Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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201.1 - Pâques 2015 en Belgique

Olivier GRADOT

Le week-end de Pâques 2015 a été l’occasion de découvrir une partie du patrimoine karstique belge de la vallée de la Meuse lors d’une sortie organisée par Sabine, Martial et Cécile. Ce fut de plus l’occasion de découvrir (ou redécouvrir pour certains) l’art culinaire belge et de savourer de délicieuses bières en provenance d’abbayes locales.

Vendredi 3 avril, 19 h : j’arrive à Heillecourt où une partie de la troupe (Chantal, de l’Entente spéléologique vosgienne ou E.S.V., Benoît, Sabine, Christophe et Théo de l’USAN) s’était donnée rendez-vous chez Sabine, Martial et Cécile étant déjà sur place depuis quelques jours. À 19 h 45, nos affaires sont chargées dans les deux voitures que nous prendrons, Harko étant paisiblement installé dans le coffre de la voiture de Christophe, tout est prêt pour le départ. Il nous faut environ trois heures pour rejoindre la province de Namur et plus précisément Profondeville (avec un nom comme ça...) où nous passerons nos nuits dans le gîte du Trou des Nûtons. Ce dernier n’est pas bien indiqué, aucune pancarte n’est là pour nous aiguiller. Nous faisons quelques allers-retours sur une petite route et finalement appelons José, qui viendra nous guider depuis la route principale. Dès notre arrivée dans le gîte, on est mis dans l’ambiance : cinq personnes sont arrivées avant nous, on se présente et je fais connaissance de Virginie (surnommée quelques moments plus tard « Tempête du désert »), Rudy et José (père de Virginie et qu’elle appelle « l’ancien »), tous trois de l’Équipe de grottologues mosans (E.G.M., Ardennes) ainsi que de Martial et Cécile de l’USAN. Sur la table du salon cinq bouteilles de vins ont déjà passé l’arme à gauche : ça promet pour le reste du week-end. J’aurai dû écouter les conseils de Benoît qui écrivait dans les jours précédents que ramener des bières en Belgique serait un sacrilège... J’ai eu en effet le malheur de proposer une bière du nord de la France (dont je tairai le nom) et je me suis fait recevoir comme un malpropre. Je retiendrai la leçon pour la prochaine fois, je dois bien avouer que mes « pauvres » bières ne pouvaient pas rivaliser avec les perles brassicoles qui nous attendaient au frais dans le garage du gîte. Nous passons quelques moments ensemble, on nous montre de vieux atlas des cavités belges. Nous décidons que pour les sorties des jours suivants nous nous diviserons en deux groupes et visiterons des cavités différentes afin de pouvoir avancer plus rapidement. Après quelques verres nous allons nous coucher dans les différentes chambres du gîte (toutes plus kitches les unes que les autres, les amateurs du genre doivent s’y régaler).

Samedi 4 avril. Nous nous réveillons tranquillement et prenons notre petit déjeuner. Je découvre les Luikse wafels, ou gaufres de Liège, qui sont un régal, le café me réveille rapidement. Les deux groupes se préparent, les kits sont vérifiés. Le premier groupe constitué de José, Benoît, Virginie et Rudy va visiter le trou des Nûtons, encore connu sous le nom d’abîme de Lesve, qui est proche, et partira à pied depuis le gîte. Mon groupe constitué des personnes restantes va aller visiter le trou d’Haquin, encore appelé la grotte du fond d’Hestroy, et qui est situé sur la commune d’Assesse. Nous chargeons la remorque de Martial avec notre matériel puis roulons en direction du parking proche de l’entrée de la cavité. À notre arrivée d’autres personnes sont déjà sur place et, d’après le matériel qu’ils emmènent, nous comprenons qu’ils vont visiter la grotte en passant par les passages ne nécessitant pas d’équipement de parois. L’un d’eux est en short... pas de commentaire.

L’entrée de la cavité est à cinq minutes à pied du parking, un petit ruisseau pénètre dans la grotte par son entrée : nous allumons nos lampes et entrons. C’est Théo qui équipe. Nous commençons notre visite par le parcours de la galerie des Trompettes en direction de la salle de la Cascade, ce passage suit le cours d’eau. Cette partie est très sympathique à faire et procure une ambiance proche de celle pouvant être ressentie en canyonisme, le bruit de l’eau résonnant contre les parois de la grotte est impressionnant. Quand nous arrivons à la salle de la Cascade, certains (dont je ne fais pas partie) sont encore secs. La traversée de la salle en direction du labyrinthe du réseau Est se fait en installant une main courante pour prévenir d’éventuelles glissades. Le bas de la salle présente un siphon où l’eau du ruisseau que nous avions suivi jusqu’alors continue son chemin. Le reste du réseau Est est sec (ce qui me va très bien sachant que je me suis fait correctement tremper avec ma technique du yoyo sous la cascade). C’est dans cette salle que nous croisons le premier groupe avec son spécimen de spéléo en short, ses pieds sont encore entiers et apparemment pas (encore ?) couverts de bleus, il n’a, en tout cas, pas dû avoir bien chaud durant cette sortie ! Nous continuons notre progression, et passons par quelques belles salles et quelques étroitures, nous traversons la salle des Cheminées puis arrivons dans une belle salle où nous passons sous une petite arche de calcite (la salle du Pont de calcite), un peu plus loin nous faisons une pause déjeuner dans la salle de Minuit. Sandwichs au pain de viande et fromages belges sont les bienvenus pour nous redonner des forces et nous réchauffer.

