Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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220.1 - Les sessions meusiennes du Rat et du Lynx – Volume 1

Olivier GRADOT

« Le plus gros du boulot avec les trous paumés, c’est déjà d’en trouver l’entrée », Éliane Prévot

Lundi 29 août 2016 : « Parfois ça veut vraiment pas ! »

C’est mon dernier jour de vacances et pour en profiter jusqu’au bout, j’ai décidé d’accepter l’invitation de mon prof de corde, aka. Théo, afin d’aller faire ensemble quelques cavités meusiennes peu fréquentées.

8 h 45, les pâtés lorrains sont achetés et j’arrive au local USAN que Christophe est venu m’ouvrir. J’y charge le matériel, Christophe m’indique de prendre de la corde de 10 mm car en Meuse sauvage « ça frotte ». Une fois prêt, je prends la RN4 et roule vers Trémont-sur-Saulx où je rejoins Théo chez Éliane. Après un café nous partons sous un beau soleil vers les bois locaux avec pour objectifs le gouffre de la Belle Épine et le gouffre de la Béva. Nous quittons la route pour nous garer sur un chemin forestier et étudions la carte consignée dans L’Écho des cavernes meusiennes. De prime abord ça avait l’air très simple à trouver... Théo me propose de commencer par localiser l’entrée et s’équiper ensuite. Malin comme je suis, je lui réponds que ça nous fera perdre du temps et du coup c’est en combinaison et chargés de nos kits que nous rentrons dans la forêt.

La première difficulté se présente à nous rapidement, plusieurs tempêtes s’étant abattues sur les bois depuis l’élaboration de la carte en notre possession, il n’est pas facile de s’y repérer et encore moins d’y avancer. C’est un véritable champ de ronces où les jeunes arbustes ayant poussé les uns contre les autres forment des murs discontinus au travers desquels il est pénible d’avancer, on s’accroche à tout et on n’y voit pas à 5 mètres. Comme seul repère nous avons la phrase « suivre l’alignement de dolines »... Mouais... Suivre un alignement de dolines en Meuse c’est un peu comme suivre un alignement de dunes dans le Sahara... Deux heures passent, on a bien fait quatre allers-retours sans rien trouver et on a chaud à crever... La seule doline pseudo compatible que l’on a croisée présentait deux zones d’éboulis, ça descendait entre les blocs tombés mais on ne savait pas ce qu’il y avait après... Étions-nous dans la bonne doline ? (Nous apprîmes plus tard que non, et que pour accéder à la Belle Épine il faut en premier lieu débroussailler un gros tapis de ronces, logique que nous ne l’ayons pas trouvé). Dépités nous ouvrons nos kits, nous nous asseyons à l’ombre et mangeons notre premier pâté avec un petit sentiment de défaite... Pas grave nous avons encore la Béva pour nous amuser.

Afin de ne pas perdre de temps nous restons équipés et prenons la voiture pour nous garer un peu plus loin. Heureusement le chemin menant à la Béva est correct et nous trouvons rapidement la petite doline où se trouve la buse d’entrée... Sauf que ça aurait été trop simple ! En effet un gros tronc se trouve dessus et dans la configuration où il se trouve, descendre nous semble dangereux. On essaye de le pousser, en y allant à deux on arrive à le faire bouger, on continue et là... catastrophe ! Le tronc bascule, l’une de ses extrémités vient soulever l’anneau supérieur de la buse et se coince entre ce dernier et celui du dessous... nous voilà bien avancés... On essaye de rétablir la situation mais ça ne marche pas et on a peur de casser la buse en jouant trop à faire du yoyo avec. Théo réfléchit et installe un système de palans avec la corde, des mousquetons et nos descendeurs, on s’y accroche avec nos poignées et on met tout notre poids en tension... Ça tire ! Quelques minutes après la buse est à nouveau dans sa position d’origine et le tronc ne nous dérange plus : on va enfin pouvoir faire de la spéléo ! Il est déjà 16 h 15... Théo équipe le P35 d’entrée et rapidement j’entends « libre » et descends à mon tour : au moins on n’a pas fait tout ça pour rien, le puits est très chouette, beau volume, je me fais plaisir. Une fois en bas on ne traîne pas et on se dirige vers le collecteur. Dans l’un des affluents y menant, Théo remarque la présence de Niphargus que nous prenons le temps de photographier. On rejoint ensuite le collecteur dans lequel il faut avancer à quatre pattes et on remarque vite qu’une paire de gants néoprène serait la bienvenue. On fait quelques dizaines de mètres puis on se concerte : il y a presque un kilomètre à faire pour arriver au siphon qui relie la Béva au Rupt-du-Puits, nous n’avons pas de gants adaptés, l’heure tourne... OK ! On remet le siphon à plus tard, il est temps de ressortir. Sitôt dit, sitôt fait, nous revoilà dehors sous le soleil. On remballe la corde, on retourne à la voiture, on se change, on mange un pâté et c’est parti vers Nancy. Après un passage au local pour nettoyer le matériel je ramène Théo chez lui : il est quasiment 21 h. Nous racontons nos déboires en série à Christophe qui rigole bien mais tique lorsque nous lui parlons des Niphargus. D’après lui cette station n’est pas enregistrée et ça mériterait de réaliser un prélèvement. Eh bien voilà : nous l’avons trouvé notre bonne raison de retourner à la Béva !

Photos de la journée : http://www.flickr.com/photos/olivier_gradot/sets/72157670029370244/with/28743287704

La suite dans le prochain numéro...

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