Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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258.1 - Camp spéléo dans le Doubs, du 2 au 5 janvier 2020. Objectif : la traversée du Verneau

Arnaud Hollard, Photos : Théo Prévot

Théo, Pascal O., Olivier D. et Arnaud composent l’équipe de l’USAN, complétée par Nicolas et Claude, de l’A.S.H.M. (Saint-Dizier). L’objectif de ce stage « Grande course » du C.D.S. 10 est la traversée Biefs Bousset - grotte Baudin appelée couramment « traversée du Verneau  ».

Nous partons du local le 1er janvier à 17 h 45 en direction du gîte du Fourmilion à Villers-Farlay, dans le Jura. Il se trouve à 35 min de route de Déservillers, épicentre de nos explorations souterraines. À notre arrivée nous sommes agréablement surpris par la qualité du gîte.

La journée du 2 janvier est consacrée à la reconnaissance de la grotte Baudin, afin de s’assurer que le débit du cours d’eau n’est pas trop important et à l’équipement du gouffre des Biefs Bousset, la reconnaissance du méandre et du siphon des Patafouins. Cette première journée confirme ce que nous pressentions, la traversée est faisable. Mais nous y avons déjà laissé quelques forces, l’aller-retour jusqu’au siphon nous ayant pris 10 h !

La traversée se fera donc le 3 janvier : départ du gîte à 9 h 30 après une bonne nuit de sommeil, dans une ambiance concentrée, sans Claude, 73 ans, qui reste au gîte. Tout le matériel a été vérifié la veille. Nous attaquons la descente des Biefs Bousset à 11 h. La durée de la traversée est comprise entre 15 (si ça va bien) et 30 h (si on cherche beaucoup les passages…) ! Nous espérons donc être ressortis aux alentours de 3 h du matin...

La progression sur corde, dans la première partie, s’avère être la plus simple. Notre première pause repas froid, se fait dans la salle Machin, et nous permet de récupérer des efforts fournis dans le méandre. Peu après, nous revêtons les combinaisons néoprène, la majeure partie de la traversée se faisant dans un milieu plutôt « humide ».

Se présente alors la partie qui nous stresse le plus, Pascal, Nicolas et moi : le siphon. En effet, nous n’avons jamais franchi ce genre d’obstacle. Il s’avère que nous avons effectué cette apnée avec brio, sans trop d’hésitation, ce qui nous fait gagner une heure trente sur le temps de parcours total. Un grand merci à Olivier qui l’a franchi plusieurs fois afin de s’assurer que ce n’était pas trop compliqué, et à Théo, qui malgré son jeune âge, fait preuve d’une grande sagesse et d’un professionnalisme hors pair. À l’issue, je me sens revigoré, et me remets à parler, alors que j’étais plutôt muet l’heure précédente… La traversée peut se poursuivre. Mais pas sans encombre ! Ma lampe étanche ne l’était pas tant que ça, je finis donc avec celle de secours. Nous hésitons entre le passage dans les gours et celui de « 1997 ». Nous optons pour le deuxième, n’étant pas sûrs que le premier soit aisément franchissable. Théo est déçu, il voulait nager ! Son vœu sera exaucé, nous franchissons plusieurs bassins sans avoir pied, dont certains de plus de 40 m de long.

Nous perdons une heure avant la salle du bon Negro, des cairns nous orientent dans la mauvaise direction. Pascal évite alors à Théo une mauvaise chute en maintenant son pied d’appui. Nous prenons un repas chaud et mettons en place un point chaud dans ladite salle.

Une fameuse concrétion, le « tripode », est présent au début de la grotte Baudin, l’équipe étant séparée en deux, nous perdons 45 minutes pour nous retrouver, mais la concrétion est jolie et mérite le détour.

À la fin de la partie humide, environ 1 h 30 avant de sortir, nous échangeons les néoprènes contre les sous-combinaisons tissus, qui s’avèrent trempées… d’où l’importance de bien fermer le sac étanche !

Reste à franchir les vires au-dessus du Verneau, qui se terminent par la remontée d’un P 20 (?), dont la sortie est l’engagement dans un goulet qui prend naissance au niveau du plafond ! Après des rampings fatigants, voici les feuilles mortes, annonciatrices de la sortie ! Il est 3 h, contrat rempli, sans bobo, avec des images plein la tête et le sentiment du devoir accompli.

Le reste de l’équipe, Sandra, Claude, Dominique et Frédéric, du Spéléo-club de l’Aube (Troyes), nous a rejoints le 3 janvier à 20 h, alors que nous étions sous terre. Pendant que nous prenons un minimum de repos (nous nous sommes couchés à 6 h du matin !), ils déséquipent les cordes installées le premier jour, et équipent le gouffre de la Baume des Crêtes. Nous les rejoignons à 15 h et faisons jonction avant la voûte mouillante. Claude et Frédéric remontent à la surface. Dominique et Sandra nous accompagnent jusqu’au collecteur. Ils sont équipés de combinaisons néoprène, pas nous. Pour atteindre la cascade, il faut franchir une voûte mouillante, où il ne reste la place que pour la tête… comme dirait Théo, « il y a de l’eau jusqu’au nombril ! » Il ne doit pas avoir la même anatomie que moi…

Une fois cette difficulté passée, je suis transi de froid, ce qui nous oblige à faire une pause. J’ai pu alors tester l’efficacité du point chaud et apprécier une nouvelle fois les qualités de Théo.

Une fois réchauffés, nous rebroussons chemin avec une remontée de 200 m, qui se termine par un P40 plein pot et des vires (respect à Claude), avec les kits pleins et la fatigue de la veille !

Je suis membre de l’USAN depuis fin décembre, suite à une rencontre fortuite avec Christophe sur une manœuvre commune GRIMP-Spéléo secours. J’ai découvert une petite partie de l’équipe, qui m’a accueilli à bras ouverts. Je me suis senti soutenu et écouté. Merci pour cette belle expérience, et à bientôt pour de nouvelles aventures !

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