Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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62.3 - Nuit européenne de la chauve-souris

Daniel PREVOT

Ainsi qu’il avait été annoncé dans Le P’tit Usania numéro 60, vendredi 22 août en soirée eut lieu à VEZELISE une manifestation de sensibilisation du grand-public à ces petits mammifères. Huit Usaniens ou associés y ont assisté : Noëlle ANTOINE et Pascal CUXAC, Marie-Jeanne et Patrick LIBERT, Bertrand et Magali MAUJEAN, Daniel et Éliane PREVOT.

François SCHWAAB, spécialiste des chiroptères, nous a fait un brillant exposé sur les chauves-souris de Lorraine réparties en 2 familles : les Rhinolophidae et les Vespertilionidae, regroupant 19 espèces. Il nous a parlé de leurs mœurs, leurs modes de reproduction (un seul petit chaque année, la durée d’ovulation et gestation variant de 55 à 75 jours. En lorraine l’accouplement a lieu en automne, les femelles conservent le sperme pendant l’hiver, la fécondation a lieu au printemps et la naissance au début de l’été), de leurs habitudes de vie, de leur alimentation (essentiellement insectivore, chaque individu absorbe lors de chaque chasse environ le tiers de son propre poids en insectes), leurs habitacles (naturels ou artificiels)...

Deux facteurs essentiels sont responsables de la forte diminution constatée de leur population :

  • la raréfaction des ressources alimentaires due : au bouleversement des pratiques agricoles (remplacement des cultures en petites parcelles bordées de haies favorables à la vie de multiples variétés d’insectes, par d’immenses champs stérilisés), emploi intensif de pesticides...
  • la disparition de nombreux gîtes liés aux habitations humaines : due au colmatage des fissures, des trous dans les murs des maisons de campagne...

La conférence fut suivie d’une sortie sur le terrain par une trentaine de participants, destinée à l’écoute des chauves-souris en chasse au dessus du Brénon, dans le village même. Les chauves-souris se guident et repèrent leurs proies grâce à des ultra-sons qu’elles produisent avec leur larynx et émettent par leurs narines ou leur bouche. Les obstacles rencontrés renvoient un écho réceptionné par leurs oreilles et analysé instantanément par leur cerveau. On parle de repérage par écholocation. Cet écho les renseigne sur la distance, la forme, la nature de l’obstacle, éventuellement son sens de déplacement et sa vitesse. Il s’agit là d’un système radar ultraperfectionné. Nous avons ainsi pu écouter des Pipistrelles, des Petits Rhinolophes, des Sérotines et des Vespertilions de Daubenton en chasse. Nous avons été également bercés par les complaintes amoureuses du Petit Rhinolophe languissant... Chaque espèce émet des ultra-sons selon une fréquence qui lui est propre et variable selon son activité (cris de chasse, appels pour l’accouplement, divers cris sociaux, ...), ce qui permet d’identifier l’animal et de connaître son activité. Dans un premier temps on utilise un détecteur enregistreur. L’enregistrement est ensuite passé à vitesse réduite (les fréquences sont divisées par 10 ou 20) pour le rendre audible (*).

P.-S.

(*) N.B. : une des caractéristiques d’une onde est sa fréquence c’est-à-dire le nombre de vibration par seconde qu’elle effectue. La fréquence des ondes audibles va de 15 Hz (sons graves) à 20 kHz (sons aigus), celle des ultra-sons va de 20 kHz à plusieurs centaines de kHz. Rappelez-vous : lorsque vous diminuez la vitesse de déroulement d’un enregistrement, le son devient grave, lorsque vous augmentez la vitesse de déroulement le son devient aigu. Les cris des chauves-souris sont hyper aigus (de 20 kHz à 110 kHz en Lorraine), ils entrent dans le domaine des ultra-sons et sont inaudibles. On les rend audibles en divisant la vitesse de passage de leur enregistrement (par exemple par 10). Cette anamorphose acoustique qui rend les sons plus graves que nature permet l’audition des vrais cris.

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