Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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266.4 - Longirod, match retour

Théo Prévot

À la suite d’une météo bien pourrie je décide d’annuler la sortie initialement prévue au réseau du Folliu (Suisse). Nous serons tout de même du côté Suisse pour retourner chercher le matériel laissé au gouffre de Longirod trois semaines auparavant. Encore une sortie qui s’annonce bien sportive, il nous faut remonter pas moins de 800 mètres de cordes et une centaine d’amarrages laissé dans la zone des ‑235 m. Jusque-là rien d’extraordinaire me direz-vous, nous sommes bien d’accord ! La difficulté… passer les kits dans le dédale de méandres assez étroits.

Le rendez-vous est donné pour 17 h 45 - 18 h au local, nous serons quatre pour atteindre notre objectif (Nicolas Greiner, de l’A.S.H.M., et qui était là la première fois, Thomas Belot, Pascal Odinot et moi-même). Nous chargeons les véhicules, discutons un peu des conditions météo, les avis sont partagés (neige, pas neige, pluie, froid) ce qui est certain c’est que nous serons loin des conditions de la dernière fois. Le trajet se fait assez bien, nous mangeons un morceau à la frontière et commençons à comprendre que la pluie mouille particulièrement bien. Nous reprenons la route rapidement et arrivons après une bonne demi-heure dans une tempête de neige. Bon, Pascal ne s’était pas trompé, il y a déjà cinq bons centimètres sur les bords et la route devient rapidement blanche. Nous ralentissons un peu et imaginons la nuit qui s’annonce.

Il est environ une heure du matin quand l’ensemble des tentes et hamac (il devait y en avoir deux mais Nicolas dormira finalement dans la voiture, sage décision !). Tout est déjà mouillé, les mains ont un peu froid et les paupières commencent à tomber, quel bonheur d’ouvrir son hamac et de voir de la neige tombée dedans. Cela ne fait pas longtemps que je suis dedans mais je sens déjà que tout est trempé, j’arrive par miracle à m’endormir (je vous passe les sursauts pendant la nuit lorsque l’eau vous ruisselle dans le cou), vraiment reposante cette nuit ! 7 h, plus moyen pour moi de dormir, je me lève et découvre l’ensemble des habits trempés, ça aurait été trop beau. Ni une ni deux je me mets sous mon poncho spéléo avec une bougie et mets de l’eau à bouillir (au passage : la chicorée il y a vraiment des gens qui aiment ?). Nicolas ne tarde pas à se lever, suivi de Pascal. La nuit fut un peu meilleure pour eux mais on est loin de l’hôtel cinq étoiles. On parle déjà de repartir directement en sortant du trou, c’est pour dire. Une fois Thomas debout nous essayons de ne pas trop tarder mais le temps de s’équiper et de tout remballer l’heure tourne, nous arrivons au trou un peu avant 10 h.

La descente est rapide, nous remarquons que ça pisse de partout contrairement à l’autre fois. 11 h 22 nous voici à l’entrée du méandre du grondement (‑160 m). Après plusieurs essais et allers-retours nous convenons que Pascal et Nicolas attendrons ici. J’estime la durée de l’aller-retour aux kits à 3 h, nous laissons donc avec eux de quoi se mettre au chaud et manger en nous attendant. Nous reprenons la descente dans la partie qui est clairement la plus chiante de la cavité (puits de l’Araignée, 21 m, méandre du Broyage, 40 m). Thomas est toujours chaud et nous passons plutôt bien ces deux obstacles, de l’autre côté une belle descente en opposition (il ne faut pas se louper) et le dernier puits avant les kits. Le P7 étant bien arrosé je dis à Thomas de rester en haut pour remonter les kits à la poulie, ça facilitera bien la chose et ça ne sert pas à grand-chose d’être deux en bas. Je pose une déviation pour éviter la cascade qui coule à cet endroit et descends pour attacher les kits à la corde, en haut Thomas les réceptionne puis je remonte en reprenant le déséquipement où nous l’avions laissé. Alors que nous attaquons l’opposition un grondement sourd se fait entendre :

·  Thomas ça va ?

·  Oui oui, ce n’est pas moi c’est l’eau !

·  L’eau ?!? Euh ouais « le niveau d’eau monte brutalement de quelques centimètres ».

·  Ça veut dire quoi ?

·  Qu’il ne faut pas traîner à remonter, avec la pluie la neige a dû fondre (l’idéal pour une crue) heureusement aucun risque dans cette partie du réseau.

Nous passons doucement mais sûrement le premier méandre, le puits de l’Araignée reste merdique avec nos trois kits de matos. Une fois dans le Grondement nous entendons nos camarades de l’autre côté. Nicolas vient reprendre les kits à la sortie ce qui n’est vraiment pas désagréable, finalement nous aurons mis 4 h pour les rejoindre. Nos dires sont confirmés, Pascal me raconte qu’ils ont vu le débit d’eau s’accentuer les obligeant à changer de place. Thomas reprend la tête du peloton suivi par Nicolas et Pascal, je m’occupe du déséquipement. Le kit étant déjà bien plein nous ne tardons pas à retrouver le quatrième kit de matos, le plus redoutable ! Un joli bébé bleu encore plus gros que les kits M.T.D.E., de quoi se faire plaisir dans les méandres (Pascal l’avait déjà repéré à la descente). La remontée est physique, certains passages nous obligent à forcer mais cette fois pas question de revenir. Les puits s’enchaînent, les deux kits que j’ai avec moi sont bien aimables mais le seraient encore plus s’ils ne s’agrippaient pas au moindre bout de rocher. Pour moins se fatiguer Pascal laisse son kit en tête de puits, sort puis je monte et lui tends les kits, ça évite de s’épuiser en sortant, c’est plutôt pas mal. Arrive la « pascalerie » de la sortie (je trouvais le temps long). Impossible de décrire la situation à l’écrit mais alors un beau fou rire, même lui ne sait pas comment une telle situation est possible (pour sa défense il n’a pas eu de chance, mais bon…). Les autres sont devant, nous ne les entendons pas, mais la soif se fait sentir car ça fait quasiment depuis le matin que nous n’avons rien bu et je commence à sentir des crampes. Les derniers puits avant le méandre du Strip-Tease sont longs, un dernier effort et nous voici dans la galerie des Arches. La sensation de voler avant que les longes de kits ne se tendent nous rappelle bien pourquoi nous sommes là ! La sortie est vraiment la bienvenue, il est un peu plus de 20 h, objectif atteint bravo les gars ! Le retour aux voitures paraît plus long et moins enneigé, nous nous changeons et comme ce n’est jamais fini Nicolas a le pneu arrière droit bien dégonflé. Changement de roue sur un sol à moitié trempé le cric se met un peu en biais, heureusement il ne bougera pas plus. Bon, pas de question tout le monde est ok pour dire qu’une nuit de plus ici n’est pas envisageable, nous mangeons une madeleine prenons une bière (bien méritée) et rentrons. Un accident sur la route nous fait faire un petit détour et nous arrivons au local vers 2 h 45. Nous déchargeons tout et rentrons chez nous. Motivés les conducteurs, des machines ! Nicolas me dépose, je lui propose de dormir ou au moins de prendre un café mais rien n’y fait, il regagne Savonnières (arrivée chez lui vers 5 h). La prépa JB continue, encore une belle sortie bien sportive. Reste plus qu’à laver le matos… mais avant pesage des kits !

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