Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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217.3 - Week-end découverte en Belgique

Olivier GRADOT

C’est le dernier week-end de mars que s’est déroulé un week-end découverte et perfectionnement organisé par José Prévot et qui a réuni l’Équipe de grottologues mosans (Sedan, 08), Adrénaline (Reims, 51), l’USAN et la section spéléo du CAF de Nancy en territoire belge dans la vallée de la Meuse. Cette année fut encore un bon cru !

Le vendredi 25 mars à 17 h je passe chercher Sabine et Harko, puis nous partons chez Jean-Luc qui sera notre « cocher » pour ce voyage. La route nous prend environ trois heures. Il fait nuit quand nous arrivons dans le village de Sommière et nous utilisons l’assistance téléphonique de José pour trouver le gîte d’en bas. Nous arrivons parmi les premiers alors que José, le chef d’orchestre, est aux fourneaux. Ses doigts de fées ont déjà préparé la quasi-totalité des plats qui seront dégustés sous terre ou au-dessus durant les trois jours que nous passerons ensemble. Je fais le tour du gîte, c’est grand, il y a beaucoup de chambres et de salles d’eau : nous serons bien installés. Je choisis une chambre au premier étage et y dépose mes affaires. Le reste des participants arrive petit à petit. En les attendant nous prenons l’apéro à base de bonnes bières belges et regardons les topos des cavités locales. Un fois tout le monde arrivé nous passons à table. Pour ce soir ce sera spaghettis bolognaises façon José (donc un régal). On continue de discuter des cavités à faire durant le week-end.

Comme j’avais déjà un peu regardé les topos je propose à certains de se faire le trou Bernard, m’entendant dire ça José me regarde en souriant et nous dit que ce trou est pour ainsi dire quelque peu étroit dans son puits d’entrée et nous conseille fortement de nous essayer aux légendaires étroitures belges en commençant par le trou Wéron. Nous constituons donc deux groupes, le premier sera encadré par José et Martial et ira au trou de l’Église. Il sera composé de Didier, Sylvie, Denis, Émilie, Yann et Cécile. Le second, dont je fais partie, ira au trou Wéron. Avec moi il y aura Sabine, Jean-Luc, Denis, Nathalie, Benoit, Rudy et Julien, Harko n’aimant pas les étroitures nous a indiqué qu’il préférait s’occuper de garder le gîte et faire des mots croisés pendant notre absence. Les deux cavités planifiées pour le samedi sont situées sur la commune de Mont (Yvoir). Ceci fait, il est temps pour nous d’aller nous coucher pour être en forme de lendemain.

Samedi 26 mars, On se réveille vers les 7 h, on prend notre petit déjeuner, certains ont le malheur d’oser se servir du Nutella (et là c’est le drame... chuuuuut !!!). Je me booste au café serré en évitant de manger des choses soumises à débat et 15 minutes plus tard je suis chaud patate. Le temps est pour l’instant correct, on prépare les kits et on charge les camionnettes. La route vers Mont nous prend une vingtaine de minutes. Nous quittons les autres devant l’église du village et montons nous garer devant le nouveau cimetière. On s’équipe et on marche jusqu’à l’entrée du trou Wéron qui se situe au fond d’une doline dans le bas du village. C’est Denis qui va équiper la cavité. On pénètre par une faille rocheuse puis on passe par un éboulis, on suit un méandre, puis un méandre, puis encore un méandre... Je commence à me demander si on va tomber sur une salle dans ce trou…

À un moment on hésite sur le chemin à prendre, Denis va vite faire un tour puis revient en arrière, ça passe pas alors on passe par le bas. C’est toujours relativement étroit (enfin disons que ça manque de volume) puis on arrive (enfin !) dans une petite salle. La suite semble étroite, certains s’essayent après avoir enlevé les baudriers et on s’accorde pour se dire que c’est chaud : on décide donc de manger dans cette mini-salle puis de sortir de ce trou de M... pour aller se faire le trou de l’Église qui ne devrait pas encore être déséquipé à cette heure. Au menu : salade de riz au thon servie dans des sachets zip-lock façon astronaute, pain, fromage et barres sucrées. Pour Nathalie c’est sans thon et pour Jean-Luc sans vinaigrette. Une fois rassasié on se fait la malle « vite fait » (enfin ça c’est relatif). Je remonte en premier avec Rudy. Le premier ressaut à passer me fait bien galérer, mon kit se coince, je me coince, je râle et à force de grogner, de donner des coups de pieds dans les parois et d’utiliser mes mâchoires pour tirer sur la corde j’arrive à passer. Du coup je pousse un cri d’ours pour me défouler... je suis trempé... Rudy pareil. Pendant toute la montée on y voit à peine à deux mètres tellement on dégage de vapeur. On sort en une demi-heure et on se rafraîchit enfin. Beau soleil dehors, ça c’est cool ! On rigole car on sait quand une tête va sortir de l’entrée au simple fait qu’un panache de vapeur s’en échappe.

