Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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27.1 - Grotte des Chaillets, Incident en spéléologie

Compte rendu établi le 27 octobre 2000 par Alain et Etienne WEBER

Le 30 septembre 2000 le G.S.P.V. organisait la visite de la grotte des Chaillets à Cademène (Doubs) pour marquer spéléologiquement son 50e anniversaire. Cette cavité fort intéressante par ses vestiges archéologiques et son concrétionnement devait pérenniser l’évènement. Chaque club spéléo vosgien convié était représenté. Tout était prévu, y compris 2 pompes immergées pour vider au maximum la voûte mouillante d’entrée. De ce fait la progression dans la basse galerie d’accès, puis dans le laminoir suivant, était beaucoup plus aisée et sans difficultés techniques. Après un briefing sur la cavité et ses merveilles à contempler, chaque spéléo s’inscrit sur le listing, à charge de se réinscrire à la sortie.

Vu le nombre de spéléos présents (une cinquantaine) les équipes rentrent échelonnées par ordre d’arrivée. Nous entrons avec le premier groupe vers 17 h 15 ; l’heure de sortie étant raisonnablement fixée à 20 h 30. Aux environs de 18 h 30, au retour de la visite, nous croisons 2 spéléos cherchant d’urgence le Conseiller Technique des Secours des Vosges à cause d’un incident sérieux survenu dans la galerie d’entrée. L’un d’entre nous conduit immédiatement les 2 spéléos au CT pendant que le reste du groupe rejoint une autre équipe de spéléos, déjà prévenus de « l’incident », attendant dans la spacieuse galerie en amont du laminoir. Les 2 enfants présents ont été immédiatement pris en charge (confort, réchauffement et présence ininterrompue).

Nous nous informons de la situation et commençons à organiser l’attente prévisible. Peu après un membre du Spéléo-Secours 25 - prévenu auparavant en temps utile - nous apporte des nouvelles peu rassurantes : un spéléo vient d’avoir un « accident cardiaque » dans la galerie d’entrée. Visiblement le Spéléo-Secours 25 veut nous rassurer, mais quelques détails nous laissent deviner qu’il est déjà trop tard. Les 2 enfants ainsi que les personnes sensibles ne sont donc pas informées de la situation réelle ; nous parlons seulement d’un « incident » qui sera rapidement résolu par le Spéléo-Secours 25. Dès lors nous prenons les ordres du Spéléo-Secours 25 nous demandant de continuer notre auto-gestion au lieu où nous sommes (poursuite des points chauds en place et patienter tous ensemble). Vers 20 h trois membres du Spéléo-Secours 25 viennent encadrer les 4 personnes prioritaires du groupe pour la sortie (femmes et enfants). Les autres spéléos suivent échelonnés afin de ne pas se bloquer dans le laminoir ou la galerie basse. À l’entrée de la galerie une spéléologue pointe les sortants à l’aide du listing établi (solution la plus sûre). Les spéléos vosgiens sont dehors pour 21 h ; seuls restent les préposés au pompage et le Spéléo-Secours 25. Au dehors nous apprenons que le S.C.H.M. vient de perdre l’un de ses membres actifs : Alain GRIFFON.

À l’extérieur gendarmes et Services de secours sont présents. Nous retrouvons également des spéléos sortis du « Moulin des Isles » tout proche, qui, ayant aperçu les gyrophares dans la nuit, sont venus immédiatement prêter main forte ; ils participeront à la phase finale. Nous retournons aux voitures par un chemin argileux et glissant équipé de mains courantes. Au cours de la remontée vers le village de Cademène la Gendarmerie relève les identités de chaque participant, pendant que le Spéléo-Secours 25 et ses renforts sortent le corps puis déséquipent le matériel de pompage.

Concernant cet « incident » le CDS-88 se réunira le 9 novembre prochain et le Spéléo-Secours 25 rédigera un compte-rendu. Le quotidien l’Est-Républicain (région de Nancy) a publié 2 articles : le dimanche 31 septembre et le lundi 1er octobre.

Conclusions :

  • Ce n’est pas un accident spéléologique : il n’y a eu ni erreur d’équipement ni faute d’organisation. Cet incident dramatique est dû à l’état de santé du spéléologue, malgré le certificat médical requis par son club.
  • Couverture de survie, nourrice de carbure et vivres de course sont impératifs sous terre. En cas d’exploration où les participants sont nombreux, un listing est indispensable.
  • Le Spéléo-Secours 25 a été aussi efficace que discret, minimisant ainsi l’attente sous terre à 2 h au maximum. Le fait de disposer le corps en dehors du circuit de retour a permis un gain de temps et donc d’attente, libérant ainsi le passage pour la sortie. Les 2 enfants présents ont eu une assistance permanente (présence humaine, chaleur et nourriture). Hormis ces enfants prioritaires, les couvertures de survie ont été réservé aux personnes sensibles et la nourriture disponible équitablement distribuée. Les réserves de carbure apportées étaient largement suffisantes en cas d’attente prolongée, et, par sécurité, un bidon de carbure est toujours à disposition dans la cavité. Tout au long de l’évènement les spéléos vosgiens se sont auto-gérés comme il se doit. Nous avions même envisagé le cas d’un séjour prolongé dans le réseau avec approvisionnement en nourriture et boissons.
  • Gendarmes et Services de Secours étaient en nombre suffisant, sans excès et non pesants ; leur efficacité à l’entrée de la cavité, ainsi que l’infrastructure en place, furent appréciées. La presse, d’abord restée à l’écart dans le village de Cademène, n’a pas perturbé les premiers secours.
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