Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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179.1 - Avancement des travaux au puits de la Haute-Borne dans le Spéléodrome

Jean-Michel GUYOT

Mardi 23 mars à 16 h 30, François et moi nous nous rendons au centre technique de Pulnoy pour prendre livraison des deux échelles neuves commandées et approvisionnées par le Grand-Nancy et destinées à l’équipement du puits de Haute-Borne dans le Spéléodrome. Je recule ma Laguna break à la porte du magasin du dépôt et nous prenons possession du colis, qui fait tout de même 6 mètres de long. Nous le présentons à coté de l’auto : ha oui, ça dépasse.

N’ayant pas trouvé d’autres solutions de transport, je dis, « Va falloir que ça aille ». On ficelle bien l’ensemble solidaire à la galerie, sans oublier les fanions de couleur fluo pour signaler le débordement devant et derrière. Je roule au volant du premier véhicule et François, dans le sien, me suis pour sécuriser le cortège.

Arrivés dans les bois, à la Haute-Borne, nous constatons les traces du reste d’un feu qui a même brulé les branchages au-dessus. Mais ce n’est pas tout, des canettes, un portefeuille, et lorsque nous voulons ouvrir la trappe nous constatons qu’elle a été fracturée : la vis de fermeture est perdue et les gonds cassés. Nous décidons de descendre les échelles tout en bas pour ne pas se les faire faucher. Heureusement, nous avions prévu les cordes nécessaires pour mener à bien cette opération. On a juste pris un peu la douche en bas. Je décide de virer les morceaux de ferraille et vieux bouts d’échelles pour ne pas les retrouver au fond du puits comme certains bouts de bois.

Dimanche 5 mai à 10 heures, Bertrand et moi nous nous battons pour accéder au local, tant le stationnement et la circulation sont difficiles à cause de la journée de fête au parc Sainte-Marie... Nous passons ensuite une belle journée sur nos 6 mètres carrés de béton, au calme dans la forêt, pour effectuer la découpe de ferrailles et les premiers essais du système de remontée des seaux.

Le système est articulé autour d’une corde directe de relevage, d’une poulie de déviation avec mise en tension réglable de l’extérieur, et d’une poulie de renvoi pour faire prendre à la première corde les deux virages dus au décalage entre l’axe de la trappe et celui du puits. Je suis en intervention de tronçonnage dans la cuvée lorsque soudain par inadvertance mes lunettes de protection chutent jusqu’au fond du puits. Je tente une récupération en descendant avec la corde installée mais parvenu à la hauteur de la galerie supérieure, le débit de l’eau sortant par là et celui craché par le trou en face, me contraignent à faire une conversion et à remonter rapidement. Déjà trop tard, car j’ai eu le temps de prendre une douche. Je n’ai jamais vu autant de débit ici.

Revenons-en au système, très sobre, une fois les bons réglages trouvés il va permettre d’extraire le tas de gravas du fond. Nous mettons l’appareil en situation pour remonter une grosse ferraille. Ce n’est pas sans huile de coude, et mentalement j’en viens à calculer approximativement le poids du porte-seau, le poids d’un seau vide, et le poids de son contenu, et croyez-moi ou non, ça fait, cela dit, un certain poids !

Il faut plus d’un petit pois dans la cervelle pour penser un tel mécanisme. J’évalue également la grosseur du tas par rapport au volume du seau, et la durée d’élévation du récipient, pour me dire qu’il nous faudra bien 10 ans... Le porte-seau a été réalisé par le Grand-Nancy et mis en peinture par François, merci à toi.

Dimanche 12 mai à 10 heures, Bertrand et moi nous sommes aux manœuvres de déblaiement. Jean-Baptiste passe nous voir le matin et l’après-midi pour nous soutenir moralement.

On trépigne d’impatience pour savoir si ça marche. Jusqu’ici, la théorie du principe semblait correcte. La tringlerie en filasse coulisse dans une série de cinq poulies. Un escabeau fait office de chèvre. Un renvoi vers le bas évite que l’escabeau ne se déplace lors de la traction horizontale au sol, manuelle ou tractée avec la voiture. Bref le seau n’a plus qu’à monter.

Je mets la néoprène pour descendre au fond tellement cela pisse fort. Je ne le regretterai pas, car du bas, le temps de remonter trois échelons à l’échelle, les bottes sont déjà remplies. Idem pour remplir le seau, quelques passages sous les cascades et il est plein. Plein d’énergie également, Bertrand qui tire sur la corde, ho hisse ho hisse. Trop dur, il faut que je vide le récipient. Manœuvre délicate, car je ne parviens pas facilement à retourner le tout, il me faut faire levier sur une rambarde. Je remplace l’eau par un pavé pour le monter à la galerie supérieure, et qui servira à lester le tuyau de siphonage. Rien que ça c’est déjà bien, et dans les conditions acrobatiques, les opérations prennent du temps. Bertrand essaye différentes versions pour tirer, avec les mains, avec les pieds, rien n’y fait. Coté temps, la météo est mitigée mais nous avons paré aux caprices extérieurs, entre averses et coups de soleil, avec l’aménagement d’une bâche sur toute la dalle.

À suivre, la suite des festivités aux prochains numéros, et il y en aura encore…

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