Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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240.5 - Une plongée à la fontaine de Laneuville

Théo Prévot Photos : Alexis Lhirondelle

De passage en Meuse ce dimanche 1er juillet je propose à Julien Tournois et Alexis Lhirondelle d’aller faire un tour en plongée mais je n’ai encore pas de lieu précis en tête. Julien me répond qu’il ne sera pas disponible mais qu’un siphon situé près de Saint-Dizier est plutôt pas mal et m’envoie la topo.

Après l’avoir montrée à Alexis la décision est prise : la fontaine de Laneuville sera notre exploration du week-end. Étant chez ma mamie à Trémont-sur-Saulx (pas loin de Saint-Dizier), c’est ici que le rendez-vous est donné afin de faire ensemble le trajet restant pour rejoindre la commune de Bayard-sur-Marne située à environ une demi-heure de Trémont.

Sur place le soleil cogne et nous ne tardons pas à mettre le matériel au bord de la vasque d’entrée. On se dit au passage qu’un petit coup de débroussailleuse pourrait rendre le coin vraiment chouette avec cette belle vasque bleue de 5 m de diamètre. Nous nous équipons et vérifions bien que tout est opérationnel avant de nous immerger. Je dois bien reconnaître que cette première immersion n’est pas franchement concluante car le fond de la vasque et complètement retourné et on peine à trouver l’entrée du siphon.

Nous remontons alors pour revoir nos ambitions, qui étaient d’aller jusqu’à la cloche située à 450 m, à la baisse et laissons une bouteille qui était prévue comme relais. De nouveau au fond de la vasque je réussis à trouver le départ de la galerie et là, surprise ! L’eau est plutôt claire ! Je m’enfile donc entre les blocs qui mènent dans la galerie et attends quelques secondes Alexis. Ne le voyant pas arriver au bout d’une minute je décide de continuer la galerie. Étant le premier à passer j’ai la chance d’avoir une visibilité assez bonne. Bon, on n’est pas non plus en Ardèche mais les deux-trois mètres de visibilité me suffisent amplement pour découvrir petit à petit la galerie qui est de taille modeste, environ 80 cm de hauteur pour 1,50 m de largeur. Je regarde de temps en temps derrière moi afin de voir si j’aperçois une lumière qui me suit mais avec mon passage la visibilité s’est réduite et je ne vois qu’à un mètre derrière moi... Je continue donc sans me faire de soucis et suis agréablement surpris par la galerie que je parcours depuis maintenant plusieurs dizaines de minutes, le sol étant fait de glaise et le plafond de roche bien découpée.

Après une petite demi-heure je décide de faire demi-tour bien que je n’ai pas encore usé le quart de mes réserves d’air. Le retour, quant à lui, se fait dans un nuage de particules limitant mon champ de vison à une quinzaine de centimètres. Il reste tout de même des passages relativement clairs dus au fait qu’il y a moins de glaise et plus de hauteur mais ils resteront très succincts. C’est donc sans paniquer que je me dirige tranquillement vers la sortie tenant fermement le fil dAriane tout en faisant attention aux divers risques encourus à cause du manque de visibilité.

Après de longues minutes à ne rien y voir si ce n’est les flèches situées sur le fil d’Ariane m’indiquant que j’allais dans le bon sens — heureusement d’un autre côté parce que sinon je me serais posé des questions — je perçois enfin des blocs et comprends que je suis bientôt dehors. Un coup d’œil sur mon profondimètre, je suis à 3-4 m. Par principe je fais donc un palier de 3 minutes bien que cela ne soit pas vraiment utile puisque la profondeur maximale que j’ai pu lire était de 6 m.

Une fois la tête hors de l’eau je retrouve les autres. Alexis prend alors mes bouteilles. Une fois changé il m’explique que, ne voyant rien après mon passage, il est ressorti et a attendu un bon quart d’heure pour que les particules redescendent mais qu’au final il n’est resté qu’une vingtaine de minutes dans l’eau.

Cette plongée aura duré environ 50 minutes pour moi et j’estime avoir parcouru 300 à 350 m de galerie, soit le double pour l’aller-retour.

De mon point de vu le siphon n’est pas si mal que ça et la galerie présente une jolie forme. En revanche il ne faut pas omettre le fait que le retour se fait dans des conditions bien différentes de celles de l’aller mais j’espère bien un jour faire le kilomètre et ainsi pourvoir explorer la partie post-siphon !

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