Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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252.6 - Les J.N.S.C. d’été en Alsace

Christophe Prévot

Les J.N.S.C. d’été 2019 organisées par le Comité départemental de spéléologie d’Alsace ont eu lieu en décalé le dimanche 7 juillet. Il s’agissait d’une découverte de la spéléologie sportive dans une ancienne mine de zinc à Sainte-Marie-aux-Mines.

Le président du C.D.S. Alsace, Laurent Guyot, ayant passé un message sur la liste régionale de diffusion Carla (pour Champagne-ARdenne-Lorraine-Alsace) Théo et moi nous nous inscrivons comme serre-files. Quelques jours avant la manifestation il y a plus d’inscriptions que prévues et Laurent nous demande d’apporter un complément de matériel : casques, harnais et combinaisons en tailles variées.

Le 7 juillet nous démarrons de Nancy à 7 h 15 dans l’objectif d’être à Sainte-Marie à 8 h 30. Une petite erreur de route et nous arrivons finalement à 9 h. Ce n’est pas grave, il y a plus en retard que nous ;-)

Tout commence par l’installation du stand d’accueil avec une tonnelle (3 m × 4,5 m) du S.S.F. Alsace, une table, des bancs... puis nous « montons à la mine » en voiture pour installer le campement spéléo avec une nouvelle tonnelle, des tables, des bancs... sans oublier le groupe électrogène pour la pompe qui videra la sortie de la mine et aussi permettre de faire du café. Bref c’est royal !

Il ne faut pas chômer, les premiers initiés arrivent en camion. Théo est du premier groupe (10 h) et moi du troisième (11 h). Je fais équipe toute la journée avec Julie. À la première rotation nous prenons nos marques, chacun gérant différents passages dans cette ancienne mine de zinc qui se fait en traversée avec trois puits équipés en plus de quelques vires, dont une vire descendante. Les passages s’enchaînent et nous avançons bien. Néanmoins nous mettons 3 h 30 là où il en aurait fallu 2… De retour au camp les initiés de la deuxième rotation arrivent déjà. Pendant que nos collègues les équipent, Julie et moi prenons le temps d’apprécier les différents cakes salés, les fruits, le café, etc. Et nous voilà repartis pour le second tour où tout se déroule à merveille avec une famille motivée.

Fin d’activité, il faut ranger, démonter, et dire au revoir pour rentrer sur Nancy à 21 h.

Ce fut une belle expérience avec la découverte d’une mine aux profils très agréables où le travail de l’homme est globalement relativement discret. Une traversée de 60 (?) mètres de dénivelé, agréable, qui nous a permis de découvrir une autre partie des mines de Sainte-Marie, situées à 1 h 15 de Nancy, donc à peu près aussi éloignées de Nancy que les classiques de la Meuse (Savonnières-en-Perthois, Robert-Espagne, L’Isle-en-Rigault, etc.) et qui mériteraient d’être promues davantage.

Présentation du domaine de Sainte-Marie par Laurent Guyot (d’après Ancel B. et Fluck P. (1990) - L’aventure des mines, Éd. Bentzinger, Colmar, 43 p.)

La vallée de Sainte-Marie-aux-Mines contient les plus riches filons argentifères de notre pays. On y trouve de l’argent mais aussi du cuivre, du plomb, du zinc, du cobalt, de l’arsenic, de l’antimoine, et bien d’autres métaux.

Les vestiges anciens remontent au Xe siècle mais c’est au XVIe siècle que se produit une véritable ruée vers l’argent. 3 000 mineurs affluent d’Europe centrale. Les mines sont creusées « à la main ». Les mineurs taillent la roche avec une pointerolle (sorte de burin) et un marteau qui laisse ainsi des stries très régulières sur les parois. La vitesse d’avancement varie de 20 à 50 m par an selon la dureté de la roche. En un siècle, les 30 à 40 filons sont méthodiquement vidés de leur minerai d’argent depuis le sommet des montagnes jusqu’à parfois plus de 300 m sous le niveau des vallées.

Alors commence un lent déclin : les eaux affluent dans les fonds, les réserves s’amenuisent, les cours de l’argent baissent. Vers 1635, la guerre de Trente ans marque la fin de l’exploitation des mines.

En 1900, les Allemands relancent l’exploitation en utilisant des explosifs créant ainsi des galeries larges. Ce n’est pas le cas dans la mine que l’on visite aujourd’hui. Ces tentatives ne furent qu’une suite d’échecs car les anciens avaient épuisé les filons. Les derniers travaux miniers concernent le filon d’arsenic de la mine Gabe Gottes, de 1932 à 1940.

À ce jour plus de 60 km de galeries et de puits ont été redécouverts par les spéléologues. Les archéologues estiment qu’il y avait plus de 150 km de galeries percées.

Dans les travaux abandonnés, les eaux de suintements ont déposé des concrétions hélas très convoitées. Elles ont été totalement pillées pour alimenter le commerce des minéraux.

Chauves-souris, salamandres et insectes s’abritent dans les mines.

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