Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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223.2 - Villers-lès-Nancy (54) : galeries souterraines de Hardeval. Le site de Cæcosphæroma burgundum : nouveau bilan intermédiaire 2017

>Bernard Hamon, CPEPESC nationale (extrait de S.S.B. n° 477, janvier 2017, CPEPESC nationale, Besançon)

En mars 2013 nous présentions les premières données recueillies sur la station souterraine de Villers-lès-Nancy qui accueille une population de Cæcosphæroma burgundum dans le réseau de Hardeval. Nous évoquions ainsi les historiques avec les circonstances de la découverte, quelques aspects sur le biotope, l’ensemble couvrant la période 1993-2013. (N.D.L.R. : voir Hamon B. - « La station de Cæcosphæroma burgundum, Dollfus, 1896, de Villers-lès-Nancy (54) : premières données », in : L.P.U. n° 221, janv. 2017, p. 2-4).

Depuis 2013, cette station, la 13e qui, en Lorraine, accueille cet Isopode stygobie, se dévoile au rythme des témoignages, observations, photographies... qui grossissent le capital des connaissances permettant de mieux la cerner. Des informations plus anciennes ont pu également être obtenues. Les spéléologues, dont les plongeurs, sont les principaux informateurs. Citons de manière non exhaustive : P. Admant, B. Discours, J.-M. Lebel, D. Lefèvre, D. Prévot, Chr. Prévot, P. Revol...

Les connaissances recueillies, dont celles qui nous sont parvenues, ont été régulièrement diffusées par le biais de bulletins ou revues comme S.S.B. (n° 327, 413, 456 et 473 pour les principaux), L.P.U. (n° 176, 185, 187, 202 et 205), Spéléo L (n° 17/2008 et 25/2016), Bulletin n° 53/2015 de la S.H.N.M., ou encore « Sous Terre » (mars-avril 2016). Nous voyons qu’une dynamique s’est engagée autour de ce milieu de vie cavernicole que d’autres informations relatives à Niphargus virei, qui partage cet habitat avec Cæcosphæroma, ont enrichi (S.S.B. n° 418, 424 et 426). Les informations ainsi recueillies tant sur les effectifs visibles des isopodes que sur les biotopes fréquentés permettent de proposer un nouveau bilan intermédiaire sur la station.

Date

Secteur du réseau concerné

Nb d’Isopodes observés

Sources

1993

Sur le réseau

> 1

P. Revol / USAN

Avant 2001

Réservoirs, à l’œil du réseau

20 à 30

J.-M. Lebel (en plongée). Comm. pers. de D. Prévot le 21/8/2012

Janv. 2006

Puits de Clairlieu

> 2

P. Revol, in litt. du 28/4/2007

21 et 22 oct. 2006

Sur le réseau

> 1

C.R. des Journées scientifiques de la spéléologie

2012

Sur l’ensemble du réseau

> 50

Estimation proposée par D. Prévot, in litt. du 19/8/2012

Févr. 2013

Puits de Clairlieu (abords)

> 1

Cliché de Chr. Prévot, in litt. D. Prévot du 20/2/2013

2/12/2013

Puits de Clairlieu

> 1

P. Admant (in L.P.U. 187/2014)

16/12/2013

Puits de Clairlieu

> 1

USAN (in L.P.U. 185/2014)

1er trim. 2015

Puits de Clairlieu

> 1

Chr. Prévot (in L.P.U. 202/2015)

6/9/2015

Puits de Clairlieu - Bassin de rétention

100 ± 5

Chr. Prévot. Clichés. In litt. D. Prévot du 7/9/2015

24/8/2016

Puits de Clairlieu - Bassin de rétention et trottoir de la galerie (abords)

> 200

Chr. Prévot. Clichés. In litt. Chr. Prévot du 1/9/2016

Figure I : Villers-lès-Nancy (54). Réseau de Hardeval. Historique des données recueillies sur l’Isopode Cæcosphæroma burgundum (1993-2017)

L’existence d’une importante population d’Isopodes est désormais attestée dans ce secteur du karst bajocien (Figure I) : celle-ci témoigne d’un certain dynamisme. Elle comporte plus de 200 individus décomptés, simultanément présents en août 2016. Plus généralement, il apparaît que les Cæcosphæroma se répartissent sur la totalité du réseau accessible avec, semble-t-il, des zones d’occupation plus marquées — voire préférentielles. Les décomptes de 2015 et 2016 effectués au droit du seul puits de Clairlieu et de ses abords immédiats suggèrent que des comptages futurs pourraient surprendre davantage. L’extension territoriale de cette communauté de Villers dans le massif calcaire demeure mal connue : le réseau accessible de Hardeval montre qu’elle s’étend au moins depuis le puits de Clairlieu jusqu’à l’œil de la galerie principale. L’habitat d’origine pourrait se situer dans une nappe de hauteur du massif, située à environ 15 m de profondeur, coupée par les puits qui desservent le réseau, ce qui demeure délicat à observer. Par contre, dans la partie profonde — et artificielle (ancienne mine de fer / galerie drainante) — à ‑60 ± 5 m, les Isopodes ont été observés dans les biotopes suivants :

·  espaces d’eau calme, à très faible courant : bassin à la base du puits de Clairlieu, vasque située près du puits Saint-Julien, réservoirs terminaux du réseau au débouché de la galerie : les Cæcosphæroma vivent alors soit sur les fonds sablo-limoneux, soit contre les parois des structures — en l’occurrence en ciment ou béton.

·  espaces d’eau active, dans des courants : nous les trouvons dans la rigole d’écoulement de l’eau de la galerie, contre les parois de bordure, sur le trottoir, au niveau de zones latérales d’arrivées d’eau.

L’attention portée par les observateurs à ces secteurs plus précis a apporté des informations liées à ces biotopes — le puits de Clairlieu notamment. Cela a permis de montrer l’aptitude des Cæcosphæroma à former d’importantes concentrations d’individus en des points précis et en des temps donnés : ces rassemblements paraissent en effet limités dans la durée puisque d’une visite à l’autre, aux mêmes endroits, plus rien n’est observé. Ces mouvements constituent un des innombrables pôles d’intérêt que peut présenter cette station.

Le domaine artificiel du réseau de Hardeval est la continuité du karst naturel dans lequel il s’inscrit pleinement. À ce titre et au point de vue biologique, il en est le miroir : c’est là que réside un de ses intérêts majeur pour mieux approcher et étudier la faune souterraine.

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