Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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228.3 - Herpétofaune dans des milieux souterrains lorrains

Bernard Hamon, CPEPESC nationale (extrait de S.S.B. n°460, janvier 2016, CPEPESC nationale, Besançon)

Voici venu le temps des bibliographies... Après l’excellente bibliographie que l’ornithologue Y. Muller a consacrée aux oiseaux de Lorraine et d’Alsace, C. Léger est sur le point de sortir celle qu’il a rassemblée sur les chiroptères de la région, à la demande de la CPEPESC Lorraine. Dans le même temps, M. Renner a bien engagé la bibliographie relative à l’herpétofaune régionale (S.S.B. n° 441 de nov. 2014). Bien que consacré essentiellement aux invertébrés cavernicoles, S.S.B. a abordé dans ses colonnes ponctuellement ou dans des inventaires biocénotiques, la présence des vertébrés trogloxènes. Un petit récapitulatif sur la présence de l’herpétofaune sous terre, enrichie de quelques informations non publiées par nos soins, nous semble donc d’actualité. Sur le sujet, sont parues au moins deux formes d’informations :

·  celles résultant des inventaires globaux, les listings généraux de la faune souterraine lorraine. Les espèces ne sont pas citées ; seuls les classes et les ordres sont indiqués. L’herpétofaune est ainsi visée dans les S.S.B. n° 337, 342, 361, 369, 394, 419 et 449.

·  celles citant avec précisions les espèces observées dans des milieux souterrains ou limites ; cinq espèces trogloxènes sont répertoriées :

·  Bufo bufo : S.S.B. n° 352, 355, 380, 408 et 426 ;

·  Rana esculenta : S.S.B. n° 352 et 380 ;

·  Salamandra salamandra : S.S.B. n° 320, 355, 407, 108 et 449 ;

·  Triturus alpestris : S.S.B. n° 355 et 408 ;

·  Anguis fragilis : S.S.B. n° 339.

Les sites souterrains concernés se situent respectivement à :

·  Longeville-lès-Saint-Avold (57) : mine du Castelberg : n° 355 et 408 ; mine du Haut bois : n° 352 ;

·  Baerenthal (57) : souterrain du Ramstein : n° 380 ;

·  Villers-lès-Nancy (54) : galerie de Hardeval - Spéléodrome : n° 426 ;

·  Novéant-sur-Moselle (57) : caves souterraines du Rudemont : n° 339 ; galerie drainante du lieu-dit Le Clou : n° 449 ;

ainsi que dans des émergences de surface à :

·  Vitry-sur-Orne (57) : fond de Beuvange : n° 320 ;

·  Avril (54) : source près de Pérotin : n° 407.

D’autre part, nous avons pu occasionnellement recueillir des données sur l’herpétofaune dans d’autres habitats souterrains ou limites ; nous les listons dans le tableau ci-dessous :

Département & commune

Lieu-dit

Espèces observées

Source(s)

54 - Martincourt

Grotte de Grimo Santé

Salamandra salamandra

S.C.M. (B.H. & D. Morin, 1980)

S.C.M. (11/11/2015)

54 - Longuyon

Gouffre AV2 (forêt Buré d’Orval)

Salamandra salamandra

Grenouille (species)

U.S.B.L. (Spéléo L n° 18, 2009)

54 - Villette

Gouffre AV1 (bois Marchal)

Salamandra salamandra

Grenouille (species)

U.S.B.L. (Spéléo L n° 18, 2009)

55 - Lisle-en-Rigault

Gouffre Pierre

Salamandra salamandra

Bufo bufo

Est républicain du 5/8/1998

55 - Brauvilliers

Carrière du Point du jour

Salamandra salamandra

GERSM, J.-M. Goutorbe, 2014, 2015 (clichés, comm. pers.)

55 - Beurey-sur-Saulx

Rupt-du-Puits - La Béva

Salamandra salamandra

Triturus alpestris

Grenouille (species)

USAN, D. Prévot (comm. pers. du 11/2/2015)

M. Pauwels (Spéléo L n° 17, 2008)

55 - Beurey-sur-Saulx

Grotte des Chasseurs

Salamandra salamandra

Bufo bufo

Triturus alpestris

GERSM, J.-M. Goutorbe (in litt. J.-M. G. du 15/7/2015)

57 - Novéant-sur-Moselle

Mine de la Couleuvre

Salamandra salamandra

B.H. & Y. Gérard (31/1/1983)

57 - Fontoy

Fontaine de la cité Berthe

Salamandra salamandra

B.H. (8/7/2008)

Sites lorrains souterrains ou limites où la présence d’herpétofaune est signalée

La majorité de tous ces milieux accueillent par ailleurs des crustacés stygobies — Niphargus, Cæcosphæroma — ce qui a conduit à des observations plus précises de ces habitats. Salamandra salamandra et Bufo bufo demeurent les espèces les plus fréquemment observées.

La salamandre tachetée demeure l’espèce la plus souvent observée sous terre. Dans un certain nombre de cas, il s’agit d’adultes isolés tombés dans une cavité d’où ils ne peuvent plus ressortir. Le site de Martincourt (54) — la grotte de Grimo Santé — demeure exceptionnel puisqu’il accueille en continu une population d’adultes de plus de 10 individus depuis au moins 35 ans. Dans d’autres sites, il s’agit d’habitats aquatiques où naissent et grandissent de jeunes salamandres avant de quitter le milieu souterrain : c’est le cas à Novéant-sur-Moselle (dans les deux stations connues) et à Brauvilliers dans la carrière du Point du jour. Une étude spécifique sur le statut de la salamandre dans les milieux souterrains régionaux ne manquerait pas d’intérêt. Il convient de noter que les observations de l’herpétofaune sous terre demeurent limitées au regard de toutes les incursions et visites réalisées dans ces milieux depuis 1979. Ces vertébrés font partie de la faune des sols et mares d’entrées des cavités à l’exception des animaux tombés dans la profondeur des karts où ils restent piégés et où ils tentent de survivre.

Les travaux récents, toujours en cours, de naturalistes de terrain comme Michel Renner (qui recueille toutes les données disponibles sur ces espèces) montrent le statut principalement épigé de ces animaux trogloxènes, hôtes temporaires ou accidentels d’espèces cavernicoles. Ces derniers peuvent contribuer à mieux connaître certains aspects de leur biologie (nourriture, reproduction, survie...) ainsi qu’à affiner les cartes régionales de leur biorépartition.

Piste de lecture : Renner M. & Vitzthum P. (2007) - Amphibiens et reptiles de Lorraine, éd. Serpenoise, Metz, 272 p.

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