Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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184.2 - Un souterrain sous l’ENSIC

Christophe PRÉVOT

Fin octobre j’ai reçu un appel téléphonique du directeur du patrimoine immobilier de l’université de Lorraine. Lors de l’orage diluvien de mai 2012 (relire : Prévot, D. (2012) - « Orage diluvien record à Nancy », Le P’tit Usania n° 166, USAN, Nancy, p. 6-7) il y a eu une grosse inondation dans les locaux en sous-sol de l’École nationale supérieure des industries chimiques (ENSIC). Depuis, à chaque gros orage, de l’eau inonde les laboratoires. Finalement, ils se sont décidés à démonter l’habillage du mur et ont découvert… le sommet de la voûte d’un souterrain ! Ils décidèrent d’élargir en démontant le carrelage au sol puis de faire appel aux services de la ville et 2 égoutiers sont venus pour visiter la galerie. Après quelques mètres, et la peur d’être envasés, ils firent demi-tour et indiquèrent que ce n’était plus de leur ressort car cela devenait... de la spéléo !

Sur ces bonnes paroles, le directeur a donc effectué quelques recherches sur internet et a fini par téléphoner au président de la Ligue spéléologique lorraine, c’est-à-dire à moi. Après un premier rendez-vous raté, nous nous retrouvons, Daniel, président de l’USAN, Pierre, hydrogéologue, Jean-Michel, spéléo travaillant à la CUGN, et moi le mardi 29 octobre à l’ENSIC pour voir ce fameux souterrain. Nous constatons l’état de l’accès et la taille de la galerie puis prenons rendez-vous pour le 31 après-midi avec pour objectifs la visite complète du souterrain, la réalisation de la topographie et la prise de photographies.

31 octobre, 14 heures, Jean-Michel revient de Pierre-la-Treiche et nous attendons Pierre qui a retenu 14 h 30. Nous voici partis pour une petite heure d’exploration.

Le souterrain est ancien et pourrait correspondre à un vieux drain datant de la construction de la ville sur les anciens contreforts de la porte de la Craffe. Ce drain semble avoir été bouché lors des travaux à l’ENSIC vers 2003 au niveau des sous-sols. Nous pataugeons allègrement dans une boue nauséabonde, gluante et visqueuse. Jean-Michel est en tête et déroule le ruban du décamètre ; je suis en pointant les stations de mesure et en relevant les longueurs alors que Pierre effectue les mesures d’azimuts, note le tout et consigne ce qui paraît intéressant (conduits annexes, trappes d’accès au plafond, etc.).

Finalement nous arrivons assez vite à l’extrémité de la galerie et butons sur un mur. Dans le coin supérieur droit, un petit regard me permet de passer l’appareil photo pour prendre ce qu’il y a derrière. Nous retournons à l’entrée et faisons notre possible pour ne pas trop salir le laboratoire pendant que nous nous changeons. Le directeur a été rejoint par l’un de ses collègues. Après la séance, rapide nettoyage des lieux avec une raclette et nous voici dans une salle de réunion : Pierre effectue un premier report succinct des notes pendant que nous regardons les photos et échangeons sur l’orientation de la galerie. Finalement, le mur sur lequel nous avons buté se trouve être connu : avec les égoutiers, ils ont descendu dans une galerie depuis une trappe dans une rue et atteint ledit mur.

Il reste à trouver d’où vient l’eau lors des inondations : de la galerie amont au-delà du mur (auquel cas la ville aura des travaux d’étanchéité à effectuer) ou des divers conduits annexes qui drainent certainement les jardins et eaux de pluie tombant sur les toitures. En première approche empirique, nous proposons de poser des balles de ping-pong numérotées en plusieurs endroits et voir quelles balles arrivent au laboratoire : c’est à faire prochainement...

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