Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
Accueil du site > Le P’tit Usania > 2016 > 218 - Octobre 2016 > 218.3 - Cap sur la faune cavernicole de Lorraine

218.3 - Cap sur la faune cavernicole de Lorraine

Léopold Martin (CPEPESC Lorraine)

Du fait de son passé paléoclimatique, géologique et historique, la Lorraine possède bon nombre de cavités souterraines d’origine naturelles (diaclases, grottes, etc.) ou anthropiques (mines, forts militaires ou carrières). Ces cavités souterraines constituent de véritables écosystèmes présentant des caractéristiques physiques et biologiques tout à fait particulières et abritant une faune étonnante.

Dans le cadre d’un stage volontaire de Master 1 réalisé au sein de la CPEPESC Lorraine (Commission de protection des eaux, du patrimoine, de l’environnement, du sous-sol et des chiroptères) durant les mois de juin, juillet et août 2016, mon objectif était d’étudier cette faune cavernicole, également appelée hypogée. De cette étude vont naître deux travaux.

Le premier est une synthèse bibliographique de biospéologie visant à répertorier, à l’échelle de la Lorraine, l’ensemble des espèces animales vivant ou ayant vécu en milieu cavernicole. Ce travail participe à entretenir les connaissances de biospéologie qui s’accumulent en Lorraine depuis maintenant plus d’un siècle notamment grâce à l’impulsion des premiers passionnés du 19e siècle tels que Husson ou Godron, puis grâce aux nombreux chercheurs qui les ont suivi tout au long du 20e siècle jusqu’à nos jours. Pour cela, un important travail de compilation de données a été réalisé avec l’aide précieuse de Bernard Hamon, l’un des fondateurs de la CPEPESC et passionné de biospéologie, des salariés et des bénévoles de la CPEPESC qui m’ont fourni leurs données d’observation de cette faune souterraine et de la LISPEL (Ligue spéléologique lorraine) qui m’a accordé le droit de consulter quelques ouvrages scientifiques introuvables ailleurs.

Au total, cette synthèse compile 265 espèces pouvant se retrouver en milieu souterrain. Parmi elles, certaines telles que les Niphargus sont de véritables cavernicoles, appelés aussi troglobies, parfaitement adaptées à ce milieu et ne pouvant vivre ailleurs. Toutefois, la plupart des espèces n’effectuent qu’une partie seulement de leur cycle vital en milieu cavernicole (pour estiver comme certains lépidoptères ou pour hiberner comme les chiroptères), ou s’y retrouve de façon accidentelle comme c’est le cas pour certains amphibiens. La majorité de ces espèces (201 sur 265) fait partie du groupe des invertébrés dont près de la moitié appartient au taxon des insectes. On recense enfin 64 espèces de vertébrés dont 46 de mammifères, neuf d’oiseaux, sept d’amphibiens et deux de reptiles.

Le second projet est un guide de terrain pour l’identification d’espèces cavernicoles. Ce guide, qui sera mis à la disposition des salariés et des bénévoles de l’association, ainsi qu’aux autres utilisateurs du monde souterrain tels que les spéléologues, a pour but d’améliorer la connaissance de la faune cavernicole et de sensibiliser les utilisateurs de ce guide à l’importance des écosystèmes souterrains.

En plus de cela, ce guide pourrait permettre d’alimenter une future base de données spécialement dédiée à la faune souterraine, s’inscrivant ainsi dans une démarche plus globale d’étude et de protection des milieux souterrains de Lorraine, qui, comme les milieux épigés sont menacés par les changements climatiques, les modifications de l’habitat et la pollution.

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0