Après cette petite halte nous reprenons notre parcours dans le réseau Est où nous croisons de beaux spéléothèmes. Par endroits la roche est d’un joli blanc moucheté de points noirs. Martial et Cécile nous proposent de passer par le passage de la boîte aux lettres, aussi connu sous le nom du Cul de l’éléphant. C’est un petit boyau dans une roche noire et lisse par lequel on descend à la verticale sur quelques mètres en se ralentissant en opposition, c’est l’entrée supérieure qui a dû donner son surnom à ce passage, je ne décrirai pas pourquoi... Après ce passage amusant nous retournons dans la salle de la Cascade : Théo et moi remontons par les Trompettes pour déséquiper, le reste du groupe passe par un autre chemin sans corde. Je profite de la cascade pour me mouiller une fois de plus, car je commençais à sécher et il ne faut pas prendre le risque de déshydratation à la légère ! Une vingtaine de minutes plus tard nous sortons au jour et sommes accueillis par le soleil, ça fait plaisir ! Tout le monde a apprécié cette sortie et les décors variés de cette cavité.

Nous retournons au parking. Avoir une remorque pour y déposer le matériel sans crainte de salir les voitures est bien pratique. Nous retrouvons avec plaisir des habits secs et rentrons au gîte. À notre arrivée le deuxième groupe est déjà de retour et nos compagnons sont assis dehors et dégustent des bières dans des verres ronds. Je suis affamé et ça tombe bien, car ce soir nous allons découvrir la carbonade flamande (que Martial a commencé à préparer depuis plusieurs jours déjà). On se sert des bières : pour ma part je commence avec une Floreffe double que j’accompagne de sticks et bretzels alsaciens (incontournables salés de l’apéro). On se raconte nos sorties respectives, on échange nos photos et on regarde les vidéos que Théo et Martial ont prises avec leurs caméras. À tour de rôle on passe à la douche (à noter que sur ce point le gîte est assez mal conçu : la salle de bain principale comporte à la fois les douches et les toilettes, et les deux cabines de douche sont mitoyennes et constituées de parois transparentes).

Après un apéro soutenu nous passons à table. Pour accompagner la carbonade flamande nous avons droit à de copieuses portions de frites toutes fraiches que nous sommes allés chercher dans une friterie. C’est un régal ! Martial nous explique quelques étapes clés de la préparation (faire mariner la viande durant plusieurs jours avec du pain d’épice au miel et de la bière qui peut être blonde ou brune, pour nous ça aura été de la brune). Je fais honneur à mon assiette et me gave de frites jusqu’à n’en plus pouvoir en laissant juste la place qu’il faut dans mon estomac pour une (ou deux) gaufre(s) de Liège. Nous finissons la soirée entre rires, histoires et verres de bières avant d’aller nous endormir bien repus.

Dimanche 5 avril. C’est Pâques et c’est aussi l’anniversaire de José. Nous nous réveillons, ni trop tôt, ni trop tard, et prenons notre petit déjeuner agrémenté de quelques œufs en chocolat. Le groupe ayant visité la veille la cavité toute proche ira aujourd’hui au trou d’Haquin. Nous, nous irons au trou de l’Église situé sur la commune de Mont-sur-Meuse.

Le premier groupe part dans la fin de la matinée. Nous, nous sommes moins pressés par le temps et décidons de rester déjeuner au gîte. Je profite de la matinée ensoleillée pour faire sécher mes affaires dans le jardin alors qu’Harko garde le gîte longé à un banc. Théo retrace notre parcours de la veille sur le plan que lui a donné Martial. J’écris quelques lignes dans mon journal, Christophe corrige des devoirs de maths de ses élèves. Le temps étant ensoleillé, nous déjeunons dehors, Martial et Cécile nous ont préparé une omelette et Chantal nous a fait une salade pour l’accompagner. Nous gouttons en plus de ça à de bons pâtés et fromages locaux dont certains sont préparés avec de la bière belge (forcément...). Vers 14 h nous sommes en route pour Mont-sur-Meuse. Nous nous garons à proximité de l’église qui fait face à deux dolines par lesquelles on accède à la cavité. Durant nos préparatifs, je prends une photo de Christophe en train de boire de l’eau : j’ai la preuve en image qu’on en boit parfois en sortie spéléo !

