Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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258.3 - Stage C.D.S. 54 Hérault 2019, suite

Olivier Gradot

Mardi 16 avril 2019, la troupe se réveille doucement et prend son petit déjeuner. Bubu et son junior ont prévu de nous quitter pour d’autres aventures ce matin ; le reste du groupe se motive pour aller faire l’aven Barnabé, un ‑300 qui mérite apparemment d’être fait… Moi perso mentalement je suis partant à fond mais j’ai un genou en vrac par suite d’une glissade souterraine où j’ai essayé de plier une bouteille de plongée avec ma rotule (ça ne marche pas bien…). Après maintes réflexions je décide de ne pas suivre et reste au gîte pour laisser la mécanique se remettre. Je laisserai donc quelqu’un d’autre faire le compte rendu de cette sortie. Je profite de la journée pour nettoyer nos combis et le matériel de plongée, gâter Harko et préparer l’apéro pour la troupe… Mais à 21 h 50 la troupe n’est toujours pas là… alors je décide d’aller rejoindre l’entrée du gouffre pour voir si tout va bien. Je prépare un kit de cordes avec quelques amarrages, je rassemble mes affaires et au moment où je m’apprête à quitter le gîte je reçois un texto de Théo qui me dit qu’ils sont sortis et rentrent au gîte. Rassuré, je finis de mettre la table et rapidement suis rejoint par mes amis taupes tous contents de leur sortie malgré un passage ramping pas très sympa pour les rotules à propos duquel Pascal me dira « avec ton genou tu as bien fait de ne pas venir ». Nous passons à table, on me montre les photos de la sortie et on me raconte les anecdotes toujours nombreuses et croustillantes de la journée. Il est 2 h du matin passé lorsque nous allons nous coucher.

Mercredi 17 avril 2019, la troupe a fait grasse matinée et ce n’est que vers 10 h 30, lors du petit déjeuner, que les discussions sur le programme de la journée commencent sérieusement. Sabine nous informe qu’elle préfère se faire une journée randonnée dans les jolis massifs du coin (la roche rouge locale est vraiment sympa), du coup Théo, Pascal et moi nous concertons pour choisir une cavité. L’aven Marcoul nous chauffe bien et Théo propose d’équiper le grand puits depuis là-haut pour s’envoyer 190 m plein gaz (ce puits était fortement déconseillé il y a encore peu à la suite des risques d’éboulements mais nous avons eu l’info comme quoi après une bonne purge ce dernier était à nouveau praticable…). L’aven Marcoul et un P190 c’était certes tentant mais bon… il était déjà presque 11 h et le lendemain nous avons au programme l’aven de la Leicasse alors ce n’était pas forcément le choix judicieux pour un trou d’après-midi. Finalement après mûres réflexions nous nous décidons pour aller à l’aven du Bois du Bac, un petit ‑100 m situé à 50 minutes de voiture à proximité du col de la Cardonille. Nous déjeunons tous ensemble au gîte puis préparons les kits, une fois ces derniers presque finis Pascal demande :

  • « S c’est bien pour sangle ? »

  • « Euh non c’est pour spit pourquoi ? » lui répond Théo.

  • « Ah… eh bien alors je pense qu’on devrait avoir assez de sangles » lui répond Pascal.

Il est 13 h quand nous partons du gîte, c’est Pascal qui conduit… avec un certain style ou plutôt un style certain… on sait que nous avons un motard dans l’âme comme pilote (j’ai compris l’utilité des petites poignées en haut des portières, elles sont là pour les serrer de façon crispée quand la peur de faire un roulé-boulé dans la pampa vous prend au ventre). La route nous prend environ une heure et nous passons dans des villages aux noms plutôt bizarres du style Viols-le-Fort… Arrivés au point indiqué sur la topo nous nous garons sur un chemin de terre et commençons par aller repérer l’entrée du trou : nous la trouvons après une quinzaine de minutes de marche, un beau puits s’ouvre dans une pente boisée, Théo attache une « sangle » à un arbre et nous y laissons le kit matériel le temps d’aller chercher nos affaires et de revenir. Théo équipe et nous nous dépêchons tous de descendre le joli P45 afin de retrouver la fraicheur du sous-sol car dehors le soleil commençait à nous taper sec sur le ciboulot ! L’ambiance du trou est fossile mais les volumes y sont luxueux et les concrétions bien sympathiques. Un petit bémol pour l’odeur sur le début causée par la chute d’un rongeur dans le fond du puits, ce qui aura pour effet de ne pas nous faire traîner trop longtemps à cet endroit. Théo équipe une vire remontante (sur laquelle la poignée longée ne sert pas à grand-chose au début et sur laquelle il vaut mieux ne pas glisser en équipant) qui nous mène à un second puits très concrétionné. Nous enquillons ensuite une autre série de ressauts et un dernier puits au fond duquel nous faisons une pause casse-croûte et café. Une fois repus, nous entamons la remontée et je passe en premier.

Une fois arrivé au premier fractionnement je sens quelque chose glisser entre mes jambes et j’entends directement derrière « Oh mais putain il est taré celui-là ! Il a failli me buter ! »… Pour une raison non identifiée (bon en vrai j’avais tout manigancé par avance pour me débarrasser de Pascal mais je ne peux pas l’avouer ouvertement non plus pour des questions de responsabilités), mon kit s’est détaché de moi et s’est écrasé 10 m plus bas après avoir frôlé la tête et l’épaule de Pascal… Plus de peur que de mal mais on retiendra de ne pas se positionner en bas des puits pour cette raison et pour les chutes de caillasses (une sortie en Chartreuse en août confirmera ce dernier point).

Nous remontons rapidement et retournons à la voiture (les deux autres nazes n’arrêtent pas de faire des messes basses dans mon dos et de se foutre de moi, j’aurai dû mieux viser avec mon kit ! mais ce n’est que partie remise !).

Sur le chemin du retour nous sommes forcés de nous arrêter quelques instants dans un parc de Viols-le-fort… pour la bonne et simple raison qu’un panneau illustré avec des personnages dont les visages ont été découpés afin que les visiteurs y placent leur tête y trônent, détail croustillant : au-dessus du panneau est écrit en lettres gothiques : « Viols le Fort le temps d’une pause »… Avouez que c’est cocasse ! Photos prises nous retournons au gîte où nous retrouvons Sabine et Harko tous deux satisfaits de leur randonnée dans les massifs voisins.

Le mois prochain : dernière partie avec notamment l’exploration de l’aven de la Leicasse...

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