Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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43.1 - Le camp d’hiver "AUDE-2002" de l’USAN

Daniel PREVOT

Sur la route de COMUS il n’y avait pas d’auto,
Pas même un autobus mais il faisait très chaud

...ont écrit le 15 mai 2000 Gérard, Christine et le groupe RSVO sur le 6e livre d’or du refuge de l’école de COMUS1. C’est dans ce charmant petit village audois, terminus de la route qui y conduit, à 1180 m d’altitude dans les Pyrénées, que s’est déroulé du samedi 9 au samedi 16 février le camp d’hiver de l’USAN organisé avec brio par Pascal CUXAC (le Lorrain du sud...).

Cette strophe aurait presque pu s’appliquer à notre séjour qui connut les quatre premiers jours un temps réellement exceptionnel de printemps. Rien n’y manquait : des hépatiques ainsi que des dryades en fleurs le long des sentiers dans certains sous-bois, des aulnes en chatons bruissonnant d’abeilles butineuses, des papillons virevoltant entre les buis et les genévriers des pentes escarpées, des cui-cui joyeux et autres gazouillis d’oiseaux fêtant la Saint-Valentin et le rapprochement de certains cœurs solitaires...

Pour 21h15 samedi 9, les 16 participants étaient arrivés au gîte :

  • Noëlle ANTOINE, Jérôme CONTAL, Pascal CUXAC (l’organisateur), Gaëlle DESCHIN, Sylvie GOBERT, Martial MARTIN, Bertrand MAUJEAN, Pascal ODINOT, Daniel et Éliane PREVOT, Sabine VEJUX, de l’USAN,
  • Olivier BRUNNEL et Céline VAUTRELLE, ex-usaniens membres du SC-FLT (Spéléo Club de Fontaine-la-Tronche, près de Grenoble), qui repartirent le mardi 12 ainsi que
  • Jacques CHABERT et José LEROY, du SCP (Spéléo Club de Paris, Section Spéléo du CAF de Paris),
  • Denis WELLENS, du STAL-SPELEO (club belge de la WWS).

Si de très nombreuses activités furent au programme, seule la visite de l’exceptionnelle grotte appelée TM-71 (but essentiel du camp) fut effectuée par tout le monde. Voici le bilan des activités réalisées :

  • Randonnées2 : Gorges de la Frau (traduisez : « de l’Effroi »)3, Tour du Boum4, Carrières de talc de Trimouns5.
  • Ski alpin : à la sympathique station familiale de Camurac6.
  • Spéléologie7 : Forêt de Picaussel (prospection - repérage), Fontaine Intermittente de Fontestorbe (visite courte)8, Trou du Vent des Caousous (partie amont de la célèbre fontaine), Barrenc de l’Entraoucade (ou SP2), Grotte du TM-719, Trou du Vent de Las Goffias (une très belle cavité très bien équipée, que l’on peut conseiller selon Martial).
  • Tourisme10 : Cité médiévale de Carcassonne, Châteaux Cathares de Montaillou, de Montségur, de Puivert, Carnaval de Limoux, Cols du Boum, de la Chioulas, Musée des Dinosaures d’Esperaza11, Gorges de Joucou.

Le déroulement type d’une journée était le suivant : lever vers les 7h00, puis départ sur le terrain pour la journée avec le casse-croûte dans les sacs, retour vers les 18h00, apéritif et préparations pour le lendemain, repas du soir vers les 21h00. Nous avons tous apprécié les talents de cuisinier de Denys Wellens (le Lorrain du nord...) qui (entre autre) nous a préparé un soir une succulente Carbonnade flamande12. Le coucher avait lieu entre 23h00 et 24h00 pour les couche-tard reconstructeurs du monde (de la spéléo bien sûr...).

De l’avis de tous les participants, ce fut un camp particulièrement réussi. Merci Pascal pour nous avoir emmené à la découverte d’une petite partie de ta splendide région d’origine, merci Martial pour avoir bien dosé les activités d’explorations. Merci à tous ceux qui ont contribué à la bonne réussite de ce camp auquel on aurait aimé compter plus d’Usaniens. Personnellement j’aurai grand plaisir à y retourner pour y étudier, entre autre, une flore qui m’a l’air particulièrement riche.

P.-S.

