Union Spéléologique de l’Agglomération Nancéienne

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266.2 - Petite virée en Suisse

Théo Prévot

mardi 13 octobre 2020, par Bertrand

inter-ideograph'>L’objectif
de fin d’année étant d’aller au
<a
href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouffre_Jean-Bernard"><span
style='font-family:"Comic Sans MS";'>g<span
style=''>ouffre Jean-Bernard
<span
style='font-family:"Comic Sans MS";'>, il nous faudra un peu
d’entraînement avant de pouvoir prétendre à une telle course. Plusieurs sorties
sont déjà programmées afin de se préparer un peu physiquement et techniquement.
Ce premier week-end de septembre nous attaquons sur les chapeaux de roues avec
le <a
href="http://mdemierre.speleologie.ch/?p=3641"> '>gouffre de Longirod
<span
style='font-family:"Comic Sans MS";'> situé en Suisse.
L’objectif est ambitieux, atteindre le collecteur à la cote -468 m mais
l’équipe est bien motivée. Après avoir vu sur plusieurs comptes rendus
indiquant que le gouffre était équipé je décide de prendre contact avec le club
local :

margin-left:50.0pt;text-align:justify;text-justify:inter-ideograph;text-indent:
-18.0pt'>·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
Salut,
je prévois de venir faire le Longirod le we du 4-5 septembre, savez-vous si le
trou est toujours équipé et praticable ?

margin-left:50.0pt;text-align:justify;text-justify:inter-ideograph;text-indent:
-18.0pt'>·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
Salut
Théo, ma dernière descente au collecteur date de 2018 le gouffre est bel et
bien équipé mais avec du matériel plus ou moins craignos selon les
sensibilités.

margin-left:50.0pt;text-align:justify;text-justify:inter-ideograph;text-indent:
-18.0pt'>·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
Que
sous-entends-tu par « selon les sensibilités ? »

margin-left:50.0pt;text-align:justify;text-justify:inter-ideograph;text-indent:
-18.0pt'>·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
Ben
le matos doit dater des explos faites entre 1996 et 2000 (sauf erreur), de
mémoire il y a quelques cordes tonchées et pas mal de monopoints donc prenez
peut-être quelques maillons en rab et un petit bout de corde.

inter-ideograph'>Pas
de question à se poser de mon côté, je pars du principe que le gouffre n’est
pas équipé et qu’il va falloir refaire des amarrages si on veut taper le fond…
Une vraie explo qui risque de nous mettre à mal mais après tout c’est pour ça que
nous y allons !

inter-ideograph'>800 m
de cordes, une centaine de maillons rapides, des sangles, de la
<span
style=''><a
href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Polyéthylène_de_masse_molaire_très_élevée"><span
style='font-family:"Comic Sans MS";'>Dyneema<span
style='font-family:"Comic Sans MS";'>,… Tout semble ok nous
aurons donc quatre gros kits de matos et deux autres kits pour la bouffe, eau
et secours. Après un départ un peu mouvementé nous voici, Arnaud (USAN),
Nicolas (<a
href="https://www.speleo52.fr/"> '>A.S.H.M.
<span
style='font-family:"Comic Sans MS";'>) et moi-même sur le
parking indiqué dans le descriptif. Il n’est pas loin de 23 h et la faim
se fait sentir. Nous faisons chauffer des pâtes, allumons un feu et installons
les couchages. L’heure tourne, il est déjà 0 h 30 et il est temps de
se coucher si on veut être en forme le lendemain matin. Réveil sur les coups de
7 h, l’équipe est « chaud patate » et nous ne tardons pas à
décoller en direction du gouffre, le descriptif n’étant pas raccord avec le
G.P.S. nous tournons un peu avant de trouver l’entrée, la montée dans le bois
avec deux kits par personne nous aura mis en condition !

inter-ideograph'>Je pars
en tête suivi de Nicolas, Arnaud ferme la marche. Nous sommes de suite mis en
condition en bas du puits d’entrée avec une chatière à 90° qui donne accès à la
suite. Nous arrivons rapidement au méandre du Strip-Tease, jusque-là les
amarrages ne sont pas si mal en revanche la corde marquée 99 avec un nœud à
mi-hauteur me conforte dans l’idée d’avoir pris tout le matos ! Ce premier
méandre donne le ton pour la suite, la progression est plus lente, nous nous
passons les kits comme nous pouvons et arrivons au puits de l’Étourdi (P23)
puis à celui du Guano (P5). J’en profite alors pour faire parler un peu le
perfo, oui, oui, encore un truc en plus… comme si nous n’étions pas
suffisamment chargés. Nous attaquons le deuxième méandre et sommes rejoints par
deux spéléos suisses que j’avais contactés dans la soirée et qui viennent juste
faire un petit tour. S’en suivent deux beaux puits avec tous deux un pendule.
La galerie se rétrécit, nous notons une tête de puits peu évidente à la
remontée. Nous commençons à comprendre que le fond sera rude à atteindre !
Je m’engage dans le méandre du Grondement qui « reste inconfortable malgré
de nombreux aménagements », dixit le descriptif qui ne se trompe pas.
Nicolas fait un premier blocage et ressort pour laisser passer Arnaud. Nous
passons les quatre kits de l’autre côté ; merci à Ludo d’avoir pris le
cinquième. J’équipe la suite puis nous descendons et attendons nos compagnons.
Tristan nous rejoint après un certain temps et nous explique que Nicolas ne
sent vraiment pas le passage.

