Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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197.1 - Mon premier week-end spéléo dans le Doubs

Marc GIACOMONI

Vendredi 5 décembre 2014 : préparation pour le gîte spéléo à Montrond-le-Château, environ 230 bornes à rouler. Nous nous donnons rendez-vous à 18 h sur le parking de l’hypermarché Auchan Lobau avec Doris et Olivier. La musique sera notre accompagnatrice pour ce trajet. Direction le Doubs ! Nous nous découvrons des passions communes (en plus de la spéléologie bien sûr), nous partageons et échangeons nos expériences, nous nous connaissons un peu plus à chaque parole. En spéléo, il est important d’une part de se connaître soi-même, et d’autre part ses coéquipiers.

En arrivant au gîte, Fanny nous attendait en faisant la sieste depuis deux heures. Benoît, Sabine et Arko ne tardent pas à nous rejoindre, ainsi que Chantal, son fils Maxime et son colocataire Jean. Nous ne nous connaissons pas et pourtant nous sommes déjà tous soudés par l’aventure dans les profondeurs !

À peine les courses rangées, une bouteille de vin est explosée au sol. Responsable ou non, tout le monde s’active pour nettoyer le désastre, c’est ça aussi la spéléo : l’entraide.

Nous nous endormons vers minuit, Arko le Terre-neuve de Sabine garde la demeure en sécurité (peureux comme il est).

Samedi 6 décembre : je suis le dernier levé ce matin, la motivation est bien là pourtant ! Un petit déjeuner de roi nous attend. Olivier dit que je ne pense qu’à manger, il faut bien des forces pour ce qui nous attend en bas ! Nous préparons (et vérifions) le matériel pour la grotte des Cavottes située à quelques minutes en voiture. Il fait 2 °C, mais la grotte nous conserve une température de 15 °C en moyenne, été comme hiver. Un bosquet au milieu d’un champ abrite les Cavottes. Nous descendons dans les profondeurs, la pénombre laisse la lumière derrière elle. Lors d’une sortie spéléo, il faut être méthodique, faire attention à ses gestes, ses différentes actions, c’est primordial pour la sécurité de chacun, personne n’a envie d’un drame à cette profondeur. On ne fait pas que découvrir les diverses salles composant la grotte, on se découvre soi-même aussi quelque part, et on découvre les autres. C’est comme plonger dans les profondeurs de l’âme. L’écho résonne tellement dans la grande salle dont le plafond atteint au moins 10 m par endroit ! C’est magique, éteindre les lampes et écouter le « bruit du silence », un voyage intérieur. Nous remercions Olivier d’avoir pris ses lampes de 9 000 lumens afin que nous puissions voir l’ensemble des cavités comme en plein jour ! Nous remontons en opposition et grâce à nos poignées, la fatigue est bien là, il est important de s’économiser. Soudain, nous percevons de nouvelles sensations, la fraicheur nous caresse le visage et les odeurs de lisière embaume à nouveau nos narines, les arbres semblent pousser dans la grotte, mais non ! Nous sommes dehors et il neige ! La nuit est tombée, déjà… Le monde aurait-il changé ? Le Temps n’est pas le même en bas…

Le gîte nous attend, et son « chafaud » aussi !

Dimanche 7 décembre : après une soirée où la musique a résonné aussi bien que l’écho dans les Cavottes, au rythme de nos discussions spéléo et autres, difficile de se réveiller pour les Ordons mais… c’est la motivation qui me jette hors du lit !

« P25 ça veut dire quoi ça ? Un puits de 25 mètres ??? » Nous savons ce qui nous attend maintenant. Une fois la descente amorcée, nous tombons au bout de quelques mètres au beau milieu de la salle, dans les airs, pendu dans le vide par une corde de 8 mm ! Wooowww ! Nous pouvons toucher le plafond, et nous sommes encore à une bonne douzaine de mètres de hauteur ! Les concrétions sont magnifiques et nous pouvons d’ors et déjà les observer depuis ce point de vue assez insolite. Il y a une chauve-souris perchée. Nous ressortirons au bout de deux heures passées sous terre et des paysages souterrains sublimes. Un autre monde ici-bas. Et dire que tout cela se forme dans l’obscurité la plus totale pendant des millénaires ! Nous remontons vers la Lumière à présent ! Ce qui n’est pas chose facile, il faut pomper sur les bras et les jambes maintenant !

Rangement du matériel au gîte et nettoyage ! Chacun s’active. Arko nous regarde d’un bon œil pendant que nous prenons notre dernier repas avant de repartir, 2 h 45 de route en sens inverse et des images plein la tête !

Les photos d’Olivier sur : http://photos.speleo.free.fr/category.php?cat=686&expand=1,483,686

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