Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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82.2 - Corse et Canyon

Boris Sargos

Pour les vacances d’avril, nous avions mis au programme un camp itinérant d’une semaine en Corse. Dès février, le camp était bouclé, arrêté à huit personnes dont deux nancéiens : Anne-Claire et moi-même. Le départ était fixé au samedi 16 avril à Nice, et nous devions entamer notre excursion (plus d’une dizaine de canyons) dès le lendemain. Il se trouve que rien ne s’est passé comme prévu...

Le voyage aller

Arrivés au port de Nice, on apprend que la SNCM est en grève, et que le bateau qu’ont pris nos amis ne partira pas. Heureusement, prévoyant, j’avais réservé pour nous chez Corsica Ferries. Nous partons finalement avec six heures de retard (les pauvres grévistes de la SNCM, pour se faire entendre, n’ont pas eu d’autre choix que bloquer notre bateau à quai). Nous arrivons donc à Calvi vers minuit. Notre point de chute, Porto est à deux heures de route. Mais on apprend que l’unique route Calvi-Porto est barrée pour cause d’effondrement. Il nous faut donc passer par Ajaccio (rajouter quatre heures). On prend donc la direction du col de Vizzavona. Mais là encore, petit souci : on est obligé de s’arrêter à un kilomètre du col, bloqué par la neige et le verglas ! Nous voilà contraints de passer la nuit dans la voiture, gelés, perdus dans la montagne. Les vacances commencent bien.

Porto

Sur la route menant à Ajaccio, qui descend le col de Vizzavona, on passe devant les sites de canyons : tous sous la neige. Ça promet... Après quelques autres péripéties dont je vous fais grâce, on se retrouve finalement tous les huit à Porto. La météo, toujours en colère contre nous, nous interdit tout canyon pendant trois jours (dont deux consécutifs). On en profitera donc pour faire des balades extraordinaires : les calanques de Piana (dimanche), le Capu Rossu (lundi) et Girolata (mardi). On aura quand même profité de la seule journée sans pluie pour faire un superbe canyon, en plein dans les calanques de Piana : le Dardu.

Propriano

Porto est sans aucun doute le plus beau coin de Corse. Mais on y avait déjà fait tout ce que la météo nous avait permis de faire. Vu qu’en montagne, il neigeait encore à moins de 1 000 mètres, on est descendu vers le sud, toujours sur la côte, à Propriano. Là, nous avons fait connaissance avec le soleil et nous avons pu effectuer deux grandes descentes (le Baraci et le Vivaggio) et deux sorties plus petites : la cascade de Piscia di l’Onda et le début du Baraci (le niveau d’eau était trop haut pour deux des personnes qui nous accompagnaient, nous avons donc improvisé un échappatoire grâce au talent d’escaladeur d’Anne-Claire).

Bavella

Eh oui, déjà une semaine que nous étions en Corse. Nos amis devaient nous quitter, alors qu’Anne-Claire et moi restions encore quatre jours. Après s’être baladés dans les Pozzi (golfe de Valinco) sous les nuages, nous sommes partis tous les deux pour le col Bavella, où le soleil régnait en maître. Mardi, nous faisons notre canyon en couple : la Purcaraccia, sans doute le canyon le plus fréquenté de Corse, mais qu’il faut mériter car la marche d’approche n’est pas simple à trouver ! Le lendemain, on se balade du côté du lac de l’Ospédale, avec une petite visite touristique à la Piscia di Gallu (grandiose) que nous n’avons pas eu le cran de descendre (à deux, compte tenu du niveau d’eau, c’était prendre des risques). On enchaîne le lendemain avec le tour des Aiguilles de Bavella : la plus belle rando que j’ai faite ! Légèrement aérien sans être vertigineux, le sentier serpente entre les tours (ou aiguilles, monstres de granite hauts chacun d’une bonne centaine de mètres) dans un paysage alpin (nous ne sommes pourtant qu’à 1 700 m d’altitude maxi), qui domine la mer et le golfe de Porto-Vecchio. Le dernier jour de notre périple (vendredi), on a tenté de descende le Polischellu. Mais au bout de deux heures perdues à chercher le départ du canyon dans le maquis, nous avons renoncé et pris le chemin de Bastia, où le bateau nous attendait... sans retard !

Fin du voyage

Treize jours, ça passe très vite, surtout lorsque la météo s’en mêle. Mais même si l’on reste sur notre faim, (car mais malgré tout, on a fait très peu de canyon), nous avons passé d’excellentes vacances et comptons bien y retourner. Mais on ira en été cette fois, pour être sûr de pouvoir faire les canyons qu’on n’a pas pu faire, même si nous devrons affronter la cohue estivale. Car quand même, disons-le, nous n’avons jamais croisé personne dans les canyons, même la Purcaraccia ! Et ça c’est vraiment du luxe.

NDLR : 5 photos de cette sortie spéléo sont à voir dans la galerie des photos spéléo : http://photos.speleo.free.fr/category.php?cat=184&expand=1,92

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