inter-ideograph'>Après
discussion nos amis suisses remontent avec lui. Nous leur donnons donc un kit
avec la bouffe de Nicolas, de quoi boire et se chauffer. Nous voici à ‑170 m
accompagnés de nos quatre kits et du perfo mais encore bien motivés pour aller
voir le collecteur, et Dieu sait qu’il nous faudra de la motivation car la
suite commence en beauté par le puits de l’Araignée : son accès est
fastidieux, il faut passer à l’horizontal dans une diaclase peu large en forme
d’entonnoir. À la base du puits commence le méandre le plus redouté, le méandre
du Broyage... Nous faisons une première pause pour reprendre des forces. Le
méandre porte bien son nom et demande pas mal d’énergie pour être franchi.
Heureusement que nous venons de manger un bout. Hourra ! La partie la plus
pénible du gouffre est derrière nous, quoique…. Me voici face à une belle série
de ressauts, je regarde la fiche d’équipement : apparemment pas besoin de
matos. Je demande à Arnaud s’il se sent de passer sans corde et ni une ni deux
nous voici engagés dedans (une corde ne ferait tout de même pas de mal). Plus
bas une main-courante nous permet de rejoindre le réseau des Vieux Fossiles
(shunt de l’actif) avec quelques puits et nous rejoignons l’actif (puits de la
Vertèbre, vertèbre que je n’avais pas vu à la descente mais qui est bien
conservée).

inter-ideograph'>Nous
commençons à nous demander si le P55 arrivera un jour car la batterie du perfo
commence à diminuer. Nous descendons un P17 puis traversons une zone active
assez jolie, on pourrait se croire dans un canyon, un second P17 et voici enfin
le tant attendu puits du Superfloc. Un superbe P55 très spacieux d’une bonne
dizaine de mètres de diamètre. Arnaud trouve le temps un peu long pendu dans
son harnais avec comme bruit de fond le grondement de la roche se faisant
percer. Une fois en bas il me fait signe qu’on ne devrait pas tarder à remonter
puis après discussion il ne reste que 50 m à descendre pour voir ce foutu
collecteur. Ça y est nous y voilà !

inter-ideograph'>Nous
décidons de faire une pause pour nous reposer, manger et recharger les
bouteilles d’eau, il est maintenant 23 h, cela fait 14 h que nous
sommes sous terre et une chose est sûre, on est encore loin d’être dehors. Nous
visitons rapidement une partie amont de la rivière : c’est vraiment beau
l’eau est translucide et les volumes sont bel et bien au rendez-vous. Les
premiers explorateurs devaient devenir fous ! Il est temps d’attaquer la
remontée, les puits se remontent assez bien mais le premier kit de matos est
rapidement plein puis le second, je commence à douter un peu de la sortie avec
les cinq kits. Arnaud installe un palan pour remonter les trois kits à la
sortie du réseau des Vieux Fossiles puis nous faisons une pause et un bilan de
notre état. Pour moi pas de doute nous ne sortirons pas comme ça, il reste
encore 235 m de puits sans parler des quatre méandres à passer. Je propose
à Arnaud de laisser l’ensemble du matériel ici et de ressortir avec le perfo et
notre kit bouffe-secours. Nicolas étant prévenu pour une sortie à 10 h du
matin il ne faudrait pas non plus déborder de trop et il reste encore des
passages vraiment chiadés avec les kits et notre fatigue. Nous rangeons les
kits proprement et reprenons notre course. Une fois le méandre du Broyage passé
nous nous demandons comment nous avons pu passer là-dedans avec quatre kits et
ne regrettons pas notre choix. Le reste de la montée et long, certains passages
ne sont pas des plus reposants et la sortie ne tient plus que sur le mental.
Nous voici en haut de la galerie d’entrée où nous entendons Nicolas qui est
content de nous revoir et nous tire son chapeau. Nous passons le dernier vrai
obstacle (la chatière d’entrée) et sortons après 25 h d’exploration.

inter-ideograph'>Nicolas
nous a préparé une soupe et rapporté quelques trucs à grignoter, ça fait du
bien ! Nous replions les affaires, déséquipons l’entrée du gouffre et
descendons à la voiture. Nicolas n’a pas fermé l’œil de la nuit en nous
attendant mais se sent quand même de reprendre le volant. Nous rentrons tranquillement
dans notre contrée, les paupières ont bien du mal à tenir debout (sauf pour le
conducteur).

inter-ideograph'>Une
belle sortie qui aura permis à tout le monde de se dépasser, je pense que nous
avons là une bonne préparation pour nos prochaines explorations dont une qui
reste à prévoir avant novembre pour retourner chercher notre matériel. Merci
aux amis suisses pour toutes les informations et leur aide, ainsi qu’à mes deux
compères qui ne sont pas prêts d’oublier cette sortie !