Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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218.1 - Cinquantenaire du Rupt-du-Puits

Olivier GRADOT

Jeudi soir, le Rat : « Tu ne penses pas qu’avec la pluie ça risque d’être inondé ? »

Le Lynx : « Non, t’inquiète, ça met du temps à se charger. Et de toute façon c’est plus drôle. On regarde si on a pied et si le siphon ne nous aspire pas et on y va. »

La Rat : « OK… Et sinon je prends des pâtés lorrains ? »

Le Lynx : « Logique ! »

Samedi 11 juin, 9 h, j’arrive chez Théo, on charge son matériel et Christophe nous trouve quelques plans de secours au cas où le niveau d’eau dans le Rupt-du-Puits serait trop important. Il nous propose d’aller tester le Nouveau Réseau pour voir si cette cavité peut être utilisée en initiation et le gouffre de la Comète. On prend donc les topos avec nous et partons vers le local prendre de quoi équiper. Ceci fait on se rend compte que l’on n’a pas pris la clé fermant la trappe du Rupt-du-Puits et on refait donc une boucle chez Théo avant de partir pour la Meuse. Le temps nous donne plus l’impression d’être fin novembre plutôt qu’en début juin... pluie et brouillard. En passant par Lisle-en-Rigault nous faisons une halte pour goûter les pâtés lorrains locaux (on n’en avait que quatre et on avait peur de manquer.), nous en achetons deux et nous pensons qu’il serait de bon augure d’aller les manger à côté de la résurgence du Rupt où un nouveau chemin a été fait il y a peu à l’occasion du cinquantenaire de la première plongée dans le réseau et qui est fêtée ce week-end sur la commune de Robert-Espagne. Nous nous garons donc au sommet du chemin et dégustons nos pâtés en marchant vers la résurgence. Le ruisseau n’est pas bien haut : du coup on est plutôt confiant pour le réseau, ça va le faire ! On retourne garer la voiture au bord de la route, on s’équipe, et direction le puits artificiel d’entrée. Nous constatons que la forêt commence petit à petit à être dégagée des nombreux arbres ayant été mis au sol lors de la dernière tempête, mais il reste encore pas mal de boulot pour tout enlever, encore une fois on peut dire que les spéléologues ont eu de la chance que le puits ne soit pas affecté.

On arrive au puits et on ouvre la trappe, le comité d’accueil est déjà présent, un nuage de moustique s’envole. Sur le coup on se dit qu’ils sont tous sortis… Théo descend en premier et après quelques mètres je l’entends me crier « XXXXXX y’a des tonnes de moustiques là-dedans ! ». Peu après j’entends « libre » et entame ma descente. Et en effet, le comité d’accueil est bien fourni, heureusement ce n’était que des moustiques mâles, sinon c’était la malaria, la dingue ou autre virus assuré. Quand je retrouve mon binôme il est tout content d’avoir trouvé une lampe frontale au bas du puits, sûrement quelqu’un qui a préféré la perdre plutôt que de se refaire l’aller-retour dans le puits. Le niveau de l’eau est plus haut qu’à notre dernière venue en février mais ça le fait, ça ne monte qu’à hauteur des cuisses ou de la ceinture dans les trous. On avance à contre-courant, ça fait les cuisses et on se dit que le retour va se faire tout seul. Notre objectif du jour est d’aller se faire plaisir dans les cascades, on a donc fait rapide avec pour seul détour une session photos dans la galerie des Marmites et une pause pâté au pied de la vire qui surplombe la zone des cascades, après c’était direction la flotte : on s’est amusé comme des gamins à la piscine ! Si l’eau avait eu 10 °C de plus, on y aurait passé la journée. Vingt minutes et quelques rires plus tard nous avons nos combinaisons comme neuves : plus une trace de boue !

Comme on voulait encore se faire d’autres cavités on s’est dépêché de retourner au puits sans pouvoir s’empêcher de faire un crochet par la galerie des Dents de requins d’où on est vite ressorti vu la peuplade de moustiques qui y organisaient un festival. Surprise, lorsqu’on arrive au puits, une deuxième corde a été installée, on crie pour voir si personne ne s’apprête à descendre et on nous indique depuis la surface que la corde est prévue pour la journée de dimanche, on nous demande la hauteur du niveau d’eau et on répond que ça passe bien. Théo remonte en premier, le temps de sa remontée je me mets hors de la portée d’éventuelles chutes de cailloux et je fais bien car il en tombe quelques-uns. Une fois la corde libre je remonte, maudis encore une fois les moustiques et retrouve Théo à la surface.

