Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne
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108.3 - Visite du fort de Villey le Sec

Daniel Prévot

 Dimanche 15 juillet après-midi, ainsi qu’il avait été programmé, nous avons effectué une visite commentée du fort de Villey-le-Sec, petit village du Toulois habité par 340 âmes au recensement de 1999, situé en rive droite de la Moselle et qui possède déjà cette particularité exceptionnelle de posséder les 2 rives de la Moselle sans pont ! Ce fut surtout une visite familiale puisqu’en dehors de la famille PREVOT presqu’au grand complet (Anthéa, Christophe, Daniel, Eliane, Honorin, Nicolas, Océane, Théo et Valérie), il n’y avait également que Michèle TISSIER (sœur de Valérie), Marie-Jeanne et Patrick LIBERT.

 

 Tout au long du parcours, Benoît CABUT notre guide (un passionné, bénévole de l’association La Citadelle qui œuvre au maintien de ce patrimoine du Toulois, propriété du département) nous fit part de ses connaissances étendues sur le sujet. Très prolixe en explications intéressantes, il sut répondre à toutes nos questions parfois mêmes inattendues.

 

 La cuisante défaite de 1870 fut suivie de l’annexion par l’Allemagne de la moitié de la Lorraine et de l’Alsace pour constituer la nouvelle province germanique l’Elsass-Lothringen (ou Alsace-Lorraine en français, attention au trait d’union, point essentiel de la graphie). Le nouveau découpage des frontières imposa l’établissement d’une nouvelle bande de protection longue de plus de 1 300 km, de Dunkerque à Nice. Sous la Présidence de Thiers, il fut décidé, dès 1873, d’organiser le plus grand système défensif terrestre qu’on n’ait jamais réalisé en France. Cette protection a consisté en la construction de plus de 300 forts et en l’amélioration de certaines places fortifiées dites Vauban (comme celle de Toul par exemple). Le Général Raymond-Adolphe SÉRÉ DE RIVIÈRES, Directeur du génie à partir de 1874, en fut un des principaux inspirateurs, d’où le nom usuel donné à l’ensemble des fortifications réalisées à cette époque.

 

 Le village de Villey-le-Sec, est bâti à 345 m d’altitude au sommet d’un massif de la forêt de Haye en rive droite de la Moselle, face au massif du Grand Couronné devenu allemand après 1870. Il présente une position stratégique incontournable. Devant le refus des habitants du village de le quitter en laissant la place pour la construction du fort et face à l’urgence il fut décidé de construire le système de  fortification autour dudit village. C’est ainsi que Villey-le-Sec devint l’unique village fortifié de France de la fin du XIXe siècle, et que sa vie fut rythmée pendant plus de quarante ans par celle du fort (il était ainsi impossible d’entrer ou sortir de l’enceinte sans passer par un poste de garde).

 

 L’ensemble est constitué d’un arc défensif courant du nord-ouest au sud-est du village, et d’un casernement souterrain dit le Réduit au sud-ouest du village, prévu pour quelques 1 300 hommes. L’arc comprend la Batterie Nord, le Redan (à l’est du village) et la Batterie sud. Le tout étant ceint par 3,5 km de fossés infranchissables. Ce fort équipé de 79 pièces d’artillerie fut l’un des plus importants de France. Les travaux débutèrent le 26 juillet 1875 et furent achevés pour l’essentiel en 1879. 400 hommes, terrassiers, maçons... contribuèrent à sa construction. Jusqu’en 1912, il subit diverses améliorations afin de tenir compte des progrès des armements. Ainsi, initialement construit enterré en pierres de taille issues des carrières locales proches de la Moselle, il fut remanié à partir de 1904, en béton. On peut donc voir encore les trois modes de construction : maçonnerie, béton simple puis béton armé.

 

 La visite a commencé par celle du Redan et des Batteries. Nous avons pu admirer une tourelle prévue pour des mitrailleuses (tourelle de 23 tonnes montante ou descendante à volonté du sol par un ingénieux système dû à l’ingénieur Galopin), ainsi qu’un observatoire qui, vu de l’extérieur, rappelle le casque de Dark Vador. La Batterie nord est encore équipée d’une tourelle d’artillerie de 45 tonnes, montante ou descendante à volonté du sol, mue par un contrepoids de 7,5 tonnes. Nous eûmes droit à un tir du canon qui l’équipe encore.

 

 Puis ce fut un parcours en petit train (sur une voie de 60, comme à l’origine du fort) conduit par notre ami Cyrille MOUGENOT (usanien n° 323) pour nous amener au Réduit que nous visitâmes. C’est le casernement prévu pour accueillir jusqu’à 1 301 hommes dont 37 officiers, 56 sous-officiers et 1 208 soldats. Il comprend des dortoirs, une cuisine, une boulangerie... organisés autour d’une magnifique salle circulaire donnant accès à la tourelle MOUGIN. Cette tourelle également montante ou descendante à volonté, de 160 tonnes, fut installée en 1882 et est unique en France. Elle est encore équipée de 2 canons de 155. Les membres de l’association ont également rassemblé dans cette partie un intéressant petit musée.

 

 Le fort de Villey, comme bien d’autres ensembles, n’a pas eu d’autre usage que dissuasif, puisque les armées ennemies attaquèrent par Verdun. Aussi à la fin de la guerre en 1918, il était en parfait état.

 

 Pour plus de renseignements vous pouvez consulter : http://villey-le-sec.com/fort

 

 Actuellement, l’ensemble des extérieurs du fort est entretenu toute l’année par les membres de l’association La Citadelle bien sûr, mais aussi par les tondeuses et débrousailleuse écolos qui sont quelques bovins des Higlands et des chèvres.

 

De nombreuses photos sont à voir sur :

http://photos.speleo.free.fr/category.php?cat=420&expand=1,320,420

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