Une fois tous dehors on va poser les cordes au camion de Nat et Denis et on descend le village pour rejoindre la doline d’où commence le trou de l’Église. On descend l’échelle fixe, le premier ressaut et on tombe sur l’autre équipe juste à temps pour leur dire qu’on va se charger de déséquiper. On profite enfin d’un peu de volume et de concrétions. J’aime bien ce petit trou : il est équipé de partout et du coup on en profite pour le faire par les plafonds et par le bas. Tout le monde s’amuse bien, les concrétions sont jolies, la vire installée au plafond est vraiment sympa à faire. Denis me laisse déséquiper quelques passages faciles et se charge des plus techniques. En voulant sortir on se perd un peu et Sabine nous dégote une sortie non indiquée sur la topographie.

Nous sortons du trou vers 18 h 30, on se change rapidement et faisons route vers le refuge pour y arriver vers 20 h. Les autres nous attendent depuis un bon bout de temps et ont patienté en buvant des bières sur fond de musiques issues de la playlist de José (des trucs psycho-anarchistes pour la plupart, bref de la bombe quoi !). On se douche et change rapidement puis nous venons rejoindre les autres pour l’apéro. Nous accusons directement José de nous avoir fait une blague avec le trou Wéron, ce dernier nous nargue en nous disant que celui-ci n’est pas étroit par rapport au trou Bernard que l’on voulait faire et que donc si le Wéron nous a découragé, il ne faut pas qu’on aille s’essayer au Bernard. On passe à table, ce soir c’est d’abord un bon gros bol de soupe bien chaude que tout le monde apprécie puis en plat de résistance c’est un « Chili Con José » ou « ratatouille » pour ceux qui pensent que le animaux ont une âme (pfff ! n’importe quoi !...) et que donc on ne peut pas les manger (mais réfléchissez un peu ! si Dieu ne voulait pas que l’on mange les animaux alors pourquoi seraient-ils faits de viande ???). On se régale tous, en tout cas, José nous a bien bichonnés. On est rejoint dans la soirée par Jean-Jean et Raphael. On choisit les cavités du dimanche, mon groupe complété de Jean-Jean ira à l’abîme de Lesves, sauf pour Rudy qui l’a déjà fait deux fois l’an passé et qui du coup rejoindra l’autre groupe qui ira au trou d’Haquin. On finit la soirée en discutant et en rigolant, c’est la bonne ambiance habituelle des soirées spéléos, quoi !

Le dimanche on se réveille et après le petit déjeuner on se sépare pour rejoindre les cavités. Didier s’étant fait mal au poignet au trou de l’Église décide de ne pas tenter le diable en forçant et restera au gîte pour aider Harko à finir ses mots croisés.

Arrivée à la commune de Lesve mon équipe passe devant le gîte du trou des Nutons que nous avions occupé l’année dernière puis nous nous garons non loin de là. On se change rapidement et Nathalie part en premier avec moi pour équiper. L’entrée est une diaclase située au fond d’une grande doline, Nat amarre les cordes à trois gros arbres puis descend vers l’entrée de la cavité. Je la suis et quand je la rejoins j’apprends qu’elle s’est fait mal à la main en ripant contre le rocher. Ça ne l’empêche pas de continuer à équiper et nous continuons notre progression par une succession de petits ressauts nous menant vers le P18 qui rejoint le fond de la cavité. On a de la chance, le fond du puits est sec, on va pouvoir descendre. Une fois en bas nous rejoignons le cours d’eau que nous descendons et remontons un peu, je m’arrête vite quand je comprends que la boue dont je suis en train de m’enduire sent les égouts à plein nez. Puant comme un chacal je rejoins le reste de la troupe et nous faisons notre pause déjeuner qui sera close par quelques agréables gorgées d’une infusion bien chaude que nous a préparée Nathalie qui avait rapporté son réchaud. On remballe ensuite et on remonte. C’est Benoit et Denis qui déséquipent. La remontée se fait rapidement, le plus dur étant de remonter la pente boueuse de la doline. Une fois tout le monde en haut, on profite du fait qu’il fasse beau pour une leçon de secours sur corde que Denis met en œuvre avec sa poulie, trois mousquetons et Nathalie qui lui servira de victime factice ; la technique utilise le poids du sauveteur pour faire balancier. Après cet interlude instructif nous profitons du temps qu’il nous reste pour aller jeter un œil à l’abbaye de Floreffe toute proche et passons à la boutique nous acheter quelques souvenirs liquides.

