Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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213.3 - Progresser dans la connaissance de la faune souterraine lorraine

Christophe PREVOT

La biospéologie est l’étude du monde vivant à l’intérieur des cavités terrestres (on dit aussi du milieu hypogé). Elle a été inventée par Armand Viré (1869-1951) en 1895 avec des principes scientifiques simples : observer la faune cavernicole, prélever des individus dans leur milieu, les étudier et les décrire. Pour mener à bien ses études Armand Viré a même été jusqu’à créer un laboratoire souterrain dans une catacombe parisienne située sous le Jardin des plantes entre 1896 et 1910. Au début, il parlait de biospéléologie, mais il a abandonné le terme en 1904 pour former le mot de biospéologie, plus correct au niveau de la construction. Malheureusement, on trouve encore de nos jours des références à la biospéléologie ce qui est tout à fait incorrect...

La faune cavernicole peut être classifiée en trois catégories : les troglobies (espèces adaptées et inféodées au milieu souterrain ; typiquement : Niphargus et Cæcosphæroma), les troglophiles (espèces qui passent le plus clair de leur temps dans le milieu souterrain mais peuvent ponctuellement en sortir ; typiquement : araignées et insectes fréquemment présents dans les zones d’entrées des grottes) et les trogloxènes (espèces qui viennent ponctuellement dans le milieu souterrain pour un motif particulier comme hiberner, estiver ou se protéger ; typiquement : chauves-souris, serpents, rongeurs...).

En Lorraine, plusieurs scientifiques se sont intéressés à la faune cavernicole, certains dans le cadre de leurs études universitaires. Les plus notables pour leurs travaux dans ce domaine sont, par ordre chronologique : Lucien Cuénot (années 10-20), Paul Remy (années 20-30), Roger Husson (années 30-40), Andrée Tétry (thèse de doctorat, années 30-40), Bruno Condé (années 50-60), J.-M. Demange (années 60), F. Herriot et J.-P. Henry (mémoire de D.E.S., années 60), Jean-Luc Contet-Audonneau (mémoire de D.E.S., années 60), Matthieu Thomas (projet de L3, années 2000). Une liste des travaux publiés par ces Lorrains est disponible sur le site de la Ligue spéléologique lorraine sur la page de la commission scientifique.

De nos jours, peu de personnes s’intéressent de manière scientifique à la faune cavernicole en Lorraine. Heureusement, depuis une vingtaine d’années, Bernard Hamon (CPEPESC nationale) s’est engagé dans le référencement et le suivi de cette faune. Il publie régulièrement ses travaux dans Scories Spécial Biospéologie (S.S.B.) que nous recevons à chaque parution depuis le numéro 399 de 2012. Ce partenariat est dû à des échanges avec Daniel Prévot (1940-2016) évoqués d’ailleurs dans S.S.B. n° 414 d’avril-mai 2013 par Bernard ainsi : « L’U.S.A.N. nous a proposé par le biais de son président, Daniel Prévot, de diffuser parmi les spéléologues les informations biospéologiques parues dans S.S.B. Nous avons donné notre accord et établi une collaboration. Les données paraissent dans Le P’tit Usania, revue mensuelle de l’USAN. Le site est le suivant : http://usan.ffspeleo.fr. Un nouveau canal d’information est ainsi ouvert permettant de mieux connaître la biospéologie lorraine. » Ceci explique notamment pourquoi régulièrement vous retrouvez des extraits de S.S.B. en lien avec la faune que nous pouvons rencontrer en Lorraine dans les colonnes du bulletin du club.

En plus de l’USAN, Bernard Hamon est en relation avec plusieurs autres clubs et spéléologues de la région, notamment Jean-Marie Goutorbe du GERSM de Bar-le-Duc, qui le tiennent informé des découvertes de nouveaux cavernicoles, de l’évolution du nombre d’individus référencés, du milieu dans lequel vivent ces cavernicoles, etc. Ces échanges et la publication des observations et travaux permettent ainsi de progresser dans la connaissance de la faune souterraine lorraine que nous, spéléologues, sommes les seuls à pouvoir observer et prélever pour transmission à des universitaires ou biologistes pour étude.

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