Nous descendons au fond de la doline où un ruisseau s’écoule dans la grotte. Nos tenues ont intrigué des passants qui approchent et, pour certains, nous prennent en photo. Comme la veille, c’est Théo qui équipe sous l’œil de Martial. La première descente peut se faire à l’aide d’une échelle permanente, mais c’est mieux avec une corde. D’en bas on peut accéder à un réseau qui passe sous le cimetière de l’église : nous n’y allons pas car il est étroit et pas très intéressant, et nous continuons notre descente. Après avoir passé le Pas de la mort, nous décidons de parcourir la cavité par le bas et non par le plafond en l’équipant avec des vires comme c’était prévu au départ. Cela me va très bien car d’en bas les photos seront plus faciles à faire. La cavité est riche en concrétions et la progression se fait le long de jolis méandres. La Cathédrale et les Orgues valent le coup d’être vus, de même qu’une jolie vasque concrétionnée près de laquelle je passe cinq bonnes minutes à prendre des photos en jouant avec les éclairages. Théo me dit à ce moment là qu’il pense que je vais devenir fou lorsqu’on visitera la grotte du Crotot dans le Doubs en juin prochain (il dit ça car il sait que je m’y arrêterai tous les mètres pour prendre des photos). Après avoir passé quelques moments à progresser dans le méandre, nous faisons chemin arrière puis remontons en passant par la cascade : c’est un chemin très sympa. Nous retournons ensuite au Pas de la mort puis remontons en utilisant partiellement l’échelle.

À notre sortie le soleil est toujours au rendez-vous. Comme la veille tout le monde a trouvé la grotte très sympathique. Nous retournons aux voitures, nous nous changeons puis retournons au gîte. Nous y retrouvons l’équipe de retour du trou d’Haquin qui a été bien apprécié par eux aussi. Deux nouveaux compagnons d’aventure sont avec nous ce soir ; il s’agit d’Éric et deux amies qui ont aujourd’hui fait leur première sortie spéléo. Je profite de l’apéro pour faire quelques photos des personnes présentes, on visionne les vidéos prises par Théo, « Tempête du désert » me raconte sa sortie du jour et m’informe qu’elle s’est faite mal à l’épaule sur le chemin de la sortie de la grotte, heureusement que c’est une dure à cuire ;-). Nous buvons une flûte de mousseux apporté par José pour fêter dignement son anniversaire puis passons à table. Martial et Cécile nous gâtent une fois de plus avec des endives au jambon de compétition et une sauce béchamel préparée avec amour, c’est un régal. Nous continuons la soirée en dégustant des gaufres et du chocolat et Cécile nous fait le beau cadeau de nous jouer quelques airs avec son accordéon.

Lundi 6 avril. Après notre réveil et notre petit déjeuner nous commençons à préparer nos affaires pour le retour, Martial a eu la bonne idée de prendre le supplément « ménage » avec la location du gîte. Du coup nous n’avons pas perdu de temps en nettoyage. Théo, José et Rudy s’équipent et vont faire le trou des Nûtons en équipant avec des vires. Moi je choisis de partir aller faire un tour sur les draisines de Molignée avec le restant de la troupe.

Sur la route nous menant vers le point de départ de la balade nous passons par de jolis paysages vallonnés où se trouvent quelques jolis châteaux, pour certains en ruines et pour d’autres en bon état et habités. Nous passons par le village de Maredsous et apercevons sur ses hauteurs sa célèbre abbaye.

À 9 h 45 nous arrivons à destination et quelques minutes plus tard nous nous installons sur les deux cyclo-draisines que nous emprunterons pour notre balade ; Harko a l’air amusé par cet engin. Le temps est frisquet, aussi pédaler pour faire avancer les 120 kg d’acier des draisines permet de se réchauffer. La voie ferrée sur laquelle nous roulons suit la lisière d’un bois dans lequel poussent de nombreuses jonquilles, nous passons devant d’anciens fours à chaux et repassons à proximité des châteaux aperçus en voiture. Une demi-heure plus tard nous arrivons à l’ancienne gare de Falaën qui est la fin de notre parcours. Nous nous y promenons un peu à pied puis remontons sur nos destriers qui ont été retournés afin de faire le chemin du retour. Celui-ci sera moins sportif que l’aller, la légère pente aidant.

À 13 h nous sommes de retour au gîte, les autres sont déjà rentrés, nous déjeunons (et buvons notre dernière bière belge du week-end), puis, après avoir salué nos amis ardennais, faisons route vers Nancy. À Arlon, nous faisons une boucle par la fameuse salle d’escalade où Sabine doit récupérer des affaires. Je n’y étais jamais allé et je dois avouer qu’elle est très sympa ! Théo se verrait bien la remanier en un énorme parcours spéléo sur corde !

Aux alentours de 18 h nous arrivons au local du club à Nancy-thermal et y nettoyons notre matériel en provoquant une petite inondation... Nous retournons ensuite à Heillecourt et, après nous être salués les uns les autres, repartons chacun de notre côté avec l’impression d’avoir passé des mini-vacances plutôt qu’un long week-end. La Belgique nous aura offert beaucoup de beaux souvenirs, au plaisir d’y retourner faire d’autres cavités !

Un grand merci aux organisateurs pour nous avoir permis de vivre ce superbe week-end !

Les photos de Cécile, Christophe et Olivier sur : http://photos.speleo.free.fr/category.php?cat=702&expand=1,483,702

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