manger un pain au raisin. La journée va être longue et il nous faut prendre des forces. Pierrot et moi arrivons au lieu de rendez-vous à 8 h 45. Le reste de l’équipe vers 9 h 30 : elle est arrivée à l’heure, mais pas au bon col et de plus, là-bas, il y a de la neige. En attendant, avec Pierrot, nous aidons à l’installation de la tente P.C. et du matériel.

Les spéléos sont présents, mais d’autres corps de métier arrivent également : le SDIS 68, la gendarmerie, une équipe cynophile, le SMUR (un médecin, une infirmière et un ambulancier), un artificier, un démineur, ainsi qu’une cellule psychologique. Suivront également deux équipes télé (France 3 et une télé locale) ainsi qu’un photographe, le directeur de cabinet du préfet ainsi que quelques élus.

Éric Zipper, le conseiller technique responsable des opérations, me propose d’aller au P.C. afin de gérer les inscriptions. J’en profite également pour observer comment vont s’organiser les secours. Dominique prend place également au P.C. Vu la météo grisonnante et une température basse, on lui amène un petit chauffage car c’est toute la journée qu’elle fera un bilan de tous les appels qui permettront de connaître l’avancée des secours.

La mission est de retrouver un couple de deux jeunes spéléos partis découvrir les abris utilisés pendant la Première Guerre mondiale. Ils sont partis la veille et ne sont toujours pas revenus : leurs amis se sont inquiétés et ont déclenché les secours. Les équipes se constituent. Chaque spéléo a une mission précise. Il faut mettre en place des équipes de recherches, des équipes A.S.V… Pierrot, fait partie d’une équipe de recherche avec deux gendarmes. René-Paul, Bruno et Benoît partent avec l’équipe de recherche cynophile. Il est aux alentours de 12 h 30 lorsqu’elle revient avec la première victime. Elle ressort avec jute un poignet abîmé. Pas besoin de brancard, elle peut marcher jusqu’au P.C.

Pendant ce temps, Pierrot continue les recherches avec les deux gendarmes et un autre spéléo. Ils mettront du temps à trouver la deuxième victime qui était 50 mètres plus bas après un petit passage. Il est 14 heures lorsque finalement ils la trouvent. La deuxième équipe A.S.V. est déclenchée. Je demande à Éric si je peux en faire partie ce qu’il accepte : j’intègre donc celle-ci.

Michel, un spéléo d’Alsace est notre chef d’équipe. Nous sommes au moins neuf en comptant les trois personnes du SMUR. Le photographe est de la partie également. Ma mission est d’inscrire sur les fiches l’état de santé de la victime et, au fur et à mesure de son évolution, le transmettre à la radio. Le point chaud est mis en place par les autres spéléos tandis que le SMUR s’occupe de l’état de la victime qui ne cesse de se dégrader.

Entre-temps, les deux équipes télé arrivent ainsi que le directeur de cabinet du préfet et les élus. C’est le moment de filmer le secours sous le point chaud et d’interviewer Éric Zipper ainsi que l’équipe du SMUR.

La victime ressort vers 18 heures. À la sortie de l’abri, je retrouve Bruno et René-Paul qui doivent récupérer le matériel qui a permis de ressortir la victime (corde, amarrages, etc.). J’en profite pour rendre visite à Dominique qui a passé sa journée sous sa tente. Il est dans les environs de 19 heures lorsque l’exercice se termine. C’est également le rangement du matériel. L’apéritif nous attend !

Il est 20 heures. Éric Zipper nous réunit pour un débriefing. Après celui-ci, il est l’heure de manger. C’est un repas bien convivial : choucroute pour tout le monde ! À la fin de la soirée, certains repartent chez eux et d’autres dorment sur place.

Dimanche 21 avril, les spéléos se lèvent les uns après les autres. Après un petit-déjeuner toujours convivial, nous nous activons pour ranger le refuge. Une fois celui-ci nettoyé, Éric Zipper nous montre des attelles qu’il aimerait bien utiliser.

Il est dans les environs de 12 heures, lorsque les membres du S.C.M. décident de rentrer chez eux. Je repars de mon côté avec Pierrot.

En conclusion, malgré une météo assez mauvaise, je me suis fait plaisir à participer à cet exercice.

Un grand merci à tout le monde pour l’ambiance que chacun a su apporter ainsi qu’à Éric Zipper de m’avoir accueilli, à Isabelle et Anouchka de m’avoir montré comment gérer les présences des spéléos se portant volontaires pour un secours et également au S.C.M. de m’avoir prise avec eux. C’est une expérience à renouveler.

Pour ceux qui veulent découvrir l’histoire du HWK : http://www.lieux-insolites.fr/cicatrice/14-18/hwk/hwk.htm

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