À notre retour au gîte les autres sont déjà en train d’étancher leur soif, Didier et Rudy sont au whisky : ça promet ! José s’est barricadé dans le coin cuisine pour qu’on le laisse bosser en paix. On se douche, on se change et on les rejoint, la soirée s’annonçant épique on se met aussi en condition avant de passer à table. Le fuseau lorrain que j’avais ramené en guise d’offrande nancéienne se fait dévorer et on est déjà bien chaud au moment d’attaquer le dîner. L’entrée est copieuse et elle devait sûrement contenir du gingembre, du bois bandé ou autre aphrodisiaque car soudainement nous voyons Didier (surnommé suite à cet évènement « La Poutre de Bamako », ou « La Poutrass’ » pour les intimes) monter sur les tables et entamer un langoureux strip-tease dans lequel il a tout mis en œuvre pour s’attirer les faveurs de la gente féminine présente. Les habits s’abattent un à un autour d’elles et quand arrive l’étape cruciale du sous-vêtement on se dit qu’il est assez chaud (fou ?) pour le faire. Et finalement non, la pudeur et la chasteté l’auront encore une fois de plus remporté sur le vice (gloire à notre Seigneur). Seule Sabine (rebaptisée dans la foulée « Café Gourmand ») semble désespérée de cette absence du « clou final » (non je rigole ce n’est pas vrai). L’entrée aurait suffi à nous caler mais nous poussons le vice avec du bœuf en daube jardinière afin d’être certains de galérer dans les prochaines étroitures.

Le repas fini, Nat et Denis nous montrent les images de leur dernière expédition spéléo en Thaïlande (où l’on fait des échelles spéléo avec des pneus de mobylettes) et la vidéo impressionnante du saut pendulaire que Denis s’est fait en mode « Do It Yourself » au porche de la Sarrazine dans le Doubs. On regarde ensuite d’autres photos et vidéos canyon et spéléo de différents clubs. Le reste de la soirée va rester TOP SECRET ; je dirai juste que nous avons profité lâchement de l’endormissement de quelqu’un pour en faire des photos compromettantes dans un paysage théâtral soigneusement élaboré. Chez les spéléos la devise « tu dors, t’es mort » n’est pas non plus à prendre à la légère...

Le lundi c’est le chant désaccordé d’un spéléo voulant imiter un coq qui nous réveille de bon matin. Aurait-il une raison de vouloir se venger de quelque chose ? Le petit déjeuner pris, deux groupes se forment. Un groupe ira au trou d’Haquin avec José et l’autre à la galerie des Sources avec Martial et Cécile. Comme j’ai déjà fait une partie du trou d’Haquin l’année dernière je choisis la deuxième option.

L’entrée de cette cavité se situe près d’une jolie rivière qui coule entre des collines boisées. Nous nous équipons et gravissons la pente raide et boueuse qui nous sépare de l’entrée. Cécile ouvre la trappe qui ferme la cavité et nous entrons. Notre chemin dans la cavité commence par une étroiture descendante (ce sera la seule d’ailleurs), le reste de la progression se faisant facilement. Le paysage est très joli, c’est bien concrétionné et de beaux couples stalagmites-stalactites sont présents un peu partout. Ce qui est triste c’est que la cavité est marquée par la bêtise humaine, eh oui beaucoup de spéléothèmes sont couverts d’une couleur rouge qui n’est pas naturelle mais a été causée par des bombes de peinture... J’apprends qu’il s’agît à priori d’une querelle relative à qui aurait découvert en premier la cavité... Voilà bien une raison pour agir aussi bêtement... passons... et espérons que les années pourront effacer ça... On continue notre parcours et allons jusqu’à la salle du Cierge où une stalagmite de bonne taille (la plus haute de la cavité) a été rompue (je crois aussi qu’il s’agit d’un acte de malveillance) et plus ou moins réparée (elle est en fait « plâtrer » et ne ressemble pas à grand-chose dans cet état). Je me demande si les personnes l’ayant réparée de la sorte pensent qu’un jour cette réparation sera cachée par de la calcite fraîche ?... Après cette salle nous faisons chemin arrière, passons l’étroiture d’entrée dans le sens de la montée ce qui est un peu plus dur qu’à l’aller, surtout avec un kit qu’on essaye bêtement de lever à bout de bras au lieu de le tirer (je parle pour moi), on redescend la pente en glissant sur les fesses, on se change et on rejoint les autres au refuge.

On se régale d’un sauté de porc accompagné d’une purée gourmande et on range nos affaires. José ayant pris l’option nettoyage avec la location du gîte nous gagnons du temps que nous pourrons utiliser pour retrouver Harko qui sans prévenir a décidé d’aller se promener tout seul dans le village. Une fois ce dernier de retour avec Denis, qui l’avait retrouvé, nous montons dans nos véhicules respectifs et rentrons tous chez nous bien contents de ce week-end.

Un grand merci à José pour l’organisation et les efforts fournis pour nous bichonner (c’est le mot !) et merci à tous pour la super ambiance et les bonnes tranches de rires.

Photos :

·  trou Wéron : https://www.flickr.com/photos/olivier_gradot/sets/72157666683370082

·  trou de l’Église : https://www.flickr.com/photos/olivier_gradot/sets/72157666664905482

·  abîme de Lesves : https://www.flickr.com/photos/olivier_gradot/sets/72157666766997596

·  galerie des Sources : https ://www.flickr.com/photos/olivier_gradot/albums/72157666294581230

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