NOTES :

  1. Les 3 refuges de Comus de capacités diverses (gîte de l’église, gîte de la mairie et gîte de l’école) sont gérés par Anne PAGES de l’association « Gîtes et loisirs de montagne »- 11340 Comus - Tél. : 04.68.20.33.69 - Fax : 04.68.20.39.33 - Mél : anne@gites-comus.com - Site Internet : www.gites-comus.com. Nous adressons à Anne tous nos remerciements pour sa sympathie et la chaleur de son accueil. Nous avons trouvé le gîte de l’école que nous occupions, très confortable et très convivial. Pour Comus et ses environs utiliser la TOP25 n°2148ET (AX-LES-TERMES).
  2. Au cours des randonnées, on a pu observer ici et là (notamment aux environs de Galinagues), pendant aux branches de nombreux pins sylvestres tels des sacs plastiques décolorés, des nids semblables à ceux que tissent certaines araignées mais de grande taille en forme de bourses ovoïdes d’une trentaine de cm en grand axe et une vingtaine en diamètre. Il s’agit de nids de chenilles processionnaires appelées scientifiquement Thaumétopées. L’insecte adulte est un papillon nocturne de petite taille (et ressemblant à un bombyx privé de trompe). Rappelons les métarphoses : Papillon > Œufs > Chenilles > Chrysalides > Papillons. En France le genre des Thaumetopœa est représenté par 2 espèces : le Thaumetopœa processiona sur les chênes et le Thaumetopœa pityocampa sur les pins (c’est une espèce plus méridionale). Les poils de ces chenilles sont très urticants. Il faut faire très attention en approchant les nids, car ils sont remplis de poils que le moindre vent disperse et qui causent de violentes démangeaisons. Si les papillons n’ont qu’une durée de vie très courte (quelques jours) car ils ne peuvent s’alimenter, les chenilles peuvent vivre plusieurs années et constituent un fléau causant des dégâts importants aux arbres les hébergeant lorsque les nids sont nombreux.
  3. Les gorges de la Frau (entre les altitudes de 1000 à 700 m) dominées en rive gauche par la montagne de la Frau (1925 m) et en rive droite par la Sarrat de Roquières (1630 m) présente une flore très caractéristique des lieux humides et ombragés : fougères (scolopendres, polypodes, capillaires, polystics,...), hellébores...
  4. Cette randonnée facile permet l’observation sur certaines pentes escarpées d’une flore également très caractéristique des lieux secs et ensoleillés : buis, genets, genévriers, rhododendrons, myrtilliers, ... , la présence sur de nombreux pieds de baies de la dernière fructification (genièvres, myrtilles) est une source importante de nourriture pour les oiseaux qui y sont déjà nombreux en cette saison. On observe également un peu partout des pieds de Carlina acaulis (comestible délaissé semble-t-il par les autochtones). En partant de Comus, avant le col de la Gargante on peut observer au moins 4 variétés de lichens dont de splendides usnées barbues et ramalinacées. Au col je conseille de monter la route forestière jusqu’au point de vue qui surplombe les gorges de la Frau puis de continuer dans une très belle forêt de sapins (25 à 30 m de haut) pour rejoindre le col de Lancisse. Le long de cette route à environ 1400 m d’altitude, on pourra observer une splendide doline de dissolution dans un petit karst couvert qui mériterait d’être prospecté si cela n’a déjà été fait.
  5. Dans la montagne à 1800 m d’altitude se trouve l’une des plus grandes carrières de talc du monde (selon la plaquette de présentation de l’usine de talc de Luzenac qui l’exploite). Elle occupe près de 80 ha. Le talc est un silicate de magnésium, plus exactement un phillosilicate Mg3Si4O10(OH)2. Il contient divers minéraux comme les cristaux cubiques que nous a donnés Anne et qui sont des Spinelles MgAl12O4 (merci Pascal pour ces précisions).
  6. Camurac dispose de deux stations : une basse à 1200 m et une haute à 1600 m. Seule la haute était ouverte en raison de l’enneigement insuffisant. Les pistes de la station haute sont entre les altitudes de 1700 m et 1400m, de longueur au plus égale à 1600 m pour un dénivelé de l’ordre de 300 m. C’est une station très familiale.