Deux hommes sont avec lui, ils sont venus vérifier l’équipement ainsi que le balisage installé autour de l’entrée du puits. On discute un peu avec eux puis on retourne à la voiture. On regarde le livre que Christophe nous a prêté pour localiser l’entrée du Nouveau Réseau qui n’est qu’à trois ou quatre kilomètres de nous. Pour gagner du temps on reste en combinaison, on garde les baudriers et les bottes pleines d’eau et on y va en voiture après avoir vite protégé les sièges avec des sachets plastiques. On a l’air fin comme ça… allez hop ! On en profite pour se faire un petit selfie souvenir. On roule jusqu’à la route forestière d’où on accède au réseau, au départ on se trompe, on voit une mini doline non indiquée sur les plans et comme de l’eau se jette dans un trou au fond de cette dernière on attache notre corde à un arbre pour aller jeter un coup d’œil, sait-on jamais… Mais non, nada… La première ce ne sera pas pour cette fois. Du coup on regarde à nouveau le plan, on comprend l’erreur qu’on a faite et on se gare un peu plus loin. On trouve la doline d’entrée. Un gros arbre s’est abattu au travers de cette dernière, mais pour l’instant il ne bouche pas l’accès à la cavité. Théo descend en premier et dès l’entrée il me dit « Sainte-Reine c’est carrément propre à côté d’ici ». Je le rejoins, et en effet c’est le bain de boue direct. Les combis n’auront pas été propres bien longtemps. On descend le P10 qui est assez joli, à noter que quasi tous les spits sont hors d’usage et que la barre métallique à laquelle on s’est accroché pour descendre le puits mériterait d’être scellée. On continue notre chemin dans une petite galerie puis dans un petit méandre super boueux et, par-dessus le marché, complètement infesté de moustiques. J’avance derrière Théo qui les réveille tous pendant son passage alors je vous laisse imaginer le régal. Arrivé au bout du méandre, j’en ai quelques-uns coincés dans la gorge ce qui provoque une crise de rire chez mon binôme.

Comme mon niveau de salissure est assez extrême et que du coup je n’ai plus adhérence sur rien, je décide de ne pas m’amuser à descendre le ressaut menant au ruisseau final et j’attends tranquillement Théo qui va y faire un tour. Ceci fait, on se dépêche de sortir. Une fois dans la forêt on ressemble à deux croque-mitaines sortant des marais. On profite de flaques d’eau pour essayer de se décrasser un peu, Théo appelle Christophe pour lui dire qu’on vient de sortir de terre et ce dernier nous invite à venir dîner à la rencontre spéléo à Robert-Espagne où il se trouve. On se change et nous rejoignons donc les collègues spéléos et plongeurs qui participent à l’événement.

À notre arrivée tout le monde est à l’apéro, Christophe nous montre l’exposition qui est fort sympathique et le stand bien fourni où de nombreux ouvrages spéléos sont disponibles. Un collectionneur d’autocollants spéléos est venu exposer ses pièces que je photographie, je bloque sur le nom amusant d’une association de Lunéville « Les petits rats de l’eau pourrie » voilà un nom original !

Nous passons ensuite à table et j’ai le plaisir de manger non loin de José ce qui, comme tout bon spéléo le sait, est une garantie d’avoir de l’ambiance au taquet. Le dîner se passe donc dans la bonne ambiance, ambiance qui monte encore quand les extraits de mirabelle « spécialités locales » commencent à se déverser dans les gosiers. Le dîner champêtre proposé était bien bon, cochon grillé, salade, gratin dauphinois, fromage et pâtisserie en dessert. À onze heures, repus et commençant à fatiguer Théo et moi disons au-revoir à la troupe des joyeux fêtards et retournons sur Nancy où nous serons trop fatigués pour laver le matériel de suite, ça attendra demain !

Un grand merci à tous pour le repas et l’accueil chaleureux à Robert-Espagne, à prof de corde pour toujours être partant et merci aussi aux moustiques femelles d’avoir évité de s’inviter dans les grottes.

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