  7. on trouvera dans la revue SPELEO-AUDE du CDS-11, les renseignements utiles et nécessaires pour la pratique de notre activité dans ce département. Cette revue se trouve à la bibliothèque de la LISPEL.
  8. Fontestorbe : un nom mythique pour les spéléologues d’hier (Martel compte parmi ses illustres visiteurs) comme ceux d’aujourd’hui. Depuis les romains ce sont des milliers de visiteurs qui se pressent chaque année à sa fontaine comme en un lieu de pèlerinage (des pièces y sont jetées). Quelle en est donc la raison ? La très célèbre fontaine de ce pittoresque village audois est dit-on intermittente. Entendez par là, qu’elle présente à certaine période de l’année (entre juillet et novembre dans le cas présent) une variation rythmée sans relation avec la pluviosité extérieure. Ce phénomène rarissime (on n’en compte qu’une trentaine dans le monde dont 8 en France) n’a pas encore reçu d’explication entière bien que des modèles aient été proposés (le meilleur étant sans doute celui de A. Mangin) et le mystère reste total. La période d’intermittence est ici de l’ordre d’une heure à une heure et demie. Cf. : A. CAU de la Société Spéléologique Planturel / FONTESTORBES - La Fontaine Intermittente .
  9. Il y eut 2 équipes de 8 sur 2 jours, accompagnées par Christophe BES et Marie GUÉRARD pour la 1e, puis par Pierre GUÉRIN et Thierry CAHU pour la 2e. Ils appartiennent tous les 4 au Spéleo Corbières Minervois, ainsi que Philippe MORENO avec qui Pascal a été en liaison pour la préparation de ces visites. Un grand merci à eux que nous avons fort apprécié et qui nous ont ainsi permis d’élargir le champ de nos amis. La grotte s’ouvre en bordure de la D118 qui mène de Axat à Puyvalador, à proximité de la grotte d’Agusou (ouverte aux touristes). C’est évidemment une cavité fermée pour des raisons de protection. Pour la visite qui dure la journée, il faut s’adresser au CDS-11 qui assure la gestion des visites. Il n’y a pas de difficultés (pas d’étroiture, pas de puits...). En dehors des classiques et magnifiques concrétions que l’on y rencontre à profusion (stalactites, stalagmites, piliers, excentriques, bouquets d’aragonite...), on peut admirer un crâne fossile d’Ursus speleus, de nombreuses bauges d’U.S., de superbes gours cristallisés contenant d’étranges cristaux triangulaires, un admirable miroir de faille (le plus beau qu’il m’ait été donné d’admirer jusqu’à ce jour et que j’ai oublié par ignorance de « caresser »), une curieuse concrétion appelée les coupelles, un merveilleux plafond d’excentriques bleues... C’est réellement une grotte qu’il faut avoir vue dans sa carrière de Spéléo. Aaah... les Audois, vous en avez de la chance de posséder une telle cavité ! Protégez là bien !
  10. En ce qui concerne les nombreux sites touristiques de cette belle région, on pourra consulter
  11. À Esperaza dans la Haute Vallée de l’Aude, se trouve le seul musée d’Europe consacré exclusivement aux dinosaures (selon la plaquette du musée. Attention, le Dinoparc de Verrière-les-Sapins prés de Besançon, n’est pas un musée, mais comme son nom l’indique c’est un parc d’attraction, d’ailleurs fort intéressant) associé à un laboratoire et un chantier de fouille. On peut y admirer plus de 35 espèces exposées, une collection exceptionnelle de dinosaures du monde entier. Certains d’entre eux vivaient dans la région il y a 70 millions d’années. C’est le cas d’Ampelosaurus (un herbivore de la famille des Titanosauridés, un géant de 12 m de long et d’un poids de 13 t) découvert à Campagne-sur-Aude (le plus grand gisement actuel de dinosaures d’Europe, là encore d’après sa plaquette de présentation), de Variraptor mechinorum (un petit carnivore du genre Velociraptor) et d’un Ptérosaure (reptile volant de 9 m d’envergure). C’est une visite que je conseille aux dinosaurophiles, ils ne seront pas déçus.
  12. La carbonnade de bœuf est un grand classique de la cuisine flamande du bœuf à la bière dont on trouve généralement la recette dans les bons ouvrages (elle figure également dans le manuel de recettes accompagnant les célèbres « super-cocottes- SEB »), il y a donc de nombreuses variantes.
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